Bertone présenta le concept Sibilo, basé sur la Lancia Stratos, lors du salon de Turin 1978. Comme pour beaucoup de concept cars de carrossiers réalisés durant les années 1970, la Sibilo fut développée pour donner un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler les voitures de sport du futur.

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Visuellement, la Sibilo, dessinée par Marcello Gandini, présentait une silhouette wedge qui ne partageait que très peu d’éléments de design avec la Stratos d’origine. Elle était montée sur des jantes dorées qui contrastaient avec la carrosserie brun foncé. Son aspect futuriste était renforcé par le traitement du vitrage, composé des mêmes panneaux  que la coque, la transparence se faisant par l’absence de peinture – un cas unique ! En plus, on trouve sur la Sibilo une curieuse découpe en hublot des vitres latérales et un essuie glace mono-balai coulissant que l’on n’imagine pas très pratique. À l’arrière, le hayon vitré très incliné s’achevait sur deux feux rectangulaires d’apparence plutôt banale, et sur le mot « SIBILO » écrit dans une typo à bâtons d’afficheur LCD.

L’habitacle était aussi futuriste que l’extérieur. Le bloc compteur fut déplacé très en arrière sur la planche de bord, là où le pare-brise rencontre la carrosserie, une architecture qui le plaçait directement dans le champ de vision du conducteur. Puisque de cette façon, il n’était plus nécessaire de regarder à travers le volant, Gandini équipa la Sibilo d’un volant plein, dépourvu de branches. La majorité des commandes de la voiture était ainsi soit disposée en son milieu, soit autour de lui.

La mécanique de la Sibilo était celle de la Stratos de série qui lui servait de base, soit le V6 2,4 litres de la version de route, qui développait une puissance de 192 ch à 7 000 tr/min et un couple de 226 Nm à 4 000 tr/min. D’après Bertone, ce concept était fonctionnel, mais Lancia n’a jamais publié de chiffres de performances à son sujet.

Il va sans dire que la Lancia Sibilo était juste une étude de style, qui ne devait en rien déboucher sur une voiture de production – et contrairement à bien des concepts-car Bertone, son style extérieur n’a pas été recyclé sur un projet ultérieur. Un détail a tout de même fait son petit chemin : les motifs ronds utilisés sur la planche de bord se retrouvent sur la planche de bord de la première Renault 5 Turbo, elle-même signée Gandini, la même année. Quand à la disposition des compteurs dans le champ de vision du conducteur, elle préfigurait les afficheurs tête-haute, à la mode aujourd’hui.

Adapté d’un article initialement publié en anglais par notre partenaire, Ran When Parked.