Deux ans après le lancement de la DS3, la gamme luxueuse de Citroën, à l’appellation parfois controversée, se développe enfin avec l’apparition de deux nouveaux véhicules. Avant de pouvoir essayer la très prometteuse DS5, une de nes autos préférées du dernier salon de Francfort, nous nous intéressons au cas délicat de sa nouvelle petite sœur : la DS4.
Oublions le discours marketing de la marque, bien servi par une excellente publicité télévisée. Non, la DS4 n’est pas le “coupé-crossover” que l’on tente de nous vendre. Nous savons bien compter, 5 portes font une berline, pas un coupé, et un rehaussement de 3 cm n’en font pas un crossover pour autant – si tant est que l’on cède à l’utilisation de ce mot bien trop galvaudé ces dernières années. Bref, la DS4 est une compacte surélevée. Point à la ligne.
Une Golf sur des échasses, en substance.
Curiosité, ses portières arrières tentent de se fondre dans sa carrosserie, en utilisant quelques procédés connus – la poignée masquée dans la fausse vitre de custode – et d’autres pour le moins étrangse – la custode fixée à la portière, se déployant avec tout le cerclage chromée lors de l’ouverure de la portière, créant un porte-à-faux incisif bien décidé à éborgner piétons et cyclistes. Pour couronner le tout les vitre arrières sont fixes, et l’on a beau nous donner plein de raisons plus ou moins abracadabrantes pour cela, on a beaucoup de mal à penser qu’il ne s’agisse d’autre chose qu’une pingrerie mélangée à une erreur de conception. Pour rappel, une compacte 5 portes avec des portes arrières mal foutues ne font pas un coupé, ni une voiture conceptuelle, mais bien une compacte 5 portes mal foutue. Il n’y a pas d’autre solution à cette équation.
Heureusement pour elle la DS4 cache une arme secrète radicale : son habitacle, du moins aux places avant. À condition de choisir l’option cuir intégral, si possible dans cette couleur brun clair très inspiré par celle des sièges de la SM présidentielle (véridique). Les designers de la DS4 ont réussi à composer une ambiance unique, bien loin du bling-bling de la DS3, qui pourrait définir – enfin – une vision de luxe à la française, très éloignée de la froideur rigoureuse allemande, du moderne-baroque anglais ou du chic clinquant italien. Etonnant, d’autant plus que la plupart des composants proviennent pourtant de laC4 bien roturière. Du joli travail, rien à dire.
Reste un détail troublant. Citroën affiche des prévisions de vente pour 2012 identiques pour la DS4 et la DS5. Qu’une compacte forcement mainstream se vende autant qu’un haut-de-gamme décalé (un break monospace rabaissé, rappelons le), et donc confidentiel, ça peut soit vouloir dire que la première est ratée, soit que la seconde est une franche réussite… ou , plus probablement, que ces deux affirmations sont vraies !
Passé l’intérêt limité du faux concept coupé-coach-golf-surélevée, et la troublante ressemblance de la face avant avec celle de la C4, on reconnaît quelques traits de styles réussis dans la partie arrière, notamment dans la courbure du hayon. Bonus d’un twiggs pour l’intérieur, sans doute le plus beau de sa catégorie (faites abstraction du volant un peu trop massif).
Un 4 cylindres turbo 1,6 de 200 ch, sur le papier ça parle. Et pourtant, en vrai, même si les performances sont confortables, et que l’on roule bien vite, il ne se passe pas grand chose de renversant. Pas Hot Hatch pour un sou.
Même remarque que ci-dessus, même s’il n’y a foncièrement aucun défaut à relever. La position a peine surélevée permet surtout de s’asseoir dans la voiture, et de ne pas tomber dans le fauteuil : à la conduite, cela reste sensiblement identique à ce qu’on attend d’une compacte, et non pas d’un “crossover”.
Une française un peu décalée à toute les chance de trouver quelques intéressés en France, un jour. Mais là il faudra tout de même être tordu. Ou abonné à un magazine français de voitures anciennes. Ce qui revient au même, non ?
Pour les Blenheim Girls, un peu moins intéressés que nous aux subtilités du marketing automobile, ce “coupé” reste une C4 deluxe. Avec 5 portes pas pratiques. Franchement, c’est pas gagné.
La DS4 fait partie de cette vague de voitures qui répondent à des questions que personne ne s”est posée. Problème, elle n’apporte pas de vraie réponse non plus. À trop prendre le parti-pris du compromis, elle ne nous convainct pas vraiment. Vivement la DS5 !
Texte et photos : Yan Alexandre









Les commentaires
Vous êtes un peu sévères je trouve, après en avoir vue quelques unes, je la trouve pas mal. Il n’est vraiment pas renversant ce THP 200 ch ?
Comme avec beaucoup de voitures contemporaines, ce moteur est puissant performant, mais sans âme.
Disons que l’on est surtout sévère parce que cette voiture est sur-vendue…
Sur le point des moteurs sans âme je vous rejoins, rien ne vaut une bonne vieille muscle car américaine !
Une DS sans hydraulique, ça reste un sacrilège aussi grave que l’écoute de Dark Side Of The Moon en lecture aléatoire.
Ne tolérons pas l’intolérable.
Sincèrement, j’ai du mal à cerner la philosophie des nouvelles DS. Autant le style de la DS originale est épurée, autant je trouve ces DS3/4 surchargées esthétiquement, non mais regardez-moi ces par-chocs… Ils sont constitués de 13.546 pièces, de chrome par ci, de noir laqué par là, de ligne par ci… beurk.
Elles ne méritent pas la dénomination “DS”. Mais plutôt BX3000.
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