Ln 1986, Lotus tombe dans le giron de la General Motors, jusqu’en 1993, date du rachat par Romano Artioli. Sept années qui ne seront pas très fastes pour le constructeur anglais, mais qui profiterons au plus grand producteur automobile mondial, et surtout à l’une de ces filiales les plus obscures : le japonais Isuzu.
La filiale Lotus Engineering s’est déjà fait connaître pour avoir travaillé sur de nombreuses voitures au début des années 1980, notamment en se spécialisant notamment dans l’optimisation des trains roulants. Les exemples les plus connus sont la Talbot Sunbeam Lotus et la DeLorean DMC-12, des voitures profondément repensés par Lotus, mais on doit également aux anglais le calibrage des suspensions de la Volvo 480 ou des premières Toyota MR et des Supra Mk.II.
La collaboration la plus spectaculaire entre Lotus et Isuzu est le concept 4200R de 1989. Si son style a été dirigé par Shirō Nakamura, son dessin a été en réalité signé par le designer Lotus Julian Thomson, qui a assisté Peter Stevens sur le restylage de l’Esprit, et qui signera plus tard la première génération d’Elise (il a depuis signé l’Evoque, et la plupart des très désirables Jaguar actuelles). La même année sortira la très controversée Elan M100, motorisée par un bloc Isuzu entraînant les roues avant, seule nouvelle Lotus de l’ère GM.
Plus intéressant, et plus concret, Lotus collaborera avec Isuzu sur quelques véhicules qui aborderont fièrement le badge « Handling by Lotus » sur leur carrosserie. À noter, pour l’anecdote, que pour la plupart d’entre eux, il existait également des versions « Irmscher Series », une collaboration similaire réalisé avec le tuner allemand, portant sur la pose d’amortisseurs spécifiques.
1988 Isuzu Piazza « Handling by Lotus »
Le première Isuzu a bénéficier des bons soins de Lotus fut la Piazza, une compacte trois portes au dessin très innovant pour l’époque signé Ital Design (lire ici). En 1988, une suspension Lotus est donc disponible sur la voiture, comprenant de nouvelles barres anti-roulis, des amortisseurs spécifiques plus rigides et des ressorts optimisés, ainsi que des freins majorés et une meilleure monte pneumatique. La réclame de l’époque proclama fièrement que les ingénieurs anglais ont testé 250 modèle d’amortisseurs et 300 de pneus pour trouver la bonne combinaison… Le seconde génération de Piazza/Impulse arrivera en 1990, et ses suspensions seront cette fois directement travaillées par Lotus, quelles que soient le versions – adieu, donc, le badge spécifique.
1988 Isuzu Gemini ZZ « Handling by Lotus »
Appelée I-Mark aux Etats-Unis (quand elle n’était pas une Chevrolet/Geo Spectrum ou une Pontiac Sunburst), la Gemini (disponible en coach 3 portes et berline 4 portes) a pour seul intérêt historique d’être la cause de la fâcherie entre Isuzu et Guigiaro, et la fin d’une collaboration ayant débuté en 1968. La cause ? Le design de cette seconde génération de Gemini, véritable word car GM, fut présenté aux américains par les japonais avant le gel du projet, et GM ne manqua pas l’occasion pour avoir son mot à dire et imposer quelques modifications, qui si elles étaient à leur goût n’étaient pas acceptables par l’ombrageux maître italien, qui en représailles refusa de reconnaître son enfant. Ce qui n’était pas, à vrai dire, une grande perte. La Gemini « Handling by Lotus » dispose de modifications des suspensions du même ordre que la Piazza.
1990 Isuzu Bighorn Lotus Edition
Lancé en 1981, l’Isuzu Rodeo Bighorn, ou Trooper par chez nous, fut le fer de lance de l’invasion globale des 4×4 « mid-size » japonais, qui entraineront en réplique la naissance du Land Rover Discovery. Sans doute pour contrer ce nouveau concurrent, Isuzu lança à sa suite une version très british de son best-seller alors en fin de carrière (il sera remplacé en 1991), le Lotus Edition. Il a fier allure avec ses jantes nid-d’abeille, son choix de deux teintes de vert anglais rehaussé d’un double liseré doré, ses sièges en tweed brodés « LOTUS », son volant Momo… et ses très sportif 2,6 l essence de 120 ch et 2,7 l turbo-diesel de 115 ch ! Sur ce coup là, nous ne sommes pas très sûr de l’intérêt de ses suspensions Lotus, mais quelle allure !
Inconnus chez nous, mais disponibles aux USA ou en Grande-Bretagne, ces rares Isuzu revisitées par Lotus méritent que l’on pose au moins un regard bienveillant sur elles. À l’image des Honda-Rover, elles sont les fruits de cette curieuses relation Anglo-Japonaise qui semblait alors faire fantasmer les deux nations, même si ces mariages seront sans suite. La collaboration entre Lotus et GM continuera avec deux voitures bien plus connues : la Lotus Omega, et la Chevrolet Corvette ZR1, et, au grès des changements de propriétaires, Lotus Engineering continua de proposer des voitures « Handling by Lotus », mais chez Proton, cette fois-ci.
