Les Mercedes-Benz W124 commencent à se raréfier. S’il faut en choisir une aujourd’hui, le Blenheim Gang n’hésite pas une seconde : c’est vers le break S124 qu’il faut se tourner !

Élégante, évidemment

Nom de code : S124. Dénomination commerciale : T, comme « touring ». Elle a fait partie de notre quotidien visuel depuis 30 ans. Peut-être un peu moins ces dernières années ce qui nous permet de regarder avec un œil neuf ce break d’une élégance folle. Les proportions sont tellement justes que l’on pourrait penser que la berline est une déclinaison du break. Elle prend la succession de la W123 (pardon, de la S123) en laissant derrière elle les signes extérieurs de vieillesse pour entrer dans la modernité : adieu l’anachronique métal chromé, place à l’incontournable plastoque brut de décoffrage, signature de l’époque.

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On peut considérer, en 2015, qu’elle est enfin à point pour être savourée. Les clignotants oranges, qui escortent des optiques démesurées, trahissent l’âge de sa conception et apportent juste ce qu’il faut d’ancienneté. C’est pourquoi nous avons une nette préférence pour les premiers modèles (avec les petites baguettes latérales, pare-chocs et rétro en plastique brut) ou la seconde génération : les bas de caisses couvrent toute la partie basse des 4,76 mètres de l’engin dans une déclinaison de la teinte de carrosserie. La dernière génération (appelée Classe E) est trop hésitante : son nouveau dessin de capot et ses clignotants blancs tentent de camoufler son âge durant les deux dernières années de production du break. Et vous êtes d’accord parce que vous trouvez aussi que la bouche d’Emmanuelle Béart était mieux avant.

Des angles vifs qui s’étirent sans tergiverser de l’avant vers l’arrière, la S124 apparait robuste et légère à la fois. Et malgré son gabarit, le dessin rend l’arrière compact, peut-être grâce à cette nervure de caisse qui encercle toute la voiture. La S124 sera remplacée à son tour par la terrifiante S210 qui érigera le mou, la lourdeur et le bancal en standard du mauvais goût. Pour nous, le 124 Touring, c’est la dernière classique cool de cette lignée.

Pratique, bien sûr

Une berline c’est bien. Mais une fois que vous avez casé vos 4 meilleurs copains, vous faites quoi des valises, des bières et de la boîte à outils (qui ne vous servira à rien) ? Mercedes décrit son modèle T comme « une berline utilitaire modulable grand confort – grand espace ». Le break, c’est 25 cm de plus que la berline, avec un hayon. Vous pouvez rabattre les sièges arrières 2/3 – 1/3 et moduler l’espace intérieur à votre guise. Ainsi, en rabattant le siège passager avant, vous dégagez un espace vide qui s’étend du tableau de bord jusqu’au bout du coffre… Ce qui vous permet de dormir dedans ou d’échanger un ami contre une planche de surf. Et si vous tenez à cet ami, il y a toujours deux barres de toit noir mat qui ajouterons de la surface de chargement supplémentaire. Par contre, vous serez sollicités pour touts les déménagements – prévoyez une attestation d’incapacité à porter des charges lourdes de votre généraliste.

Fiable, naturellement

Une Mercedes c’est fiable. Ce n’est pas faux, mais c’était surtout vrai à cette époque. La S124 bénéficie de la réputation justifiée de voiture indestructible issue de la précédente génération. Les kilométrages galactiques des diesels en attestent. C’est pareil en essence. Ajoutez à cela une chaîne de distribution et une production d’environ 2 700 000 véhicules au total (340 000 pour le break) : les pièces ne manquent pas. Mais de toutes façons, vous n’aurez que rarement besoin d’en chercher une. Ce qui est un peu moins vrai par la suite. La motorisation va de 2,0 l à 3,0 l pour les diesels (4, 5 ou 6 cylindres) et jusqu’à 3,2 l pour les essences (4 ou 6 cylindres) soit 9 motorisations. Vous avez le choix. Il ne vous reste plus qu’à vous décider pour l’une des 24 couleurs possibles.

Indispensable, sans aucun doute

La S124 est l’une des rares voitures à pouvoir se garer avec le même naturel devant un Hôtel de la place Vendôme ou dans une déchetterie mosellane. Dans ce cercle très fermé, notons l’existence du Range Classic, de la Volvo 240 break Diamant, ou de la Saab 900. Mais la Mercedes a l’avantage du confort royal avec plus de 250 options possibles allant du traditionnel cuir ou du régulateur de vitesse (dit « Tempomat », indispensable) en passant par une boîte automatique ou des options spécifiques au break, telles :

  • Une troisième rangée de sièges escamotable dans le coffre. Ce qui autorise deux places supplémentaires (plutôt pour des enfants), dos à la route (transformant ainsi la voiture en 7 places, à condition que la carte grise l’indique).
  • Un double store composé d’une bâche pour recouvrir les bagages et d’un filet de protection séparant l’habitacle du coffre.
  • L’assistance électrique qui verrouille le coffre à la fermeture.

Quant à la lunette arrière, elle est chauffante avec essuie-glace de série. Les arguments de secours en cas d’hésitation de votre moitié : l’ABS et l’airbag existaient déjà. Quoi encore ? Avec 340 000 breaks produits, vous vous démarquerez du propriétaire de l’une des 2 millions de berlines W124.

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Le cool, en prime

Le confort et le silence ne sont plus à décrire. En boite automatique avec accoudoir central et régulateur, la notion de distance devient abstraite. Ajoutez un tarif raisonnable, la S124 est définitivement cool, peut importe son état : concours ou usée jusqu’à la corde (parce qu’entre les deux, c’est difficile à trouver).