Mazda est le seul constructeur japonais a avoir remporté les 24h du Mans. Ses débuts dans la célèbre course d’endurance furent pourtant bien modestes.

Vous connaissez tous la 787B, la Mazda à moteur rotatif qui remporta les 24h du Mans en 1991. Il aura pourtant fallu huit participations avant que le constructeur n’en arrive là. L’histoire de l’engagement de Mazda, via son département compétition Mazdaspeed, débuta donc officiellement en 1983. Au début des années 1970, quelques prototypes motorisés par des moteurs rotatifs du constructeur participèrent déjà au Mans, et entre 1979 et 1982 diverses RX-7 engagées par Mazda Auto Tokyo connurent des succès mitigés.

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En 1982, la FIA lança un nouveau groupe de voitures de courses, le Groupe C, destiné à unifier la grande pagaille qu’étaient les épreuves sur circuit. Pour attirer les constructeurs, le règlement était basé sur la consommation des voitures, limitant seulement le poids et la quantité de carburant emporté, à respectivement 800 kg et 100 litres. Ce qui fonctionna plutôt bien puisque des marques comme Porsche, Jaguar, Aston Martin, Ford, Nissan, Mercedes-Benz, Toyota ou Lancia se montreront vite intéressées.

Ce n’était pas surprenant : les voitures avaient une gueule incroyable, étaient super rapides, et les fans les adoraient. Mais comme d’habitude (et surtout à l’époque des sponsors cigarettiers), la compétition entre de nombreux constructeurs fit exploser les coûts, et le Groupe C devint rapidement impossible d’accès pour les équipes privées. Pour résoudre cela, un autre groupe fut crée pour des voitures plus petites, plus légères, et plus économes en carburant, qui ressemblaient tout de même à des Groupe C – du moins, de loin.

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Lancé en 1983, le Groupe C Junior (renommé C2 en 1984) limitait le poids à 700 kg et la taille du réservoir d’essence à 55 litres. Les équipes portèrent d’abord leur dévolu sur des moteurs comme le V8 Cosworth DFL ou le 6 cylindres de la BMW M1, mais de nombreuses autres solutions plus originales furent exploitées ; dans le cas de Mazda il s’agissait du moteur rotatif bi-rotor 13B, dérivant directement de celui installé dans les coupés RX-7 de route.

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N’ayant aucune expérience dans la construction de voitures de sport-prototype, Mazda se tourna vers les ateliers Mooncraft de Yura Takuya. Celui-ci préparait des barquettes et des monoplaces depuis le début des années 1970 et s’occupait déjà de l’engagement des RX-7 au Mans. Mooncraft dessina le châssis et la carrosserie de la 717C en se concentrant particulièrement sur la recherche de la vitesse maximale. Pourquoi ? Parce que 1983 était la première saison des voitures du groupe C Junior, et beaucoup s’inquiétaient du fait que ces dernières soient trop lentes en comparaison avec leurs grandes sœurs du Gr. C.

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Deux voitures furent engagées lors des 24h du Mans 1983, pourtant les numéros 60 et 61. La voiture n°60 fut confiée à trois pilotes d’usine  japonais : Takashi Yorino, Yojiro Terada et Yoshimi Katayama. Totalement intégrés à l’équipe, et sans doute ravis d’être au Mans, ils pilotèrent docilement, en faisant de leur mieux. Ils remportèrent la catégorie C Junior, terminant 12e au général à 68 tours de la Porsche 956 victorieuse de l’édition. Ce trio continuera à piloter aux 24h pour l’équipe Mazda jusqu’en 1990 et la 767B.

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La deuxième voiture fut par contre confié à trois pilotes anglais – Steve Soper, Jeff Allam et James Weaver. On raconte qu’ils furent tellement dépités par le comportement de la voiture, et le refus (ou l’incapacité) de l’équipe à y remédier, qu’ils décidèrent de monter délibérément sur les vibreurs et de provoquer des sur-régimes dans l’espoir de perdre une roue ou le moteur, et de pouvoir abandonner !

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Tous leurs efforts demeurèrent vains, et ils terminèrent la course à la 18e position. Ironiquement, les deux Mazda 717C furent les seules des quatre Gr. C Junior engagées à passer la ligne d’arrivée – l’incapacité de ces voitures à tenir la distance dans les courses d’endurance sera un des facteurs qui provoquera la chute de cette catégorie.

Mazda remporta de nombreuses autres distinctions durant la course, dont celle de la plus faible consommation de carburant – un comble pour un moteur rotatif !

Ci-dessus, à droite : Mazda 727C; à gauche, en haut : Mazda 737C; à gauche, en bas : Yamaha OX99-11

La 717C partit à la retraite sitôt l’épreuve terminée. Mooncraft la fit évoluer en 727C (4e et 6e en classe C2 et 15e et 20e au général aux 24h du Mans 1984), puis en 737C (3e et 6e en classe C2 et 19e et 24e au général aux 24h du Mans 1985), avant que Mazdaspeed ne prenne le relais et ne réalise soi-même les 757, engagées cette fois en classe IMSA GTP (éligible au Mans aux côtés des Gr. C). Mooncraft ne réalisa plus de voiture du Mans, mais donna, d’une certaine façon, une ultime descendante à la 717C : l’entreprise fut en effet commissionnée par Yamaha pour réfléchir à la conception de son OX99-11, et il est difficile de ne pas voir comme un air de famille entre ces deux autos…

 

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Adapté d’un article originalement publié en anglais par notre partenaire, Banovsky Car Of The Day.