Améliorer les taxis est une vieille idée : en 1976, Alfa Romeo, aidé d’Ital Design et du MOMA, s’est attelé à cet épineux problème.

En ce moment, les taxis font les grands titres. Ou plutôt leurs nouveaux compétiteurs : des sociétés comme Uber, ou Lyft de l’autre côté de l’Atlantique, qui essayent d’améliorer l’utilisation du service de taxis tels que nous le connaissons aujourd’hui. Et il faut bien avouer que du point de vue de la logistique ou du payement, il y a bien des choses à améliorer. Des choses qu’une simple application sur votre téléphone portable permet de faire.

alfa_romeo_new_york_taxi_concept_9

Améliorer les taxis est une vieille problématique. La question se posait déjà dans les années 1970 (et sans doute plus tôt également), mais à cette époque le concept d’internet mobile n’existait même pas dans les ouvrages de science-fiction. Alors quelle solution pouvait t-on trouver ? C’est cette question que se posa le musée d’art moderne de New-York (MOMA) en 1976, dans le cadre de son exposition The Taxi Project: Realistic Solutions for Today (le Projet Taxi : des solutions réalistes pour aujourd’hui).

alfa_romeo_new_york_taxi_concept_2

Les documents d’époque révèlent les buts suivants pour le MOMA :

  • Produire en coopération avec l’industrie automobile, et à un prix raisonnable, un véhicule répondant au mieux aux besoins des sociétés de taxis, de leurs conducteurs et de leurs passagers.
  • Proposer un rôle plus important aux taxis comme complément aux transports en commun, en réponse au besoin d’une alternative aux solutions existantes et à l’automobile individuelle.
  • Démontrer que les véhicules de « paratransit » – les taxis, minibus, transport porte-à-porte, services aux abonnés, etc – sont vitaux à la communauté aussi bien en terme d’économie, d’environnement, de préservation d’énergie que pour leur efficacité et leur aspect pratique.

Plus les temps changent, moins les choses changent : ces critères ressemblent étrangement à ceux qui furent édictés par la municipalité de New-York il y a de ça quelques années, lorsque de nouveaux modèles de taxi furent évalués.

Ci-dessus : les quatre projets officiels de l’exposition The Taxi Project: Realistic Solutions for Today du MOMA

À l’origine deux compagnies américaines, American Machine and Foundry et Steam Power Systems, ainsi que Volvo et Volkswagen, s’engagèrent à réaliser des prototypes basés sur le cahier des charges de la commission. Dans le dossier de presse du MOMA, on peut lire qu’ « une troisième entreprise européenne, Alfa Romeo, a adopté les spécifications du musée pour développer – à son compte – un taxi pour le marché européen ».

Son développent a été confié à la société de Giorgetto Guigiaro, ItalDesign, qui pour décrire la voiture indique que « la beauté de ses formes n’avait qu’une importance secondaire ». Autrement dit, elle ressemblait à une grande boîte jaune, dont voici les principales caractéristiques :

  • 2m² d’espace au sol pour les passagers
  • des dimensions générale 30% plus compactes que celles d’un taxi américain traditionnel
  • une longueur de moins de 4 m
  • 5 places assises
  • une excellente visibilité
  • « un toit vitré au milieu du pavillon offrait une vie panoramique sur le ciel aux passagers » – quelque chose dont Nissan s’est visiblement inspiré pour son taxi NV200 new-yorkais.
  • deux portes coulissantes
  • un accès pour un passager handicapé

La voiture fut réalisée sur le châssis d’une fourgonnette Alfa Romeo A12 à traction avant, mais l’histoire ne retient pas si le New York Taxi en a gardé son moteur essence 1 300 twin-cam de 52 ch (celui de la berline Giulia) ou s’il a opté le diesel Perkins 1 760 optionnel.

En 2013, Jalopnik publia un article sur cette voiture, intitulé « l’Alfa Romeo New York Taxi de 1976 était le vrai taxi de demain », en référence à la victoire de la Nissan NV200T au concours organisé par la ville pour son « Taxi de Demain ». Était-ce vrai ? Aurait-elle pu devenir le taxi de demain ? À quoi auraient ressemblé les taxis d’aujourd’hui si cette voiture avait été produite en série il y a de ça 40 ans ? Et plus important : si vous étiez en retard pour aller à l’aéroport, auriez vous fait confiance à une Alfa Romeo des années 1970 pour vous y emmener à temps ?

alfa_romeo_new_york_taxi_concept_1

Adapté d’un article originalement publié en anglais par notre partenaire, Banovsky Car Of The Day.

Partagez cette page

0