Après un prologue disputé de nuit, et un repos mérité, il était temps d’enfin commencer les choses sérieuses : c’est le départ de la Coupe des Alpes 2011 !
Première déconvenue, le poste de ravitaillement prévu avant le grand départ ayant décidé de ne plus vendre d’essence, l’aventure commençait par une chasse au trésor des plus particulières : trouver une pompe à essence en service dans l’arrière pays niçois. Quand tous les participants ont l’aiguille du réservoir dans la réserve, le niveau se corse. Et s’est ainsi que nous commençâmes notre matinée – comme toutes les autres à venir – en perdant beaucoup de temps.
Une fois les niveau fait, une autre surprise nous attendait : le roadbook omettait de signaler le premier croisement situé 100m après le départ de l’Escarène. Il faudra un peu de temps pour s’en rendre compte… Tout cela commence bien ! Enfin, c’est parti, en route pour le Turini, en faisant un détour par le Col de Castillon. Sans vouloir être désagréable avec nos amis du sud, si ce fameux Turini est célèbre pour sa nuit et sa neige, à midi , en montée, et en plein soleil, ce n’est pas un si gros morceau que ça… Mais à toute légende, tout honneur, nous nous arrêtons au sommet pour déguster une bonne omelette, et faire un peu de spotting. Il y a là pour tous les gouts, sur le parking de l’auberge voisine : un Saviem borgne, une Mercedes W123 croustillante, une énorme Bentley S1 plus toute fraiche et une pimpante Lotus Elise S1… Soit un mélange des genres digne du Blenheim Gang !
Après le Turni, redescente vers le magnifique village de la Bollène-en-Vésubie, qui ouvre la vallée du même nom. Nous sommes à peine à 30 km de la Côte d’Azur, et le Mercantour offre des paysages qui évoquent déja bien plus les hautes Alpes que la Riviera…
Les virages s’enchaînent, même si le parcours s’avère plutôt très roulant. Les premiers tunnels taillés dans la roche font leur apparition. On a beau essayer d’y faire vrombir le 1600, l’échappement d’usine ne sort que de modestes feulements. Pas de quoi fouetter un chat, ni impressionner la Z3 Coupé d’Alasdair, ou de décoiffer Giovanni qui bronze dans la MX-5…
Le paysage s’accidente au passage du Col St-Martin, puis très vite, on retrouve des routes que l’on avait déja rencontré lors de la Blenheim Coupe des Alpes 2010 : à commencer par celle du Col de la Couillole, très étroite, où nous croisons au détour d’un tunnel l’amicale des sexagénaires amateurs de Z3 roadster. Alasdair n’a pas bronché, même si l’envie de les saluer d’un joyeux appel de phares a du le traverser.
Je reprends le volent après la Couillole, pour la fabuleuse traversée des Gorges Supérieures du Cians. Ici la route longe à mi-hauteur en canyon dont la roche hésite entre le rouge et le violet. La chaussée est large, et les tunnels de plus en plus long s’enchaînent. La BMW s’en donne à cœur joie, d’autant plus que le parcours en descente lui permet de souffler, et les larges courbes ne sollicitent pas les freins – qui commencent à siffloter, tendance qui va s’accentuer de jours en jours. De temps en temps un camping-car nous bouchera la vue, on en fera facilement notre affaire…
Le retard pris le matin commence sérieusement à se faire sentir, et nous décidons, plein de courage d’abandonner une partie du roadbook. Le Col du Trébuchet, ça va, on le connait, on y est déja allé l’année dernière – rappelons qu’il a été alors qualifié joyeusement de Col de M… dans un grand moment de mauvaise foi pour son supposé ininterêt total… C’est donc une vingtaine de kilomètre à fond de vallée sur un grand axe que nous empruntons, pour nous reposer et gagner du temps, fort utilement !
Après un passage plein d’émotions à Entrevaux, on nous avions passé deux nuits l’année dernière, nous empruntons un autre haut-lieu de l’édition précédente, les Gorges du Daluis, et leur nombreux tunnels a sens unique qui nous obligent à emprunter d’étroites routes en corniches, elles aussi en sens unique. Et si l’année dernière une Renault Express endiablée nous collait aux basques sur tout le trajet, nous nous vengeons cette fois sur un malheureux C15 que nous ratraperons à Guillaumes. L’honneur est sauf.
Comme à chaque moments d’extases automobiles, la route redevient plus calme, permettant de reposer conducteurs et montures. Ah que c’est bien fait les Alpes !
Car c’est le gros morceau de cette première journée qui se dresse désormais devant nous : la montée du Col des Champs, et sa route soudainement bien plus étroite et dégradée. Les paysages deviennent grandioses au fur et a mesure que nous prenons de l’altitude . Au sommet, Mr Langchamps, qui pense toujours à tout, nous dévoile le contenu de son étrange mallette métallique : une magnifique poste radio L6X38T de la maison Phillips, qui une fois connecté à un iPod, permet d’écouter tous les pus grand succès de Valérie Dore ou de Laurent Voulzy. Ah, la chance que nous avons !
Bercé par la musique, je laisse le volant à Langchamps pour la descente vers le Val d’Allos, suivi par le Col du même nom, lui aussi sublime. Pas de chance, le passage à 2247m est gaché par un break belge qui nous pourira la vie durant une bonne demi heure, refusant catégoriquement de nous laisser passer, malgré sa vitesse moyenne n’excédant pas les 30 km/h. Je ne pensais pas voir un jour Mr Langchamps s’énerver, je ne fut pas déçu. Après avoir copieusement épuisé sa réserve d’insultes classiques par la fenêtre (nous n’avons pas de klaxon, il faut bien se faire entendre), il passa au régistre “spécial”. Se faire traiter de “middelkerkois”, ça ne doit pas faire plaisir, notre bon belge continua donc de nous bouchonner jusqu’à Pra-Loup, où étrangement nous ne le suivirent pas pour lui casser la gueule, malgré les promesses proférées…
Puis c’est Barcelonnette et Jausier, juste à temps pour le dîner dans une station-service-auberge-restaurant ou le menu imposé à base de soupe et de côtelette d’agneau acheva de mettre tout le monde d’accord sur la perfection de cette première journée. Jusqu’à l’incroyable château du XIXe siècle ou ce bon Giovanni ne trouva rien de mieux que de nous héberger. Ah, vivement la suite !
Texte : Yan Alexandre, photos Mr Langchamps et Yan Alexandre

























Les commentaires
La suite! Vite! Que j’enrage bien de ne pas avoir pu me joindre à l’équipée cette année!
[…] Day 1, le Col de Turini, les canyons d’Entrevaux, et les premiers grands Cols […]
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