À l’orée des années 1980, les constructeurs européens explorèrent différentes solutions techniques pour réduire la consommation de leurs véhicules, et donnèrent naissance à de curieuses voitures expérimentales. Volvo n’échappa pas à cette mode.
Des robots, des ordinateurs et une touche de Star Wars: voila grossièrement ce à quoi devait ressembler l’an 2000, du moins tel qu’il était dépeint dans les années 80. L’humanité s’apprêtait à être propulsée dans une nouvelle ère où les avancées technologiques les plus folles devaient venir faciliter la vie de tous les jours. Les spéculations sur cet avenir radieux allant bon train, les constructeurs automobiles en profitèrent pour prédire au monde une voiture de l’an 2000 high-tech, économe, aérodynamique et silencieuse. Et sur le chemin qui conduit à ces futuristes ambitions, entre les ordinateurs de bord et la synthèse vocale, se trouvent un certain nombre de prototypes expérimentaux.
À l’avant garde de l’innovation automobile, comme bien souvent d’ailleurs, Volvo planchait sur la voiture du futur dès 1979, sous les traits du Lightweight Component Prototype 2000 (ou LCP, que l’on pourrait traduire par Prototype à Composants Allégés). Ce dernier dérivait lui-même d’un projet de véhicule électrique initié dès 1976 et abandonné pour de nombreuses et obscures raisons.
Les consignes données aux ingénieurs étaient strictes : la LCP devait permettre de transporter deux adultes au minimum, peser moins de 700 kilos, et consommer au plus 4 L/100km. À une époque où les carburateurs étaient encore monnaie courante sous les capots, et les normes antipollution balbutiantes, de telles contraintes étaient pour le moins inédites. Une 2CV – par exemple – était certes nettement plus légère, mais malgré cela, elle consommait davantage. Quant aux voitures de 700 kilos, à cette époque, elles engloutissaient généralement entre deux et trois fois plus de carburant que l’objectif fixé par Volvo.
Assemblées au tout début des années 80, les quatre exemplaires de LCP furent révélés au public à l’occasion d’une conférence sur l’environnement qui se tenait à Stockholm en 1983. Sur le plan esthétique, toutes présentent les mêmes caractéristiques. À l’avant, un masque en verre biseauté – pour L’aérodynamisme – abrite les phares et le logo de la marque. A l’arrière, un grand hayon droit en plastique permet aux passagers arrière de s’extraire de leurs sièges, installés dos à la marche. Pour contenir le poids, les prototypes font appel à des matériaux de pointe : magnésium, fibre de carbone, plastique et aluminium.
Côté mécanique, Volvo explore deux pistes différentes avec la LCP. La première est un trois cylindres turbo-diesel de 1,4 L et 90 chevaux. Le bloc, en fonte, est installé en transversal et fonctionne avec tous les carburants. Refroidi par air, ce dernier permet d’économiser au passage le poids d’une pompe et d’un radiateur d’eau. Le second moteur, toujours un turbo-diesel – de 1,3 L cette fois – ne développe que 50 chevaux. En revanche, il est entièrement en magnésium. La transmission aux roues avant était assurée soit par une boite manuelle à cinq rapports, soit par une CVT pilotée par électronique.
La production a grande échelle de la LCP ne fût jamais vraiment à l’ordre du jour, ce qui vu les réactions mitigées qu’elle a suscité – aussi bien en interne qu’auprès du public – n’est probablement pas une mauvaise chose. Certes, les réponses que cette auto à l’allure étrange apportait au cahier des charges de départ avaient de quoi susciter la curiosité des automobilistes et des ingénieurs. De là à signer un chèque pour avoir le privilège de garer une LCP devant chez soi, il y a un pas que peu de gens étaient disposés à franchir.
Une fois le projet mené à bien, les données issues des différentes phases de test furent soigneusement classées pour être ensuite régulièrement consultés au cours des années 80 et 90. Les véhicules prototypes, quant à eux, seront remisés au siège de la marque, dans une certaine indifférence, du moins pour quelques temps. Les formes anguleuses de la LCP se rappelleront pourtant à notre souvenir en inspirant, trois ans plus tard, certains traits de la Volvo 480.
Adapté d’un article initialement publié en anglais par notre partenaire, Ran When Parked.

C’est marrant sur la vu en transparence on dirai une 480 avec tout les éléments mécaniques (trains et moteur) d’une mini.
En tout cas l’accessibilité mécanique a l’air minimaliste aussi.