Les recoins les plus sombres du panthéon de l’histoire de l’automobile sont peuplés d’une multitude de voitures étranges, produites en toutes petites quantités, pour quelques raisons obscures. Leurs histoires ne sont que rarement narrées, et elles ne survivent aujourd’hui plus, pour la plupart, que dans les garages de ceux qui ont eu la chance de les préserver, ou qui furent assez précautionneux pour le faire. Un exemple parfait de ce genre de voiture est la Lancia Hyena, dessinée par carrossier Zagato, avec l’appui d’un importateur de Lancia hollandais, au début des années 1990.

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La Hyena trouve ses origines à une époque ou Lancia dominait les rallyes, à la fin des années 1980. À ce moment là, Zagato venait tout juste de débuter la production de l’Alfa Romeo SZ, un coupé basé sur l’Alfa Romeo 75 V6. Son style brutal et anti-conventionnel ne laissa personne indifférent, mais elle fut généralement bien reçue par le public et la presse.

Un designer de Zagato, Marco Pedracini, se mit en tête de réfléchir à l’idée d’une Lancia Delta dotée d’une carrosserie plus sportive, et soumis à la direction de Lancia quelques esquisses en 1990. Le projet ne souleva guère d’attention, et fut mis en suspend jusqu’à ce que l’importateur de la marque aux Pays-Bas, Paul Koot, en eut vent, et contacta Zagato pour en lancer la production.

Une Delta au régime

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Un prototype de pré-production baptisé Lancia Hyena fut présenté au public lors du Salon de Bruxelles 1992. Reposant sur un châssis quasiment de série récupéré sur une Lancia Delta HF Integrale 16v de 1991, le coupé utilisait le même quatre cylindres 2,0l turbocompressé monté transversalement sur la Delta, mais avec une puissance gonflée à 250 ch. Cette puissance était transmise au quatre roues par la transmission intégrale que Lancia avait éprouvé sur ses voitures de compétition et de route.

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Visuellement, la Hyena ressemble à un mélange entre une Alfa Romeo SZ et une Lancia Fulvia Zagato des années 1960. Bien aidée par un toit à double bossage emblématique de Zagato, la Hyena était plus aérodynamique que la Delta, introduite en 1979 en pleine mode des carrosseries en forme de boîtes à chaussures.

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Son design semble un peu daté aujourd’hui, mais son assemblage était plutôt en avance pour son temps : la carrosserie était entièrement réalisée en aluminium alors que la planche de bord, la console centrale et les panneaux de portes étaient en fibre de carbone, deux matériaux qui sont depuis devenus la norme pour les voitures de sport les plus prestigieuses. Ils permettaient à ce coupé d’afficher un poids environ 200 kg inférieur à celui de la Delta qui lui servait de base.

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La Hyena était également plus rapide que la Delta, avalant la 0 à 100 km/h en 5,4 s ; une amélioration sensible du chrono de l’Integrale qui demandait 5,7 s pour réaliser le même exercice. Deux chiffres toujours respectables aujourd’hui, mais qui étaient réellement impressionnants il y a de ça 20 ans, lorsque la Delta fut saluée comme l’une des meilleures voitures de rallye jamais assemblée.

Le véto de Lancia

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À Bruxelles, la Hyena reçu un accueil positif de la part des visiteurs, et le feu vert fut donné pour lancer sa production. Zagato et Koot avaient initialement prévu d’assembler 500 voitures, avant que Lancia ne se rétracte au dernier moment, et décide de ne pas fournir à Zagato les châssis de Delta nécessaires. Une décision étrange si l’on considère que Lancia travaillait avec Zagato depuis 1928, et qui fut attribué par beaucoup à un changement de management.

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Cela n’empêcha pas Zagato et Koot de poursuivre le projet, en réduisant la production à 75 exemplaires. Sans surprise, le refus de Lancia de fournir les châssis de Delta compliqua considérablement le processus de fabrication : les Delta étaient achetées à Fiat et envoyées aux Pays-Bas, où elles étaient intégralement démontées dans les ateliers de Koot avant d’être envoyées dans ceux de Zagato pour être transformées en Hyena, puis renvoyées de nouveau chez Koot avant d’être enfin expédiées aux revendeurs.

Cette complexité fit de la Hyena une voiture extrêmement onéreuse, ce qui refroidit plus d’un client potentiel. En tout et pour tout, seuls 24 exemplaires de la Hyena furent assemblés et commercialisés à travers l’Europe et au Japon. Triste dénouement, pour ce qui reste comme l’une des voitures la plus excitante de son époque.

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Article initialement publié en anglais par notre partenaire, Ran When Parked

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