Ferrari
“Private Days”
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Vendredi
11 juillet, 7h du mat’. Je tourne la clé et la
mx5 démarre…J’ai encore les yeux mi-clos,
ma nuit de sommeil a été courte. Je prends la
route direction Tours ou je dois retrouver un certain Ian
Alexander ainsi que deux de ses amis. Aujourd’hui est
en effet une journée différente des autres…nous
avons rendez-vous avec Vassim au circuit automobile du Val
de Vienne pour un essai passager de la fameuse Porsche 911
GT3 !

Je
« cruise » tranquillement, le sourire aux lèvres,
par un temps magnifique, oubliant les quelques 250 kilomètres
qui me séparent de Vassim et de sa monture. Ainsi je
retrouve comme prévu Ian a la sortie de Tours, et en
tant que membres du Blenheim Gang, le courant passe très
vite entre nous. Nous voilà partis pour le circuit
du Vigeant.

Après
3 heures de voiture à travers la campagne, nous arrivons
au circuit, perdu au milieu de nulle part. Surprise : nous
ne sommes pas seuls ce jour la au Val de Vienne…un «
petit » rassemblement d’une vingtaine de Ferrari
a pris d’assaut la piste, agrémenté de
quelques modèles exotiques tels qu’une Lamborghini
Diablo VT roadster, une Venturi Atlantique Cup et même
une Donkervoort à moteur Cosworth turbo. Bref, du beau
monde s’est donné rendez-vous, pour notre plus
grand plaisir.

Malgré
la présence d’une rarissime Ferrari Enzo, mon
attention est ailleurs…ELLE est là, tapie au
fond de son box, prête à bondir sur la piste,
celle dont on parle tant et qui allait me téléporter,
l’espace de quelques tours, dans une autre dimension…celle
de la sportivité a l’état pur, et quoi
de mieux qu’une Porsche 911 GT3 pour l’évoquer
? Mais la canicule de ce vendredi n’arrange pas les
pilotes présents : les pneus s’usent à
une vitesse vertigineuse, les mécaniques souffrent
et la chaleur est accablante.
« Il va falloir attendre que la température baisse
avant de vous emmener sur la piste » nous prévient
prudemment Vassim. Pas d’importance, le plateau du moment
va nous offrir de quoi alimenter notre attente…

Parmi
les Italiennes présentes, celle sur qui tous les regards
se posent est bien sevidémment la Ferrari Enzo. Magique,
irréelle, tel un mirage elle apparaît sous nos
yeux dans un grondement sourd, presque discret, cachant bien
les quelques 660 étalons de son V12 ; moment vraiment
extraordinaire ! Puis les nombreuses Ferrari F40 tournant
ce jour la sur l’asphalte, font le spectacle : échappement
libéré, le bruit est monstrueux, bien plus impressionnant
que sur l’Enzo, et chaque changement de rapport se solde
par une superbe flamme aux sorties d’échappement,
rendant la F40 encore plus intimidante ! Notre chemin croisera
également dans les stands la route d’une F355
Challenge vraiment radicale, sans parler d’une 360 Modena
Spider ni meme d’innombrables F355 F1…

La
promenade s’arrête net quand Vassim m’ invite,
enfin, à prendre place dans son bolide. Le casque bien
arrimé sur la tête, je prend place dans l’habitacle.
Première impression : les sièges baquets sont
impressionnants, tant par leur aspect que par leur maintien,
ce qui présage du meilleur…Le Flat 6 se met en
marche, sonorité sportive et virile, et c’est
à ce moment que l’on a le cœur qui commence
à s’affoler et que l’on comprend à
quoi cette voiture est destinée ! Vassim démarre
calmement, le temps de prendre le pitlane puis la, c’est
l’avalanche de puissance ! Collé au fond du siège,
je m’attend au pire pour la suite… Les accélérations
sont foudroyantes, les 381 chevaux sont bien là, sans
aucun doute possible, et le rugissement du moteur le confirme
! Je n’avais encore jamais ressenti une telle puissance
dans les accélérations mais la 911 me cachait
encore une surprise de taille : le freinage est tout simplement
démoniaque et vous plaque contre la ceinture ! Les
freins carbones Porsches montrent ici leur inégalable
efficacité. Vraiment impressionnant ! La GT3 saute,
telle une gazelle, de virage en virage « mangeant »
au passage une « modeste » Diablo, sans aucune
dérobade du train arrière, la maîtrise
du pilote et les pneus semi-slick y sont certainement pour
quelque chose. Le Val de Vienne étant un circuit assez
technique et relativement court, nous n’atteindrons
« que » 200 km/h en bout de ligne droite mais
la force de la GT3 est ailleurs…

La Porsche
rentre aux stands après quelques tours, laissant aux
pneus un peu de répit, ainsi qu’au pilote, qui
le mérite bien. Les oreilles encore bourdonnantes,
je cède ma place au prochain chanceux. Ce fut 4 tours
de folie mais aussi 4 tours de bonheur intense mais éphémère,
sans comparaison avec ce que j’avais connu jusqu’alors,
bien loin de mon essai de la Lotus Elise. « C’est
un autre monde »…
Aujourd’hui encore je me souviens du premier mot sortant
de ma bouche quand j’ai retiré mon casque, tel
un gosse ébahi : « FANTASTIQUE ! »

 
www.circuit-valdevienne.com
texte
: Roman Coverhead, photos : Ian Alexander