Voici une auto française que vous avez préféré oublier. Sa ligne est franchement quelconque, son origine roumaine douteuse. Pas de doute, c’est la Visa du pauvre, c’est dire la catastrophe. Le Blenheim Gang prends la défense de l’Axel et plaide non coupable. Car évidement, vous n’avez rien compris.

CItroen-Axel-8

Pour comprendre l’Axel, il faut retourner à la fin des années soixante. A cette époque la gamme Citroën s’ébauchait à peine avec l’Ami qui comblait difficilement le grand écart entre l’ultra populaire 2CV et la terriblement bourgeoise DS. Michelin cèda 49% des parts de la marque à Fiat via les accords PARDEVI, et une ébauche de voiture commune utilisant des organes de 127 fut lancé, c’est le projet Y (ci-dessous, à gauche).
Le succès mitigé de l’Ami 8 décida Citroën à lancer une auto plus petite. Basée sur la Y, le projet fut dénommé TA, il s’agissait d’une compacte à 4 portes et moteur de GS. Puis vint la crise et Fiat laissa tomber la marque française qui fut rachetée par Peugeot. Rationalisation, normalisation, économies d’échelle, la compacte Citroën va encore évoluer en adoptant un châssis de Peugeot 104 doté de bras McPherson. C’est le projet VD (ci-dessous, à droite) qui donnera naissance à la Visa en 1978.

CItroen-Axel-prototype

Seulement voilà, l’histoire n’est pas si simple, et un imprévu va donner entre temps naissance à une autre modèle. Après la crise il devint vital pour Citroën de diversifier sa production, et un pays était très demandeur de voitures neuves : la Roumanie.
À cette époque Ceausescu, qui s’est opposé au printemps de Prague, avait les bonnes grâces de l’occident qui voyait en lui un levier pour déstabiliser l’influence de Moscou dans la région. Ainsi Renault lui offrit sa R12 qui devint Dacia, Volkswagen proposa sa future Golf avant de se rétracter, et Citroën – dont le nouveau président placé par Peugeot, George Taylor, est né en Roumanie – la seule compacte disponible alors…le projet TA.

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