Une fois n’est pas coutume, nous vous emmenons sur une route non goudronnées. Le Col de St-Jurs est un des rares cols des Alpes à pouvoir être emprunté de part en part par une voiture de tourisme, sans voir pendant une quinzaine de kilomètres le moindre bout d’asphalte.

Certes, il n’est pas très haut, et il est très au sud des Alpes – on est encore en pleine Provence, mais lors de la première édition de la Blenheim Coupe des Alpes, il a marqué notre entrée dans les Alpes : avant lui le paysage est plat et – à la bonne saison – couvert du violet des champs de lavande, après il n’est plus question que de parois rocheuses.

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Poser ses roues sur la caillasse est toujours une expérience curieuse en voiture, surtout lorsque l’on n’est pas au volant d’un tout-terrain. Nous avions décidé de l’emprunter pour tenter de comprendre quelles étaient les conditions des grand rallyes alpins des années 1950 ou 60, un époque où l’asphalte se faisait encore très rare dans les montagnes. Las, les conditions ont bien changées : aujourd’hui ces pistes ne sont guère plus empruntés que par de lourds 4×4 qui ravinent la route à chacun de leur passage. Fini la piste plate et rapide : caillouteux, le Col de St-Jurs est par endroit piégeur – du moins en Mazda MX-5 – et plus d’une fois nous nous sommes demandés s’il ne valait pas mieux faire demi-tout. Situation de plus en plus stressante alors que les kilomètres défilent lentement : navigant entre 15 et 40 km/h il nous aura fallu 45 minutes pour venir à bout des 15 km de la partie non asphaltée.

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Alors pourquoi vous conseiller pareil calvaire ? Pour deux raisons. La première : l’aventure. On ressent rarement cette sensation d’être seul au monde, au milieu de nulle part, en Europe. Ceux qui ont traversé les grandes étendues des déserts africains ou américains la connaissent, mais pour un automobiliste qui ne souhaite pas quitter nos frontières, c’est assez inédit. Nous n’avons croisé personne durant ces 45 minutes. Ni 4×4, ni randonneur, ni cycliste. Le tout au beau milieu de paysages sublimes, ce qui ne gâche rien.

La seconde, parce-que parti de St-Jurs en direction du Point Sublime, nous avons ensuite rencontré, après les 15 km de piste, un surprenant ruban d’asphalte. Un patchwork de goudron serait un terme plus approprié. Étroit, bosselé, sinueux, il a tout d’une éprouvante spéciale de rallye. Cerise sur le gâteau, puisque personne ne monte au col, il n’y de l’autre côté pas grand monde non plus, et les paysages sont tout aussi bouleversants.

Le meilleur est pour la fin : une auberge vous attend à l’arrivée, et, devant vous, le Point Sublime. Y a t-il meilleur endroit pour se reposer de toutes vos émotions ?

Comment vous y rendre ?

Cette route est plus intéressante en venant de l’ouest, par le village de St-Jurs. C’est une porte d’entrée intéressante pour les Alpes, en venant d’Aix-en-Provence et Manosque. On peut aisément la poursuivre par la route des Crêtes du Verdon, distante de quelques kilomètres seulement du Point Sublime.

La voiture parfaite : Subaru Forester STI

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N’importe quelle voiture non surbaissée peut l’emprunter, mais il faudra se montrer patient dans quelques passages – et les conditions peuvent changer d’un jour à l’autre. Pour ne pas avoir à s’en faire, un véhicule rehaussé est l’idéal, à condition qu’il soit suffisamment sportif pour se régaler dans la section asphaltée. L’arme fatale ? La Subaru Forester STI, redoutable break de franchissement, doté du moteur et des trains roulants de la plus sportive des Subaru Impreza. Seulement 70 kg de plus que la berline préféré des amateurs de rallyes, 4 roues motrices, et 265 ch sous le capot. Cela devrait faire l’affaire.

Bonus : Subaru Forester STI by 5th Gear

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