Produite entre 1974 et 1980 et assemblée entre l’usine Scaglietti à Modène et l’usine Ferrari à Maranello, la Ferrari Dino 308 GT4 a beaucoup d’histoires à raconter. En voici une : il se dit qu’au moment où la voiture est née, Enzo Ferrari appréciait le travail du carrossier Bertone, et plus particulièrement celui de son styliste Marcello Gandini, pourtant intimement liés au concurrent Lamborghini pour qui il a dessiné a légendaire Miura, la Countach ou l’Urraco. C’est justement pour rivaliser contre cette dernière que Ferrari a approché Bertone avec un projet de GT 2+2. Gandini se contenta donc de réaliser une voiture qui recyclait allègrement le thème d’un de ses premiers projets, non retenu, pour l’Urraco. Un secret qui sera bien gardé jusqu’à ce que les premières 308 GT4 sortirent des lignes d’assemblage de Maranello. Puis, malheureusement pour Bertone, Ferrari découvrit le pot aux roses, et ne collabora plus jamais avec le carrossier.
J’ai rendez-vous avec cette 308 GT4 à 6h du matin, dans un garage près de la Piazzale Loreto, dans le centre-ville de Milan. Son conducteur est un ami, qui préfère rester anonyme. Sa voiture est de 1975, mais lui et moi sommes nés en 1982 : entre nous et la voiture il n’y a que 7 ans de différence, mais sa Dino en a désormais presque quadragénaire. Elle est toujours aussi belle, comme beaucoup de femmes qui atteignent l’apogée de leur charme à cet age. « J’ai un faible pour les voitures de sport italiennes des années 1960 et 70 » se confie mon ami, «avant moi elle a eu six propriétaires, la plupart entre 1985 et 1990. L’un d’entre eux l’a laissé immobile dans son garage durant des années, juste parce que son chien aimait à dormir dedans ».
Nous allumons justement le contact de la 308 GT4 dans son garage actuel. Le son émis par les échappements est entrecoupé par quelques explosions, les volutes émises par l’échappement s’éclairant alors brièvement d’un flamboiement de torches. Il se fait encore tôt, comme il l’était six ans et demi plus tôt : « lorsque je l’ai vue en vrai pour la première fois, ce fut un véritable coup de foudre. Les photos ne rendent pas justice à cette voiture, il faut la voir dans la rue pour comprendre son élégance. Ce que je préfère c’est que c’est une voiture méconnue pour beaucoup, à tous les égards elle est un véritable outsider. »
L’habitacle est une parfaite représentation de ce qu’allait être l’avenir, vu depuis le début des années soixante-dix : de nombreux basculeurs placés un peu n’importe où, tout autant de petites lupiottes, une merveilleuse radio Voxson… Est-ce qu’elle consomme ? « Chaque samedi, je laisse pour 50 € d’essence à la pompe, mais elle le mérite bien : elle est très agréable à conduire, vive et précise, légère et maniable. Je suis toujours surpris par les presque 300 ch de son moteur 3,0l. » À combien peut-on voyager au volant d’une Dino Ferrari de 1975 ? « Je crois que je n’ai jamais atteint la limite, mais j’ai déjà roulé à 220 km/h en ligne droite. Mais là où elle est le plus agréable c’est surtout en courbes ». Belle et moderne, pour moi elle est même simplement agréable à regarder.
Texte et photos : Gabriele Ferraresi

Les commentaires
LOVE!
Bel article, belles photos pour une bien belle 308 GT4.
Well done.
Bonsoir,
Outsider?
Cette voiture est mon fantasme absolu, sa forme 70’s à l’excès, son intérieur tellement sport, le V8 central arrière.
Bravo pour ce bref reportage, chic et sport.
Vivement la suite!!!
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