Première leçon des Do’s & Don’ts du Blenheim Gang. Aujourd’hui : quelles voitures ne sont envisageables qu’avec un turbo, et lesquelles doivent absolument l’éviter.
Comment savoir au premier coup d’œil si une voiture a des velléités sportives ? Dans les années 80, la réponse tenait en un mot : “Turbo”, généralement sous la forme d’un monogramme ou de gros stickers sur les flancs. L’astuce marchait tellement bien que les cinq lettres ont quitté le champ lexical de la technique pour celui du marketing, s’affichant sur les branches des lunettes et les paquets de lessive comme synonyme universel de “performance accrue”. 30 ans plus tard, les turbos sont sous tous les capots, et plus personne ne s’en vante. La suralimentation est même en passe de devenir un repoussoir auprès des petrolheads les plus intégristes. À nos yeux pourtant, il n’y a qu’une question qui mérite d’être posée : quels modèles doivent absolument en être pourvus ? Et lesquels auraient-ils mieux fait de s’en passer ?
Le turbocompresseur ressemble à un escargot, mais produit l’effet inverse du mollusque. Il agit comme un coup franc de Roberto Carlos sur votre voiture : puissant, mais au résultat imprévisible. Inventé il y a 110 ans puis appliqué aux avions de la Seconde Guerre mondiale, il est redescendu sur terre pour se loger sous le capot, seul ou en famille. Sa fonction se résume ainsi : augmenter la masse de mélange admis par le moteur, donc ses performances, le tout dans un joyeux sifflement. Comment ? Ce n’est pas de l’alchimie mais presque, puisqu’il utilise les gaz d’échappement pour entraîner sa turbine et ainsi aspirer plus de bon air bien frais. Avec un telle promesse, il ne faut pas chercher plus loin pour comprendre pourquoi le mot « Turbo » sonne comme une formule magique.
Don’t : Renault Supercinq Turbo
Si l’icône de la turbo des années 80 est la Renault 5 Turbo, ne vous excitez pas sur sa descendante. Même si son bloc Cléon s’avère plus sexy alimenté par un Garrett, c’est surtout une cocotte-minute inréglable. Et si, par miracle un jour ça venait à fonctionner, vous allez devoir rouler avec en assumant vos nouveaux amis, lecteurs de KM/H. Alors ?
Do : les Volvo
Sans turbo, vous êtes une soccer mom ou un brocanteur. Avec, vous devenez délinquant routier sous couverture. Certes, pour y croire, il faudrait se laisser convaincre par les campagnes de pub américaines des années 80, mais je vous rappelle que c’est un peu le postulat que nous avons formulé dès l’introduction.
Don’t : Porsche 911 turbo
Les 911 atmo sont recherchées. Les 911 Turbo sont très recherchées. Et pourtant, à moins d’avoir les gènes de Walter Röhrl ou l’inconscience d’un enfant de 5 ans muni d’une arme à feu, préférez les versions atmosphériques. Parce que si vous ne finissez pas dans le rail, ça sera autour du platane. Toutes générations confondues.
Do : les Maserati, évidemment
Les Biturbo ont été les autos les plus baroques, les plus décriées et, pendant un temps, les moins fiables des années 80. Bien qu’elles aient très nettement évolué ensuite, leur réputation était faite. Au final, derrière la pire voiture de l’année 1984 (d’après Time Magazine) se cachent quelques sportives qui firent peur à Ferrari (et à leurs propriétaires) ainsi que des berlines aussi sauvages que cossues. Et puis soyons honnêtes, vous n’êtes ni millionnaire, ni footballeur professionnel : vous n’achèterez donc ni celles d’avant, ni celles d’après l’ère Biturbo.
Don’t : Ferrari 208 Turbo
Confronté à une fiscalité italienne dissuasive concernant les moteurs de plus de 2 litres, Ferrari décida de contourner la législation en collant un turbo sur son V8 de 1 991 cm³. Le résultat ? Une voiture fragile et moins performante que la 308 atmo. Et rarissime. Une bonne solution pour se convaincre de payer des impôts.
Do : Subaru Impreza
Si vous avez envisagé l’achat d’une Subaru atmosphérique, autant prendre une Suzuki Baleno. Ou rouler en réplique de 308 sur base de Pontiac Fiero. Le look sans les watts en quelques sortes.
Don’t : BMW 2002 Turbo
Première européenne dotée d’un turbo, la 2002 Turbo semble idéale avec sa décoration séduisante. Oui, mais… Aujourd’hui bien trop chère, la 2002 turbo nécessite un entretien de cinglé. Pénible parce que toujours en panne (quand elle ne prend pas feu) et exigeante au volant. Tout le contraire d’une 2002 : simple, abordable et élégante. La grenouille qui voulait être plus grosse que le bœuf, en somme.
Do : les Saab 900
Vous avez déjà roulé en Saab 900 atmosphérique ? Nous, oui. Déjà qu’avec un turbo, il ne se passe pas grand-chose, alors sans ça n’est plus une automobile, mais une sorte de véranda.
Don’t : Lotus Esprit S3 Turbo
Vous voulez vraiment avoir une Esprit plus vilaine qu’une atmo ? Le turbo vous apportera plus d’emmerdes que de chevaux et ajoutera des écopes latérales grotesques et bas de caisses ridicules. Aïe.
Don’t know : les petites italiennes turbo.
Uno, Delta, Y10… Très rouges et noires, très suggestives, très rageuses et aussi discrètes que Sabrina dans une piscine, les petites italiennes turbo, c’est très con donc très fun. Elles ont cependant autant de puissance qu’il leur manque de motricité. À vous de voir.

Excellent principe avec beaucoup de second degré, à poursuivre!!!
Among the don’t, remember the infamous Chevrolet Corvair Monza Turbo…