La
route défile dans la froide nuit creusoise. De violentes
bourrasques glacées emplissent l’habitacle de la TVR
de Paul. Le poste crache le fameux Crockett’s Theme. Ce dernier
est interrompu sporadiquement par l’échappement raclant
le sol au rythme des cahots, laissant deviner des gerbes d’étincelles
projetées sur nos suiveurs… Il est heureux que la pluie
nous ait accordé un instant de répit, le temps du
trajet ralliant le lieu-dit des Puids à notre gîte
châtelain.

     
   
     
   

Comment
éviter le poncif usé jusqu’à la moelle
du roadster anglais fonçant dans la pluie, alors que de pluie
il a été question durant tout ce week-end de mars
où les Blenheim Gangers se sont réunis autour d’un
circuit. Et quel circuit ! Surnommé parfois le Brands Hatch
français, il est considéré comme un des plus
beaux du monde, bien que perdu au fin fond de la campagne française,
le fameux Mas du Clos.
Le premier a souffrir de la pluie fut ce bon Dr Vassim, a.k.a. «
the Professor », bien décidé a attendre une
accalmie pour démontrer aux nombreuses Subarus (plus vraiment
« stock ») présentes, ce qu’une 911 GT3
rondement menée a dans le ventre. Las, il rongea son frein
en démontrant à nouveau son altruisme proverbial en
dispensant moult conseils de pilotages aux pistards en herbes présents.

     
   
     
    A
commencer par Pete, qui étrennait pour l’occasion sa
virginale Mini Cooper S JCW. Reste à savoir si les conseils
du professeur sont bien passés tant notre débonnaire
ami prêtait peu attention au placement de ses mains sur le volant,
tout absorbé qu’il était à l’écoute
du dernier « Chill of Colette ». Il en résulte
une conduite coulée et plutôt agréable, à
condition de n’accorder que dédain aux monstres limant
sauvagement la piste à nos cotés. Il semblerait néanmoins
que Pete se soit imprégné avec une enthousiasme déconcertant
des us et coutumes des amateurs de roquettes nipponnes. Nous l’avons
vu repartir affublé d’un bonnet rouges à cornes
déclamant qu’ ici «ça suintait grave et
qu’il nous riderait tous la corolle »… Nous rassurons
sa maman, il va mieux depuis.
Etaient aussi présents Teddy Remison, délaissant malheureusement
sa légendaire BX sport au profit de son rutilant coupé
Fiat. Lui n’était pas la pour amuser la galerie. Tout
comme Roman Coverhead qui doit encore avoir quelques gravillons dissimulés
dans la boite à gants de sa MX-5.
Quant aux « piétons », citons la présence
de Lawrence Wolf, contraint par la météo d’abandonner
l’idée d’arpenter la route au guidon de sa rutilante
moto. Oliver quant à lui fit tout pour se démarquer,
avec son casque vintage, dont la décoration associait subtilement
le tartan à la Jacky Stewart aux stickers Pif Gadget. Cette
ambivalence est un admirable reflet de sa personnalité complexe.
     
 
   
 

Profitons
d’une accalmie pour monter avec Vassim pour un tour de piste.
Le Mas du Clos a cela de phénoménal qu’il est
extrêmement vallonné. Les virages s’enchaînent
en montée ou en descente et l’on ne sait parfois ou
cela va se finir… Sans compter la fameuse épingle «
du restaurant » qui se prend assez large, avec pour seul dégagement…le
mur du dit restaurant…impressionnant, surtout à la
vitesse à laquelle il s’approche quand on est assis
dans la GT3. Assurément un des circuits où le plaisir
est le plus grand que l’on soit derrière le volant
ou dans le baquets du passager! A noter que les Subaru et autres
Rally Specials japonaises, si arrogantes sur piste détrempée,
incarnaient à merveille le rôle chicanes mobiles à
l’approche du missile germanique retrouvant toute sa suprématie
sur le bitume asseché.

Il
serait impensable de conclure sans souligner l’excellence
qui caractérisait le domaine de maître où nous
avons établi résidence l’espace d’une
nuit, sur l’initiative avisée de ce cher Lawrence.
Il y régnait un confort de haut niveau et un raffinement
de bon aloi au sein d’une nature préservée,
offrant une sérénité de rigueur aux gentlemen
drivers du Blenheim Gang. Ces derniers n’ont décidément
pas fini d’écumer les circuits d’Europe à
bord de leur assortiment hétéroclite de bolides de
qualité, dans l’esprit de convivialité chevaleresque
qui a marqué cette visite du Mas du Clos.

     
 
   
   
   
  www.mas-du-clos.com
les
virages commentés
  texte
et photos : Ian Alexander