Troisième matin, troisième réveil des les Alpes. On commence à avoir les montagnes et leur routes sinueuses dans la peau. Tant mieux, car nous ne sommes qu’à la moitié de notre périple !

Un réveil plutôt matinal, Mr.Langchamps ne s’étant rendu compte qu’au matin qu’il avait passé la nuit avec une guêpe. Après quelques hurlements, tout le monde était debout (enfin, en théorie…). Notre première destination était l’Alpes d’Huez, non pas par la célèbre montée des 21 virages, plus mythique pour le cyclisme que pour l’automobile… C’est par la route de Villars-Reculas que nous avons affronté le montée pour un réveil bien bucolique. Cela n’aura pas suffit à tout le monde : à peine arrivés à la station, nous perdons l’Alfa 75 pendant un bon quart d’heure. Nos amis Suisses commencent bien leur périple…

Il n’était pas question de redescendre non plus par la route principale, nous avons donc opté pour l’incroyable route du Col de Sarenne pour la descente. Interdite au campings-cars, nous allons enfin avoir la paix ! Et pour cause, tous les 500m elle est barrés par des fossés destinées à l’écoulement des fontes de neige, pas très profonds, mais suffisamment abrupts pour nous obliger à les passer au pas. Tant pis, la route étroite, jonchée d’éboulis, et sans rail de sécurité, n’invite de toute façon pas particulièrement aux excès d’optimisme.

Passé le Col, on décide de s’arrêter pour profiter du paysage, absolument magnifique. La route ne reliant absolument aucun village, est un havre de paix quasi-désert, surplombant une vallée magnifique. La chaussée n’a pas du être retouchée depuis des décennies. Sans doute la route la plus “authentique” de cette Blenheim Coupe des Alpes !

L’aventure n’est pas finie, à peine arrivés sur la route principale, nous remontons au dessus de Gorges de l’Infernet par une autre route incroyable, et tout aussi déserte. Nous sommes à peut-être 500m au dessus des Gorges, que nous surplombant a flanc de falaises, un simple parapet nous protège d’une chute à l’issue fatale. De l’autre côté, la paroie rocheuse verticale, que l’on traverse régulièrement par d’étroits tunnels. Sublime. Trops concentrés on en oublie de prendre de photos. Tant pis pour vous…

Après un déjeuner pris – encore une fois – à Bourg d’Oisans, ayant un peu trop trainé en longueur, nous reprenons la route fatigués. Nous allons droit vers le Vercors, et traversons des paysages bien plus calmes : charmants vallons, peuplés de fermes et de villages. De temps en temps un pont suspendu, ou un autre dont le tablier est placé à plus de 100m du vide. Impressionnant.

Conciliabule, nous sommes loin de l’arrivée du jour, et la soirée approche. Que faire ? Tenter les 200 km qu’il nous reste à parcourir ? Faire des coupes dans les différentes boucles du jour ? Alasdair tranche : engoufrons nous dans le Vercors, tant qu’il nous reste de l’énergie, mais oublions la boucle qui devait nous emmener dans les Corniches du Drac, La Mure et Sapay. Fort bien.

Une fois le flan est de la Montagne de Lans en Vercors avalé (après avoir fait l’année dernière le versan ouest, cohérent), restait une sacrée surprise, autre morceau de choix de la journée : la montée vers Chamrousse. Pour la première fois, la route est absolument parfaite : large, très large, et à l’enrobé absolument lisse, sans la moindre pierre perdue. Et vide aussi de tout trafic. Mieux, la descente est absolument identique. Soit 40 km de délire mécanique, où l’on trajecte large et libère tous les chevaux,  y compris dans les épingles avalées dans d’interminables crissements de pneus. Dantesque ! Nous regrettons juste le manque de chevaux de la 1600 Ti et son état de fatigue avancée à ce stade de l’aventure : impossible désormais d’en tirer la quintessence, chaque changement de rapport se faisant dans le glissement de l’embrayage et chaque freinage dans l’appréhension d’un lâchage brutal… Mais elle roule, et bien encore ! Les 6 cylindres de l’Alfa et de la Z3 s’en donnent à coeur joie eux ! Tout comme la frêle MX-5 qui se joue des épingles avec la facilité déconcertante qu’on lui avait déjà découvert l’année dernière.

Puis d’Uriage jusqu’à Allevard c’est la longue traversée des villages de la Montagne de Belledonne. Beau mais lent. Et long. N’exagérons rien, personne ne boude son plaisir ! Station de ski “familliale”, le Collet d’Allevard est bien sur désert pour notre arrivée. Pas un restaurant, pas un distributeur d’argent, rien, juste notre chambre d’hôte. Un allez retour de 20 km pour casser la croute, en plein nuit ? C’est parti !

À suivre…

Texte : Yan Alexandre, photos : Yan Alexandre et Mr. Langchamps.