Deux ans que nous l’attendions, il nous a enfin été donné l’occasion d’essayer la révolutionnaire Renault Twizy, ce curieux hybride entre auto et moto à motorisation électrique, qui entend bien révolutionner la mobilité urbaine. Nous nous sommes envolés pour Ibiza afin de voir ce qu’elle a dans le ventre.
Des engins urbains à une ou deux places, mus par une motorisation électrique, on en avait vu des centaines dans les travées des salons automobiles depuis plusieurs décennies. Souvent fruits du délire des constructeurs japonais, ces micro-urbaines futuristes nous laissaient imaginer la ville d’un futur que l’on nous promettait toujours proche – mais jamais concrétisé. Il fallait bien que quelqu’un soit le premier à sauter le pas, et – oh surprise – Renault s’est décidé le premier. Tant pis si les infrastructures ne sont pas tout à fait prêtes, que l’autonomie pourrait être meilleure et que les embuches seront encore nombreuses, cette pionnière s’apprête à écrire une nouvelle page de l’automobile, et entend bien révolutionner nos habitudes. Soyons clair, pour nous il ne fait aucun doute que la Twizy est à placer dans l’histoire de l’innovation automobile quelque part entre la Renault Espace et la Citroën DS. Ni plus, ni moins.
Pour être précis, il ne s’agit pas d’une automobile mais d’un quadricycle, ce qui a ces avantages et ses inconvénients (comme l’interdiction, en France, d’emprunter l’autoroute). Elle existe en deux version : Twizy, pour tous, bridée à 89km/h et Twizy 45, sans permis et à partir de 16 ans – mais sans dépasser les 45 km/h. Nous avons essayé les deux, et nous n’avons pas noté la moindre différence notable dans leur conduite malgré une puissance sensiblement différente (17ch pour la première, 5 pour l’autre). 17ch ? Oui, seulement – et c’est largement suffisant pour bien s’amuser, comme nous allons le voir plus tard
La Twizy affiche 60 km d’autonomie, ce qui, nous promet-on, est bien plus que la distance moyenne quotidienne parcourue par un scooter. Ce qui permet aussi quelques escapades sur route, d’autant plus qu’elle se recharge relativement rapidement (3h pour le « plein », mais une seule heure suffira pour une vingtaine de km en plus), et ce sur n’importe quelle prise 220V normale. Il suffit donc de sortir le cordon de son museau à chaque étape shopping ou apéro et de se connecter dans un parking souterrain ou à une borne Autolib (pour les parisiens) et poursuivre son périple plus tard sans subir les affres du Range Anxiety. Aussi facile qu’avec un téléphone portable, dont la charge est devenue un geste quotidien auquel on ne pense plus. Voici pour les aspects pratiques. Reste donc à vous dire ce que l’on en a vraiment pensé.
VISUAL ATTRACTION 6 TWIGGS
Avec sa simplification à l’extrême, ses géniales portes en élytre (optionnelles), ses 4 roues non carénées, ses 2 phares ronds, sa position de conduite centrale, ses 2 places en tandem et son look de vaisseau spatial – issu tout droit d’un concept-car, la Twizy coche énormément de cases sur notre liste de détails indispensables. Ce « truc » ne ressemble à rien de connu, n’est ni franchement beau, ni réellement laid, mais assurément sympathique.
MECHANICAL THRILLS 5 TWIGGS
Le moteur siffle comme un métro en phase d’accélération, ne vibre pas et ne sent rien – on commence à s’habituer à toutes ces bizarreries du tout-électrique. Avec seulement 17 ch effectifs, on ne note pas la spectaculaire poussée au démarrage de certaines autre ZEV plus puissants, mais on est toujours étonné de la facilité avec laquelle cette auto-tamponneuse atteint la bride des 89 km/h. Enfin, sur le plat – en montée les performances sont du domaine du catastrophique. En ville, par contre, on peut facilement se jouer du trafic, tel un deux-roues, au grand-prix du feu rouge.
HANDLING 10 TWIGGS
Développé par Renault Sport, le châssis de la Twizy est un monstre d’efficacité. L’auto est rivée au sol, et on se surprend à prendre les épingles et ronds-points à des vitesses insoupçonnables. Bien assis au centre de cette auto à peine plus large qu’un scooter, on s’amuse donc à défier en permanence les « grosses » citadines empêtrées dans le trafic ou à se faufiler dans des ruelles impossibles à emprunter, même en Smart. Plus fort, la Twizy est terriblement amusante à conduire sur départementales sinueuses, où son freinage non assisté et sa transmission aux roues arrières distille des sensations qui rappellent la conduite d’autos du passé : il faut réellement taper dans les freins pour se placer en virage et pivoter dans un mouchoir de poche. Les 30 km parcourus pied au plancher sur le réseau très secondaire d’Ibiza, avec trois Twizy se faisant la course, restera longtemps dans nos mémoires de conducteur – imaginez l’équivalent réel d’une partie du jeu Mario Kart.
CLASSIC APPEAL 9 TWIGGS
Les pots de yaourt, surtout s’ils sont enfantés par des grands constructeurs, sont des valeurs sures en collection. Leur capital sympathie inaltérable a tendance à augmenter encore plus avec l’age. D’autant plus que la Twizy fera sans doute partie des autos considérées comme emblématiques de notre époque, et indissociables de l’histoire de la mobilité.
