Le deuxième jour de la Coupe des Alpes deux mauvaises surprises nous attendaient. La première fut la météo, plus que mauvaise, après une nuit de tempête qui fit dire aux présentateurs télévisés de ne pas prendre la route (rassurant). La deuxième sous forme de chantiers fermant une des routes de nos roadbook jusqu’à 18h. Tant pis, nous ferons le parcours en sens inverse !

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D’Entrevaux à Colmars : 51 km

Le départ d’Entrevaux se fait donc dans des conditions plus que mauvaises. Après avoir dû rebrousser chemin suite à la route barrée, nous avons essuyé une pluie violente qui va détremper les routes pour toute la journée. Si le kilométrage de cette seconde journée est plus léger, ces conditions vont nous finalement nous ralentir suffisamment pour nous occuper jusqu’au soir.

La matinée commence tranquillement par un transfert via un axe important le long du Var, avant de bifurquer vers le Col de la Colle St Michel. Les conditions, ainsi qu’un convoi de camions de nous permettra malheureusement pas de profiter de la montée. La descente, elle, est bien plus spectaculaire avec une vue vertigineuse sur la vallée ou coule le Verdon. Les 8 derniers kilomètres sont tracés sur le flan de la falaise. Impressionnant.

Puis la route redevient calme, longeant le Verdon. Nous traversons Colmars sans stopper, à regret. La ville est une ancienne frontière entre la France et la Savoie. Ici deux gigantesques forts se font face. Pas le temps d’en voir plus…

Entrevaux  – N202 – Les Scaffarels – D908 – Annot – D908 – Col de la Colle St-Michel – D908 – Colmars

De Colmars à Barcelonnette : 42 km

Jusqu’à la Foux d’Allos, la route continue le long du Verdon, dans les paysages bucoliques de la vallées encaissée. Un plaisir pour les yeux… enfin, s’il faisait beau. Une fois arrivée à la station de ski, désertée, le paysage change brutalement : désormais il n’y aura plus que de l’herbe jaunie pour un long moment…

La route devient subitement plus étroite et dégradée. Nous sommes arrivés au bout de l’axe principal pour les touristes… Désormais il n’y a plus que nous, la montagne, et quelques rares locaux. La météo ayant visiblement découragé cyclistes et motards.

Surprise au détours d’un virage, les moutons se comptent par milliers, alors qu’on s’approche du Col, qui culmine à 2240 m.

La face nord du Col est nettement plus encaissée et les paysages se font plus sombres. L’état des routes ne s’améliore pas, d’autant plus que nous roulons maintenant à flanc de falaise et de nombreuses pierres tombées dieu-sait-quand jalonnent la chaussée. Dans le cabriolet, on rentre machinalement la tête dans les épaules au cas où… Inutile de dire qu’il faut un grand cœur pour rouler vite ici, et dans ces conditions d’adhérence. Pourtant, les rares locaux croisés ne se gênent pas. L’habitude.

Soudainement on croise l’accès à la station de Pra-Loup et la route redevient beaucoup plus roulante. C’est un vrai boulevard jusqu’à Barcelonnette, notre point d’arrêt pour le déjeuner.

Colmars – D908 – Allos – D908 – La Foux d’Allos – D908 – Col d’Allos – D908 – D902 – D900 – Barcelonnette

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De Barcelonnette à St-Sauveur-sur-Tinée : 87 km

À Jausiers, à quelques kilomètres de Barcelonnette, on quitte la route qui nous mène à l’Italie toute proche pour celle du Col de la Bonette : la route la plus haute d’Europe ! Ici les paysages sont tous simplement dantesques. On monte sans cesse, dans des vallées entourées d’imposants pics rocheux. Dommage, nous ne sommes pas seuls, et les conditions météo s’empirent. Il faudra revenir un jour ensoleillé. L’année prochaine ?

Le passage du Col se fait à 2715m d’altitude, la tête dans un énorme nuage blanc. On ne voit qu’à peine la voiture qui nous précède. Tout ce que l’on sait du monde extérieur est que la roche est devenue subitement noire, et qu’il ne faut sans doute pas trop s’écarter de la route.

Après le deuxième Col, celui de Raspaillon (2513), la route traverse les impressionnantes ruines du Camp des Fourches. Ces baraquements datant de Napoléon III servaient de garnison permanente à une troupe y passant tous les hivers coupés du monde.

Heureusement la météo s’améliore, et bizarrement il n’y a plus de trafic. Ce qui nous permet de profiter comme il se doit de la descente, tout aussi spectaculaire que la montée.

Une fois quitté le Parc du Mercantour, la route redevient moins tourmentée et longe la Tinée dans de paysages enchanteurs. Nous passons Isola, puis les Gorges de Valabres, jusqu’à St-Sauveur-en-Tinée. Enfin, on bifurque juste avant le village. Attention à ne pas rater le croisement, le meilleur est à venir.

Barcelonnette – D900 – Jausiers – D64 – Col de la Bonette – D64 – Col de Raspaillon – D64 – D2205 – St-Étienne-de-Tinée – D2205 – Isola – D2205 – St-Sauveur-de-Tinée

De St-Sauveur-de-Tinée à Entrevaux : 57,8 km

Dès que l’on traverse la Tinée, le ton est donnée : la route est soudainement si étroite, que l’on se demande comment on va faire si on croise une autre voiture. La route serpente dans la foret, entre falaises, ruisseaux, sapins, cascades et hameaux… le tout entrecoupé de petits tunnels. On passe le Col de la Couillole, le village de Beuil pour attaquer le plus beau moment de la journée : les Gorges Superieures du Cians.

Soudainement le paysage se creuse et la route se retrouve dans un canyon de roche violette. Puis de virages se forment. La route est large et l’on peut trajecter à sa guise en donnant toute sa mesure à la mécanique. La route serpente entre les roches, puis la traverse par un tunnel, quelque mètre de ciel et de nouveau un autre tunnel, en courbe, ou pas… Et ainsi de suite pendant de longues minutes. Peut-être l’une des routes les plus spectaculaires que j’ai connu. Une sorte de Wipeout en milieu naturel.

Aux gorges supérieures se succèdent les gorges inférieures. Moins de tunnels, une roche devenue blanche, mais la route est encore plus encaissée, et les courbes de la route toujours parfaite. Tout va bien.

Sur cette orgie automobile s’achève notre deuxième étape, avec une arrivée à notre point de départ : Entrevaux.

Une boucle qui reprend dans son principe celle de la Coupe des Alpes 1972, mais pas à la lettre. En effet, le parcours prévoyait ensuite de repasser pendant un long moment sur les mêmes routes que celle de la 3e étape, nous avons préférer en trouver une autre : c’était celle de cet après-midi.

La suite dans deux semaines, direction le Nord !

St-Sauveur-sur-Tinée – D30 – Roubion – D30 – Col de la Couillole – D30 – Beuil – D28 – D6202 – Puget-Théniers – D4202 – Entrevaux

Texte : Yan Alexandre, photos Yan Alexandre et Giovanni pour toutes celles marquées “BlenheimGang.com”