Prendre le volant d’une Maserati Ghibli 4,7 l est une occasion rare, que nous ne raterions pour rien au monde. Mais une Grand Tourisme des années 1960, est-ce si simple à dompter ?
Je savais que ça allait mal finir, je ne savais juste pas quand l’impensable arriverait. Tout allait de travers aujourd’hui, mais on ne refuse pas de prendre le volant d’une Ghibli, surtout quand on a fait un aller-retour à Bologne uniquement pour l’occasion. Savoir comment j’ai passé sans encombre les premiers quelque 50 kilomètres n’a plus aucune importance à ce moment précis. Ce qui est évident, c’est que je suis arrivé un peu trop vite dans cette épingle en descente, bordée de murets en pierre, et que l’asphalte détrempé et gras n’offre pas l’adhérence que j’attendais. Le lent mais inéluctable mouvement de roulis de la caisse ne trompe pas sur la suite des événements. Cette fois, ça y est : l’arrière a décroché.
Il y a des rendez-vous que l’on ne peut pas rater. Nous sommes à Bologne, sur la Piazza Santo Stefano, juste à côté du 1 Via de Pepoli. C’est l’adresse exacte où, 100 ans plus tôt, jour pour jour, Alfieri, Ettore et Ernesto Maserati ouvrirent le premier atelier de la Società Anonima Officine Alfieri Maserati. La veille, tout le gratin de la ville, les huiles de Maserati, et même un descendant d’Adolfo Orsi (qui racheta la marque aux frères qui l’ont crée, avant de la revendre à Citroën en 1968) étaient réunies là, pour poser une plaque commémorative sur la façade de ce qui est devenu un bar/galerie d’art, à la grande surprise du propriétaire actuel, qui ignorait tout du passé historique du lieu.
La place, normalement piétonne, s’est transformée en un parking pour le moins exceptionnel. Par ordre chronologique ont été rassemblées là, sous une pluie incessante, une Maserati 3500 GT, une Quattroporte de la première série, deux Ghibli (une 4,7 et une 4,9 l) et une Merak. Plus quelques Maserati modernes pour faire bonne figure. C’est le moment du choix, et le doute ou l’erreur ne sont pas permis : le temps est compté et seule une de ces voitures peut être choisie. Pas une minute à perdre, je fonce sur la Ghibli dorée, parce que c’est sans doute la meilleure couleur du jour, et que, tout de même, c’est le modèle que conduisaient Maurice Ronet et Alain Delon dans La Piscine.
– Carrossée par Ghia, moteur V8, quatre litres sept de cylindrée, quatre arbres à cames en tête et quatre carburateurs double corps mon p’tit bonhomme.
– Et ça coute combien cette merveille ?
– Cher…
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LE VERDICT DU GANG
MASERATI GHIBLI 4.7, BLENHEIM TEST
Fiche technique & bilan
Il faut lutter pour l’apprivoiser, mais ensuite c’est peut-être l’une des meilleurs Grand Tourisme qui soit passée entre nos mains. Moteur rageur, ligne à se damner, confort transcontinental, et icône popculturelle. Qui dit mieux ?
- VISUAL ATRACTION
- 9 / 10
- MECHANICAL THRILLS
- 10 / 10
- HANDLING
- 7 / 10
- CLASSIC APPEAL
- 10 / 10
- BLENHEIM GIRL PULLING ABILITY
- 10 / 10
- BLENHEIM FACTOR
- 10 / 10




Quelle tension dans la narration ! Excellent rythme ; bref, un brillant BT.
Merci Sébastien !
enfin un vide vient d’être comblé ! grâce à cet hommage quelque peu tendu à la vénérable Ghibli ! mais comment, en effet, ne pas s’émouvoir devant la beauté de sa ligne ?
On la voit aussi faire 2 courses poursuites dans « la plus belle soirée de ma vie », (film italien surréaliste). Très bon suspens dans cet article !