BLENHEIM GIRL PULLING ABILITY 8 TWIGGS
Capital séduction énorme – vous ne passerez de toute façon pas inaperçu – jusqu’au moment fatidique où il fera faire monter une Blenheim Girl à bord. La galanterie vous obligera alors à laisser la place conducteur pour vous réfugier après quelques contorsions sur le siège arrière. Étonnamment vous n’y ferez pas de crise de claustrophobie, mais vous demanderez tout de même à la demoiselle de ralentir sus les dos d’âne – le confort ayant ses limites. Et si elle n’a pas son permis, la version 45 fera des miracles. Nous avons vu des personnes n’ayant jamais conduit ne serait-ce qu’une mobylette comprendre le mode d’emploi en quelques secondes.
BLENHEIM FACTOR 8 TWIGGS
Révolutionnaire et très bien pensée, la Twizy est notre coup de cœur de ce début d’année, notamment grâce à un ratio puissance / plaisir de conduire imbattable. Nous rêvons maintenant d’une versions plus puissante, ou pourquoi pas d’une coupe monotype pour s’amuser vraiment en se faisant un peu peur. Et pourquoi pas imaginer un swap immoral avec un bloc thermique

Les commentaires
Comme souvent le bonheur est dans le chassis.
Sympathique article pour un engin somme toute désirable.
Dommage que le rédacteur n’ait pas jugé utile de se relire…
Si vous voulez la retester sur Paris, la Twizy sera en exclusivité présentée et à essayer chez Fleux’, 39 rue Sainte Croix de la Bretonnerie, Paris 4.
On vous attend nombreux du 13 au 16 avril 2012!
Swapée avec un bon moteur de Ducati, ça doit envoyer du très très très très lourd.
Au niveau de l’habitabilité, pour les grand(e)s, c’est comment ?
Bonne continuation
En gros Renault vient de revisiter un Messerschmitt KR200…. cool non ??
D’ici quelques temps un constructeur va nous sortir une calèche avec des chevaux et va nous annoncer que c’est une prouesse technique/écologique, mais là aussi que le réseau n’est pas encore prêt ….
Désolé pour cette critique certes un peu gratuite mais triste de voir que le monde automobile n’évolue plus et puise ses concepts dans des idées déjà abordées il y a fort longtemps ….
Sinon bel article comme à l’accoutumé.
C’est un peu simpliste, non ?
Cher « oO » je vous trouve un poil bougon. L’innovation ex-nihilo, qui n’emprunte rien à une bonne idée du passé, c’est tout de même assez rare? Et souvent truffé de défauts.
Comme moyen de locomotion, la Twizy est une proposition qui distingue du lot (actuel j’entends). C’est déjà pas si souvent qu’on arrive à me donner envie d’essayer une voiture neuve…
Elle n’éveille même pas un soupçon de curiosité chez vous?
Si c’est pas cher, si ça pollue pas, si ç’est fun, vivement la twizy cup!
Bonjour Alasdair
Oui un poil bougon vous avez raison
Mais en toute courtoisie !!
Effectivement je ne veux pas en rester là et j’irai l’essayer dés que possible afin de juger par moi même ce nouveau véhicule.
Amicalement votre.
[…] a Renault Twizy-ről forgatta. Ha adsz a látványra, esetleg értesz franciául, ne hagyd ki a Blenheim Gang tesztjét sem!« visszacímkék: chris harris, elektromos autó, renault, TwizyKapcsolódó […]
« Cher “oO” je vous trouve un poil bougon. L’innovation ex-nihilo, qui n’emprunte rien à une bonne idée du passé, c’est tout de même assez rare? Et souvent truffé de défauts. »
D’autant plus qu’on a toujours pas reçu nos automobiles volantes promises pour l’an 2000.
Donc si nos constructeurs essayent déjà de proposer un peu des innovations du passé, ça me va.
Hello,
“en montée les performances sont du domaine du catastrophique.”…
En plus clair, cela veut dire quoi ?
On redescent à 35 km/h sur une pente à 5% ou pire encore ?
catastrophique veut tout dire et rien dire du tout.
On classe bien certains accidents nucléaires “niveau 1 et mineur” alors qu’ils mériteraient eux le terme de catastrophiques
)
Je dis ça car j’habite en campagne, en moyenne montagne (alt.350m), et il y a donc des montées et descentes, alors si je dois mettre 35 minutes pour faire 6kms, cela ne m”arrangera peut-être pas trop..
Antoine
J’avais de gros à priori sur cette … « chose », mais votre essai me laisse songeur. J’avoue avoir envie de tester la bête.
Pour les plus bricoleurs, je fourni moteur-boite-pont (bmw 740i e38) à qui osera adapter tout ça sur un (une ?) Twizy !
[…] Twizy est une vieille amie. Mais trouver une prise, pour gagner quelques kilomètres d’autonomie, […]
[…] coup ça change la donne, mais l’interet du concept y est aussi parfaitement mise en avant. (http://www.blenheimgang.com/renault-twizy-quick-test/). Dans tous les cas, chapeau à Renault « d’oser » Twizzy, même si je […]
L’idée d’une Twizy Cup est pertinente : enfin du politiquement correct rigolo ! Mais dans ce cas, il faudra virer ces savonettes noires et rondes qui font office de pneumatiques sur le train avant (pudiquement, et par courtoisie le tairai le nom du fournisseur de ces gommes même pas bonnes à mâcher) ! Un Twizy sous-vireur : sacrilège !!!!!
Mais bigre que la lecture des chroniques du Blenheim Gang sont réjouissantes : il y a la légèreté de ton du Point de vue de Madame (Marianne Antoine et Florence Rémy pour celles et ceux qui n’ont pas connu), et la précision du Moniteur Automobile à la sauce J-J Cornaert. Vous frayez avec du beau monde ! Cela faisait des lustres que je n’avais plus pris autant de plaisir à lire une chronique automobile. Soyez-en remerciés !!!
Merci pour vos compliments Frenchflip !
Commentaires historiques restaurés. Les discussions sont conservées en lecture seule.