Tiens, une nouvelle Aston-Martin. Cela devient une habitude, la gamme actuelle étant devenue encore plus complexe que celle de Maserati à la fin des années 1980. Pas de quoi en fouetter un chat donc. Pas si vite : en héritant du V12 de la Vanquish, le roadster Vantage s’annonce comme l’Aston la plus sportive depuis la fin de production de la One-77. Ah oui ? C’est bien ce que l’on va voir…

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Qu’est ce que c’est ?

La dernière version de la Vantage, une voiture tout de même présentée en 2005 – ce qui en fait sans doute d’ailleurs sa dernière version tout court. Né V8 Vantage, cette auto a reçu en 2007 le V12 de la DB9 pour devenir V12 Vantage, donc. L’an passé cette dernière est passée dans une autre dimension avec l’arrivée sous son capot du V12 specs Vanquish, soit en version 573 ch. C’est maintenant au tour de la déclinaison roadster de la voiture d’en hériter. Prometteur.

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Quelle histoire raconte t-elle ?

Celle d’Aston Martin, tout simplement. Conspuée par les puristes à sa sortie car se présentant comme un produit trop mass-market, parfaitement calibré pour devenir un best-seller chez les traders londoniens, elle a pris au fil des ans de la bouteille et a acquis une maturité qui la rend aujourd’hui diablement attachante. La génération actuelle d’Aston – DB9, V8/V12 Vantage,  Vanquish et Rapide – entièrement basée sur la plate-forme aluminium maison VH s’inscrit, un peu malgré elle, dans la tradition du constructeur : modernisme, lancement en fanfare, puis stagnation pendant des années faute de capitaux, et bricolage dans l’attente de trouver un repreneur. L’histoire moderne d’Aston se divise en blocs immuables : les DB De David Brown, les V8 de Company Development puis de Victor Gauntlett, les Virage et DB7 de Ford, et enfin les VH de David Richards, en attendant les fruits de l’investissement d’AMG-Mercedes sur la prochaine génération de voitures. Chacune de ces « briques » engendrant d’interminables séries de « fins de race » qui font justement par la suite la joie de ces puristes un rien snob. Banco, la V12 Rapide S Roadster répond totalement à leurs critères.

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À quoi ressemble t-elle ?

À une Aston, puisqu’elles se ressemblent toutes, dirait la mauvaise langue. Certes, cette ressemblance a été longuement critiquée, mais il faut avouer que la V12 Vantage a une présence rare et que ses dimensions compactes rendent son dessin ultra-désirable. Sans doute la plus belle des petites GT actuelles, malgré ses 9 ans d’age. Bien sûr, le dessin d’origine d’une grande pureté a été altéré par moult addendas stylistiques lors du passage au V12 puis au V12 S, mais cela n’est-il pas, encore une fois, une habitude qui rend les Aston les plus sportives si charmantes ? Nous nous sommes un peu perdus dans le fil de ses évolutions, mais depuis les débuts de la Vantage on remarque que les boucliers avant et arrière ont été retravaillés, que la greffe du V12 s’est accompagnée de l’apparition de bas de caisse évoquant les marche-pieds d’une autre Vantage, celle des 80’s, de louvres de capot, et d’un aileron en queue de canard plus prononcé. Plus quelques grigris en carbone, un maquillage de la calandre et une plaque noire entre les feux arrières. Vous voulez mon avis ? Je trouve ça bath.

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Comment se sent-on a bord ?

Là encore nous voici en terrain connu : l’habitacle est encore plus ancien que la carrosserie, puisqu’il dérive très directement de celui de la DB9 de 2004. Pourtant, on s’y sent plutôt bien : la qualité du dessin de certains éléments, comme le bloc compteur très finement ouvragé, ou encore celle de matériaux, fait qu’il n’existe peu d’intérieurs de voitures plus accueillants. Oui, certains éléments comme les buses d’aérations ou le système de GPS sont très datés, mais les errements de finition que j’avais pu constater sur les premières Rapide semblent avoir été corrigés : non, on ne se sent pas dans une voiture âgée, et oui certains habitacles transalpins concurrents font clairement de la peine en comparaison. D’ailleurs l’absence de gizmos électroniques ultra-moderne, de machins tactiles, de joystick a gigoter dans tous les sens, participe à une philosophie de conduite qui nous est particulièrement chère. Dommage que tout cela soit amené à disparaître bientôt.

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Comment se conduit t-elle ?

Contrairement à ce que tous ses atours musclés laissent à penser, la V12 Vantage S est plus une très méchante grand tourisme qu’une authentique super-sportive. Entendons nous bien, ses performances sont stratosphériques (0 à 100 km/h en 4,1 s, vitesse de pointe de 323 km/h), et il est rigoureusement impossible de respecter la moindre limitation de vitesses à son volant, mais il lui manque ce supplément de hargne, de violence, et de folie dans les derniers incréments du compte-tour pour prétendre à  rivaliser avec les versions radicales de ses concurrentes. Oui, elle va vite, mais non, on ne se fait pas peur à son volant. Ce qui, ceci étant dit, nous va très bien, tout comme les quelques anachronismes que sa conception entraine, à l’image de sa transmission robotisée Graziano à simple embrayage, en retard d’une génération et de quelques millisecondes à chaque changement de rapport aux palettes, ce qui oblige à une conduite plus analogique, moins lisse, en bref, plus vivante. Et vivant, on se sent l’être lorsque le moteur 5,9 l se met en branle : sa sonorité est absolument terrifiante, du démarrage jusqu’au rupteur situé à 7000 tr/min. D’abord grave et profonde, elle se mue en un râle rauque en montant en régime – accompagné par les sifflements de la transmission, jusqu’à une véritable éruption éructative à en donner des frissons. Mélodieux ? Non, mais tomber quelques rapports pour re-accélérer en seconde dans l’un des nombreux tunnels autoroutiers qui jalonnent l’arrière pays niçois est une expérience acoustique absolument inoubliable – et terriblement addictive.

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Est-elle Blenheim ?

Faut-il seulement se poser la question ? La V12 Vantage Roadster S se place tout droit dans la grande lignée des Brit Beast. Déferlante de puissance, look délicieusement outrancier sans jamais pour autant tomber dans la franche vulgarité, caractère musclé mais affichant toute la retenue d’une sportive un poil dilettante, présentation et choix techniques légèrement désuets : c’est avant tout une vraie brute signée Aston, digne héritière de toutes celles qui avant elle ont porté le nom Vantage. La vrai question est donc de se demander combien de voitures actuelles sont plus Blenheim qu’elle.

LE VERDICT DU GANG

ASTON MARTIN V12 VANTAGE S ROADSTER, QUICK TEST

VISUAL ATTRACTION
8 / 10
MECHANICAL THRILLS
9 / 10
HANDLING
8 / 10
CLASSIC APPEAL
10 / 10
BLENHEIM GIRL PULLING ABILITY
10 / 10
BLENHEIM FACTOR
9 / 10
Note du Gang9 / 10
Note des lecteurs7.3 / 1011 votes · Note historique