Des compactes au look de baroudeuses, il s’en vend aujourd’hui des wagons. Mais avant que cette niche ne devienne un gimmick marketing, il y avait la Golf Country.
Lors du salon de Genève 1989, Volkswagen présenta un concept-car appelé Golf Montana. Peut-être inspirée par l’AMC Eagle, cette voiture de salon se présentait comme une Golf de seconde génération surélevée, et était essentiellement conçue pour démontrer le potentiel du système à quatre roues motrices maison, appelé Syncro.
Ci-dessus : le concept-car Golf Montana du salon de Genève 1989.
D’après son constructeur, la Golf Montana fut présentée comme une simple étude de style, sans qu’une production en série n’ait été envisagée ; mais les retours extrêmement positifs du public générés à Genève (puis, plus tard dans l’année, au salon de Francfort) vont convaincre les dirigeants de Volkswagen de la commercialiser.
Ci-dessus : le prototype de la Golf Country (1989) et toutes les pièces spécifiques du véhicule.
Produire cette Golf sous stéroïdes en interne se montrant trop coûteux, son assemblage fut confié à Steyr-Puch. Ce sont donc des Golf CL Syncro 5 portes complètes qui quittaient l’usine Volkswagen de Wolfsburg pour être envoyées aux ateliers de Puch à Graz, en Autriche, où leur carrosserie se retrouvait montée sur un châssis échelle, sur lequel furent montées des suspensions à plus fort débattement. Pour le look tout-terrain, un gros pare-buffle équipé d’une paire de feux anti-brouillard était monté à l’avant, ainsi que des bavettes de roue, des protèges-soubassement à l’avant et à l’arrière, alors que la roue de secours trouvait sa place sur le hayon. La voiture recevait de série des jantes en alliage à cinq battons montées en pneus toutes saisons.
Ci-dessus : la Country sur les lignes d’assemblage Steyr-Puch en Autriche. Le châssis échelle est bien visible sous la voiture.
L’habitacle était celui d’une Golf CL standard, ce qui signifie que la Country était équipée d’une planche de bord typiquement allemande avec des compteurs lisibles et un volant à 4 branches. Seul un discret badge « Syncro » sur le couvercle de la boîte à gants laissait deviner les spécificités de l’auto. Comme toutes les Syncro, la Country devait s’accommoder d’un plancher de coffre plus haut pour libérer de l’espace pour la transmission aux roues arrière.
La Country de base était motorisée par un quatre cylindres 1,8 l développant 96 ch et 142 Nm de couple transmis aux quatre roues via une boîte manuelle à 5 rapports et une transmission intégrale Syncro standard. Les capacités de franchissement de la voiture étaient limitées par le fait que le système Syncro n’intégrait pas de blocage de différentiel arrière, mais les essais d’époque indiquent toutefois que la Country s’en sortait avec les honneurs dans l’exercice du tout-terrain.
Ci-dessus : brochure de la Golf Country Allround.
À son lancement en 1990, la Golf Country était proposée au tarif de 33 225 DM, ce qui la rendait sensiblement plus dispendieuse qu’une Golf CL de série. Les ventes s’en ressentirent et Volkswagen réagit rapidement en introduisant une version dépouillée de la voiture, appelée Country Allround. Proposée à 31 825 DM, l’Allround était en bien des points identique aux Country standard, à l’exception de roues en tôle, de sièges recouverts de vinyle et d’une teinte unique verte foncée, appelée Waldgrün.
Ci-dessus : Volkswagen Golf Country Chrome Edition, le bling avant l’heure.
Une série limitée Chrome Edition fut également proposée en 1991. Produite à 558 exemplaires elle se distinguait par ses pares-buffle, marches-pieds, coque de roues de secours et jantes chromées, son toit-ouvrant et son intérieur en cuir beige associé à une carrosserie noire. Un autre modèle est encore plus recherché : la Country GTI, équipée comme son nom l’indique du bloc 1,6 l de la GTI (107 ch, 155 Nm). Les 50 exemplaires de cette version furent exclusivement vendus aux employés de l’usine Volkswagen de Wolfsburg, et le nombre de voitures aujourd’hui survivantes est un mystère total.
Un total de 7 735 Golf Country furent assemblées lorsque la production de la voiture s’arrêta en décembre 1991. Volkswagen avait initialement prévu d’en écouler 5 000 exemplaires par an, et elle fut donc considérée comme un échec, mais à bien des égards la Country préfigurait la mode des SUV dérivés de compactes, des voitures qui se vendent aujourd’hui comme des petits pains des deux côtés de l’Atlantique.
Adapté d’un article initialement publié en anglais par notre partenaire, Ran When Parked.
