Obscur constructeur anglais, Ogle n’aura commercialisé sous son nom que deux voitures. Pourtant son nom est associé à de nombreuses réalisations industrielles britanniques, dans les années 60 et 70, la marque se voulant alors l’équivalent britannique des studios de designs italiens. Première anti-sèche du BlenheimGang, destinée à vous apprendre tout ce que vous devez savoir sur cette marque.
Première voiture : La Ogle 1.5

En 1960 David Ogle tente sa chance comme carrossier avec cette première réalisation des plus discutables, annoncée pompeusement comme une nouvelle conception de l’automobile de luxe. Sous sa joufflue carrosserie en fibre de verre se cache un châssis de Riley 1.5, qui n’a rien de glorieux. Vendue au prix alors délirant de 1574£, il ne s’en vendra que 8 exemplaires. Tant mieux ?
S’il ne faut retenir que trois choses :
La Ogle SX 1000

Deuxième et dernière production à part entière d’Ogle, il s’agit cette fois-ci d’une Mini carrossée en GT de poche. Si la formule paraît séduisante, il n’en sera construit que 66 exemplaires, chacun étant vendu à perte. 300£ de perdu pour chaque exemplaire commercialisé à 550£ cela fait tout de même beaucoup et l’entreprise est alors au bord de la faillite. Pour ne pas améliorer les choses, David Ogle se tuera en 1962 au volant d’une de ces autos en rentrant du circuit de Brands Hatch. Tout va mal.
La Ogle SX 250

Pour assurer temporairement la relève, le designer tchécoslovaque (on disait comme cela alors) Tom Karen est embauché. Il restera dans l’entreprise jusqu’en 1999. Sa première réalisation est une carrosserie spéciale sur base de Daimler SP250, commandité par la marque de cosmétique Helena Rubinstein, qui achètera deux de ces Ogle SX 250. Jaguar, le nouveau propriétaire de Daimler n’ayant que faire de cette proposition, le dessin sera refourgué à Reliant qui l’adaptera au châssis de son roadster Sabre qui s’est révélé être un échec total, en raison d’un dessin d’une laideur sans nom. La Reliant Scimitar GT est née.
La Triplex GTS

Ogle va collaborer avec le fabriquant de glaces Triplex pour réaliser en 1965 la GTS (Glazing Test Special) sur base de Reliant Scimitar, pour vanter un verre spécial anti-chaleur. Le seul exemplaire réalisé sera vendu au Prince Philippe, qui s’en débarrassera un an plus tard, lassé de ne pouvoir se déplacer incognito. Néanmoins le concept tomba dans l’œil de Reliant qui décidera de lancer une version break de la Scimitar, la GTC, premier break de chasse fabriqué en série. La collaboration entre le bureau de style Ogle et Reliant continuera de nombreuses années avec notamment la réalisation de la Bond Bug.
Dernière voiture produite : l’Aston Martin Sotheby Special

Présentée au salon de Montréal 1970 pour promouvoir les cigarettes Sotheby Special, elle est basée sur une Aston Martin DBS V8, mais avec une carrosserie en fibre de verre totalement inédite, très marquée par son époque. Deux particularité notable : le panneau arrière en aluminium percée de 22 trous pour les feux, et l’habitacle à trois places, celle à l’arrière étant en travers de la route. Un deuxième exemplaire sera réalisé à la demande d’un particulier.
Bonus : la Triplex 10/20 Glasspack

Ogle se spécialisera dans le design industriel sous la férule de Tom Karen, la société existant toujours sous le nom de Ogle Noor. De nombreux projets ont toujours un pieds dans le domaine du transport, en témoigne cette nouvelle auto réalisée en 1978 pour Triplex, cette fois-ci sur la base d’une Austin Princess.
La semaine prochaine, nous vous expliquerons pourquoi les créations de Franco Sbarro méritent le plus grand intérêt. Si, si…
texte : Yan Alexandre

Les commentaires
Je veux une Ogle SX 1000. (et que ça saute)
moi aussi j’en re^ve!
il y en avait une grise à vendre il y a peu à Paris…
Et on peut encore acheter des kit en GB il parait!
[…] et le fruit du génie du design anglais, Tom Karen – oui, l’homme à la tête du studio Ogle, qui a “inventé” la Reliant Scimitar GTE et la Bond […]
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