« We Had To let You Have it » est le titre donné à cet album par le label Dawn records, le groupe s’étant séparé peu de temps avant la sortie de celui-çi en 1971. Unique album d’un groupe éphémère donc, surtout connus à l’époque pour être « Noir, the Britain’s first all black rock band » rapidement rangé dans la catégorie Rock progressif. Sorti uniquement en Angleterre et en France avec deux pochettes bien distinctes, l’album est rapidement tombé dans l’oubli.
Le groupe est composé de Barry Ford ( batterie, chant lead ) Tony Cole ( claviers, chant lead ) Roy Williams ( basse, choeurs ) et Gordon Hunt ( guitare et chœurs ).
Avant de signer chez Dawn records, le groupe emmené par Barry Ford et composé de musiciens de studio. Ils auraient eu l’occasion de jouer avec les Rolling Stones, Cream et bien d’autre grands noms du blues-rock anglais. En fait rien d’étonnant à cela, ayant été un moment le backing band d’Alexis Korner, le père et quasiment initiateur du British blues boom.
En 1970 le groupe alors connu sous le nom de « The power » décide de faire sa propre musique et deviens NOIR lors de l’enregistrement de leur album, pour disparaitre l’album à peine achevé.
Barry Ford ayant continué en tant que batteur de studio pour des musiciens tels que BB King, Robert Palmer, Doctor John… Il semblerait que Roy Williams et Gordon Hunt aient fait partie des « Sons of the jungle band » le backing band du « First english tour » de Bob Marley en 1972.
Si cet album n’est pas complètement tombé dans l’oubli c’est essentiellement par sa qualité intrinsèque, il comporte 8 pistes dans sa version anglaise.
Rain
Hard Labour
Beggar Man (qui n’apparait pas dans la version française)
In Memory of Lady X
How Long
The System
Indian Rope Man
Ju Ju Man
Rain annonce 9min32, on est donc bien dans le Rock progressif. Le morceau commence lentement sur un arpège puis un lent solo de guitare accompagné d’un piano, le chant qui arrive à un peu plus d’une minute est extrêmement spirituel, complètement inspiré du gospel, on est véritablement dans un blues profond, lent, très introspectif.
Mais et c’est la que réside la magie « Noir » à 4:05 le piano nous sort de cet état de semi conscience et sans prévenir mais avec une délicatesse extrême la partie de piano devient un solo jazz, et la guitare une véritable rythmique jazz sans jamais tomber dans la caricature. Les rôles rythmique et soliste s’échange jusqu’à ce que la guitare ré-introduise un schéma blues à la 7:00, la guitare s’efface au profit du piano avec le chant.
Hard Labour est plus typé Blues-Rock des 2:56 à 3:40 la phase roulement de toms et guitare joué en mute avec la wha-wha est d’un puissance rare. S’ensuit un solo de guitare plus qu’honorable pour se stopper sur un quasi negro-spiritual a capela, splendide !
D’un morceau à l’autre Noir alterne du blues-rock et quasi delta-blues au gospel pour basculer sur une structure jazz le tout restant extrêmement digeste. L’écoute est d’un aisance folle malgré une profondeur et une musicalité d’une rare complexité. In Memory Of Lady X est une ballade magnifique de 7 minutes qui fini en apothéose, comprenez, un bon orgue des familles et un solo de guitare de papa.
How Long commence comme un chant de travail du Delta, se transforme en gospel puis la batterie vient enflammer tout ça. Le chant devient fiévreux presque enragé, absolument vital, ensuite les percussions prennent le dessus, How Long est Le morceau batterie de l’album.
The System est le chef d’oeuvre, peut-être les « Yeah » les plus classieux de l’histoire du rock, c’est dire. Il y a tout Noir dans ce titre.
Indian Rope Man est une reprise de Richie Havens, assurément le morceau le plus rock de l’album, c’est efficace, la guitare est acide et le solo de clavier mémorable, à aucun moment la tension ne retombe.
Pour finir Ju Ju Man goute un blues-rock plus classique, une rythmique bien sentie, un chant sorti du plus profond du mississipi encore plus gras que l’overdrive d’une guitare pourtant à cran d’un bout à l’autre de l’album. Le « JuJu » était un mot utilisé à l’époque par les européens pour désigner les traditions religieuse d’Afrique de l’Ouest et plus actuellement pour désigner un objet à qui l’ont confère des pouvoirs magique.
L’unique édition CD date de 2004, la dernière en vinyle, et unique depuis 1971, date de 1999.

Les commentaires
totale découverte !
merci.
Article de Qualité, je connaissais déjà mais je suis content de voir que le blenheim met ce groupe en avant.
Oui effectivement, très jolie découverte ! Cet article est agréable et nous résume bien le groupe ! Merci Blenheim !
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