Sur ma ligne sont produites une dizaine de pièces différentes ; toutes sont des longerons ou des renforts de carrosserie de citadines (surtout de Clio II et de Twingo I), autrement dit des pièces qui ne sont pas apparentes, et donc pour lesquelles le contrôle visuel de qualité est quasi nul. Ce sont de petites pièces : les plus grandes ne mesurent pas plus d’un mètre cinquante par vingt centimètres, elles sont donc légères. Ainsi, elles sortent de la machine par lots, afin d’accélérer leur conditionnement. Chacune de ces pièces se rangent dans le TM d’une façon spécifique, afin d’économiser de la place, et de remplir ces derniers au mieux. Pour les pièces les plus petites, on peut en stocker plusieurs centaines par TM.

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Petit à petit, Hervé m’apprend comment faire, ainsi que quelques commandes basiques de la machine à actionner en cas de problème. Il m’explique aussi ses autres tâches : assurer la maintenance de la ligne, et recharger régulièrement celle-ci en « flancs » (comme nous appelons les plaques de métal prédécoupées destinées à l’emboutissage). Ainsi, alors que nous nous relayons autour du tapis roulant pour conditionner les pièces (une à deux personnes selon leur nature), il lui arrive de se trouver à l’autre extrémité de la ligne de presses à la recharger, et non pas à se reposer comme l’insinuait Sacha. Celui-ce se montre de plus en plus agressif envers Hervé, l’insulte, mime un pistolet avec ses doigts dans son dos, tout cela avec son regard légèrement déséquilibré. Effrayant. Plus tard, Gilles m’apprendra que Sacha est « zinzin ». Il dort pendant toutes ses pauses, il lui arrive de casser des pièces… Bref, il se fout pas mal de son travail.

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Les à-côtés des presses : au premier plan, une zone de stockage des immenses poinçons actionnés par les presses  – pour chaque pièce fabriquée il en faut 5 paires. Au fond à droite, le pont élévateur qui permet de les acheminer vers les différentes lignes de presses.

Mes idées sur Hervé et Sacha changent. Si Hervé n’en demeure pas moins un sale con, il n’en fait pas moins son boulot correctement. Sacha me paraît de plus en plus dérangé. Il parle de moins en moins, s’acharne sur ses pièces, et semble haineux envers tout le monde… La semaine suivante, je ne le reverrai plus, il était intérimaire et remplaçait Jo qui était sans doute en vacances. Je ne reverrai pas Hervé non plus, et c’est d’ailleurs moi qui vais le remplacer. Je comprend mieux pourquoi il tenait à particulièrement bien me former. Avec ces deux départs, l’équipe devient tout de suite plus sympathique. C’est parti pour un mois de travail !

À suivre…

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