Je suis un fan inconditionnel de Nigel Mansell. Mes parents m’ayant donné l’autorisation de regarder les grands prix du Japon et d’Australie malgré le décalage horaire je n’ai manqué aucune course à laquelle il a participé depuis 1986. J’avais 9 ans. Aussi, mon témoignage n’est en rien objectif. Mansell est un pilote très rapide et démonstratif, loin du style aseptisé d’un Prost, de l’élégance d’un De Angelis ou de l’efficacité clinique d’un Schumacher. Ce style, son caractère, son manque de régularité et la concurrence de l’époque ne lui ont pas permis d’avoir un palmarès grandiose. Mais un palmarès flatteur tout de même : 31 victoires en Grand Prix, 32 pôles, un titre en F1 (et 3 fois vice-champion) et en Indycar dès sa première saison ainsi que quelques faits d’armes et dépassements d’anthologie.

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Et puis, quoi de plus pénible qu’un champion qui gagne ? Ses nombreuses défaites, parfois d’une grande intensité dramatique, ont également contribué à le rendre héroïque. Les 14 secondes qui séparent le moment de l’explosion de son pneu arrière gauche jusqu’à la maitrise et l’arrêt de sa Williams Honda dans un dégagement du circuit d’Adélaïde en 1986 sont infiniment plus marquantes que les victoires empilées de 1992. Un peu comme Battiston qui gît dans l’herbe de Séville, un soir de 1982. Par ailleurs, un pilote qui a côtoyé Colin Chapman et Enzo Ferrari mérite un respect infini.

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Ouvert en 2013 à Jersey, The Mansell Collection est une concession de véhicules d’occasion au rez de chaussée qu’un petit musée à la gloire du Champion du Monde 1992 surplombe. C’est, à ma connaissance, la première fois qu’un lieu lui est dédié. L’engouement pour Mansell est quand même très relatif, même Outre-Manche. C’est le jour de ses 61 ans que j’ai décidé de m’y rendre. L’ancien adolescent aux poster Williams Renault et maquette Tamiya que j’ai été se rendait enfin à son pèlerinage.

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