11h00, il est temps de partir. Quitter Paris pour 4 jours de vide loin de mon agenda et de ma boîte Outlook pro.
Porte de Vincennes, mon autostoppeuse est en retard, juste le temps de faire le plein avant que l’éclaircie ne se transforme en averse. De la pluie partout, c’est ce que la météo annonçait pour mon break printanier. Partout, sauf sur la côte d’azur. Ça sera donc la destination, point barre. Certaines décisions se prennent vite. Et la motivation suffit a faire annuler toutes les obligations familiales pascales.
Au début on privilégiera l’autoroute. La première station permettra à l’autostoppeuse de faire les courses afin de me concocter de délicieux sandwich. Pour ma part je prendrai le petit livre rouge, le guide spirituel du peuple, cuvée 2008. Riche idée. Les 4 jours s’orienteront en conséquence.
La pluie tombe, tombe, tombe. Puis viens Mâcon.
16h30. On laisse l’autostoppeuse et on part se fourvoyer à Fourvière. Deux heures plus tard on a fait trente kilomètres et on est heureux de quitter l’autoroute pour la Nationale 7, et 30 minutes de bouchon pour passer Vienne. Désespérant. Je goutte d’une tranche de jambon tiède et d’une pomme. La pluie ne cesse. Ça commence mal à la tombée de la nuit. Et toujours pas de destination fixe.
A l’heure du dîner nous voila à Valence. Le Bib gourmand est « le 7 », l’autre table de la maison Pic, comme c’est indiqué. Et comme me le dira Don Era au téléphone, sans que je lui donne le nom du restaurant. Visiblement il a appris la bible par cœur.
La thématique première du voyage est la nationale du même nom… je n’hésite pas longtemps, séduit par le clin d’œil. L’ambiance moderne évoque le monde de la route. Comme c’est subtil, cela passe très bien. Très joli. On me place au fond, au bar. Je ne cache pas ma déception. Idiot ! Je comprends vite mon erreur. Au bar, on est accoudé face à la cuisine, et au chef – du moins pour ma part. Spectacle magique que celui de voir les coulisse d’une bonne table. Les cuisiniers sont vêtus d’une évocation de costume de pompiste. Amusant. On mange bien, mais peu. Tant mieux, la digestion, plié derrière le volant, ce n’est pas génial. Era m’indique par téléphone où spotter de belles voitures à Valence. Il ne faut pas contredire un fou m’a-t-on dit un jour, je feint donc de l’écouter.
Avant de partir je me fixe un but. Avignon je connais, allons à Aix-en-Provence. Une mauvaise lecture de la carte m’indique le Kyriad « Prestige » au centre ville…allons bon. La fatigue ? Mais ça je ne le sais pas encore et réserve donc. Mon arrivée est prévue à 1h00, mieux vaut ne pas se risquer dans l’exotique.
Orange traversée de nuit. Je me retrouve place de l’étoile. Me suis-je trompé de route ?
Traversée de nuit, la N7 est séduisante dans cette région. De jour cela doit être fabuleux. L’impression de rouler sur une route légendaire est forte. Un pan d’histoire populaire sous les roues. French road 66… Et elle a la décence contrairement aux autres nationales, de ne pas traverser de villages tous les kilomètres…
1h00 donc. Précision suisse oblige. L’hotel Kyriad est loin de tout, et n’a de prestige que le nom. Mauvaise blague. Chambre sale et délabrée. Tant pis il y a un parking et un lit. What else ?
A suivre…
Texte et photos : Ian Alexander

Les commentaires
J’ai fait la vie à Varsovie.
J’ai fait le mort à Baltimore.
J’ai fait le rat à Camberra.
J’ai joué aux dés à Yaoundé.
J’ai joué aux dames à Amsterdam.
J’ai fait des games à Binningham.
et je me suis fourvoyer à Fourvière …
bravo Ian, ce trip est trop,
ambiance, regard, j’aime bien !
a suivre donc
[…] the Riviera Trip – jour 1 […]
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