Même si le Blenheim Gang ne cache pas son parti-pris en faveur de l’automobile, voyager en train à travers l’Europe reste une idée séduisante. Sa simple évocation rappelle immanquablement le confort d’un fauteuil de première classe, ou encore le défilé des paysages – observé d’un œil parfois distrait – annonçant en douceur l’approche d’un destination. Pourtant, à l’aube des années 80, cette conception du voyage semble avoir vécue : les liaisons ferroviaires deviennent progressivement synonymes de « business meetings ». Exit donc l’image glamour des « Trans Europ Express » et place au pragmatisme du label « Intercity », avec la promesse d’un aller-retour expédié dans la journée et l’attaché-case comme seul bagage.

Koploper NS

A quelque chose malheur est bon, car cette évolution du rapport au rail marque également un virage important dans la conception du matériel roulant. Pour satisfaire aux exigences de dessertes cadencées, un peu partout en Europe des automotrices aux allures futuristes viendront supplanter les rames tractées. Pour preuve, notre sujet du jour combine un faciès robotique à un surnom issu tout droit d’un roman de science-fiction : Koploper.

Koploper at night

Officiellement dénommés « Intercity Materieel », les commuters hollandais auront l’occasion de s’habituer à leur étrange silhouette dès 1983. Assurant déjà foultitude de dessertes inter-urbaines pour le compte de la Nederlandse Spoorwegen, les Koploper inaugureront en 1986, la toute nouvelle liaison entre la gare central d’Amsterdam et l’aéroport de Schiphol. Habillées pour l’occasion aux couleurs de la KLM et de Martinair, les rames 4011 et 4012 incarnent malgré elles les relations ambiguës – entre concurrence et complémentarité – du transport ferroviaire et aérien.

Koploper Martinair

Et si la livrée tient de la métaphore aérienne, le résultat d’ensemble prend des airs de caricature. Ce poste de conduite posé sur le toit tel une tourelle, laissant ainsi la possibilité d’aménager une porte en façade, ça ne vous évoque rien ? Bien sûr, c’est un 747 Cargo que cette automotrice cherche à singer. Pourtant ici, pas question d’embarquer du fret. Il ne s’agit pas non plus de tester la fameuse méthode « roll-on, roll-off » appliquée au transport de passagers. Ces portes se contentent d’abriter les soufflets, nécessaires pour circuler entre les rames lorsque plusieurs de celles-ci sont attelées. Générateur de retards en raison d’une fiabilité perfectible, ce système survivra pourtant quelques années avant d’être définitivement condamné… Prévisible !

Koploper Nose Corridor

Produits à 144 exemplaires entre 1983 et 1994, les Koploper sortent tout juste d’un important programme de rénovation. Une fois n’est pas coutume dans cette rubrique, vous avez encore tout loisir de voyager à bord de l’un de ces engins : au départ de Paris, il suffit de prendre l’avion pour Schiphol. Ca vous changera du Thalys.

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