Les Blenheim Drivers ont tout compris : ils roulent au quotidien dans des voitures qui mélangent style et coolitude totale. Bref, ils ont le Blenheim Factor. Nous les rencontrons pour une interview embarquée.

Driver : Olivier R, journaliste. Voiture : Saab 900 Turbo 16S. Lieu : Paris

Ta première voiture ?

La toute première c’était une Fiat Fiorino. C’était un petit utilitaire. Je l’ai payée 5000F, c’était pas grand chose. C’était en 1987, à l’époque on ne trouvait que des voitures rouillées, des 2CV, des R5… Elle avait peu de kilomètres, juste 5 ans, et était en bon état. J’avais juste besoin d’une voiture pour partir en vacances avec des copains, on a installé des sièges à l’arrière, tout notre bordel, et voilà. Je l’ai revendue juste après les vacances, et ensuite j’ai eu une vieille 104. Une vraie vieille, la 4 portes sans hayon, en assez bon état, c’était la voiture de la grand-mère d’un copain…

Celle-ci tu l’as depuis combien de temps ?

Depuis 2005. Avant j’ai eu la même en noir, de 2000 à 2004.

Pourquoi la Saab 900 ?

C’était un peu un rêve d’adolescent. Je me souviens il y avait pas très loin de chez ma petite copine de l’époque, à Fontainebleau, un garage Saab, et je me suis dit que je voulais bien avoir cette voiture. Ça valait assez cher quand c’était neuf, dans les 250 000F je crois, ce qui était beaucoup d’argent pour une voiture finalement pas si équipée – même une Renault de l’époque était mieux dotée. Je me rappelle qu’elle avait battu des records de vitesse sur anneau à l’époque, ça me faisait fantasmer.

Donc un jour je prends un train à la Gare du Nord, je devais être en taxi, et je vois passer cette voiture avec une affichette « à vendre », sans prix. J’ai juste eu le temps de noter le numéro. Elle était à vendre pour pas grand chose, 12 000 francs je crois. Le type m’annonce le kilométrage, à l’époque je n’avais pas beaucoup de repères : il me dit 270 000 km, ça m’avait un peu refroidit… Elle roulait bien, je l’ai emmené à 320 000 km. Celle-ci a 328 000 km, je l’ai acheté à 260 000. et j’ai eu très peu de frais dessus…

Ce qui est drôle c’est que j’ai acheté celle là en me disant que je vais juste l’utiliser pour des petits trajets, pour le week-end – à l’époque je n’habitais par Paris, mais à Strasbourg – et finalement c’est une voiture avec laquelle j’ai fait de très long trajets. Le seul soucis c’est qu’elle n’a pas la clim, donc maintenant l’été je loue une bagnole.

La plus belle route que tu aies faite ?

Dans le haut-Var au dessus de Fayence. Entre St-Raphael et Fréjus il y a une sortie qui s’appelle Les Adrets sur l’autoroute, puis te montes. J’ai une autre voiture, qui a longtemps été là-bas, une Porsche 914. C’est un vrai régal sur ces routes super sinueuses, très étroites.

J’aime bien les parcours montagneux, en Suisse il y a de beaux parcours. Je suis parti de Nice avec une Golf de location, je suis remonté vers le Lac de Come, puis je suis passé en Suisse par le Passo dello Spluga à 2100m. C’est très beau, une route presque tout en lacet, avec des paysages lunaires. Je venais du lac, en short et t-shirt, et là les gens sont en polaires en plein moins d’aout…

Ton plus beau souvenir automobile ?

Je faisais pas mal de stop à une époque. Je me suis fait prendre en stop par un jeune type qui avait une Porsche décapotable, un peu barré. Il roulait à fond. Je suis parti rejoindre des potes qui étaient partis le matin même en vacances, et je suis arrivé avant eux. Une autre fois, dans le même genre, je me suis fait prendre à Cannes par deux nanas hyper bling-bling dans une SL des années 70. Deux bombes libanaises incroyables, couvertes de bijoux, et moi j’était à l’arrière avec mon sac à dos… Un souvenir assez drôle.

En conduite, là je viens de faire la route du Cap Nord en Audi RS3. Il y a des moments un peu deceptifs, parce que ce n’est pas si sauvage que ça. Mais il y a des parties magnifiques, la route des Fjord, la route des Trolls…

Ta prochaine voiture ?

Comme je viens d’acheter une ferme à la campagne, je pense que je vais y envoyer la Saab, et ramener la 914 ici. J’hésite pour un « vieux » break Audi A4 ou A6, pour faire les 450 bornes régulièrement… À un moment j’étais assez tenté par une Alfa 166, je trouve qu’elle a un petit côté Maserati Quattroporte.

Et si tu n’avais aucune limite ?

Il y a deux voitures que je regarde souvent en annonces. J’avoue qu’avoir une vieille Jaguar XJ – enfin pas trop vieille pour éviter tous les ennuis, une XJ40 – avec ce côté palace roulant, majestueux… La voiture ultime ce serait une Porsche 911. J’ai acheté une 912 à une époque, que j’avais trouvé en Bourgogne pour 9000 F, mais il y avait tout à refaire. J’étais un peu allumé, je ne me doutais pas… Je l’ai vite revendue un peu plus cher à Paris, puis j’ai acheté la 914, qui roulait bien… J’aime bien la 911, c’est une voiture hyper bien dessinée.

Interview et photos : Yan Alexandre