Présentée au salon de Francfort 1961, et officiellement produite à partir de l’été 1962, la BMW Neue Klasse est celle qui a fait rentrer le constructeur bavarois dans la modernité, il y a tout juste 50 ans. Vous connaissez tous l’histoire : depuis la seconde guerre mondiale la gamme BMW des plus hétéroclites n’est pas un franc succès et les finances vont au plus mal. Au point même que la firme manque de peu de se faire racheter par Mercedes-Benz en 1959. Puis apparaît la 1500, une berline moderne aux qualités routières exceptionnelles. Les BMW modernes lui doivent tout, notamment niveau style. Le Blenheim Gang vous explique pourquoi.
Le profil BMW
C’est un profil très spécifique qui donne l’impression de dynamisme propre à toutes les BMW depuis la Neue Klasse. Son secret ? Un empattement important, un port-à-faux aussi court à l’avant que long à l’arrière, et un habitacle reculé, semblant posé sur le train arrière. Le tout souligné par une ligne de caisse horizontale qui traverse entièrement la voiture, depuis les phares jusqu’au feux arrières. L’auto semble ainsi en accélération, même à l’arrêt : c’est ce je-ne-sais-quoi qui donne à cette berline d’apparence conventionnelle un aspect sportif.
Le sharknose
Initiée sur la petite BMW 700, l’avant en angle inversé prend toute sa mesure sur la Neue Klasse, dessinée par Wilhelm Hoffmeister, sur une idée de Giovanni Michelotti. Avec sa large calandre horizontale ornée du double-haricot, et ses phares rond elle deviendra le signe distinctif permettant de reconnaître une BMW du premier coup d’œil dans son rétroviseur. Ce masque agressif évoluera jusqu’au début des années 90 avec pour seul changement majeur le passage aux doubles optiques dans le courant des années 70. La BMW Série 3 E36 marquera l’abandon du sharknose avec une face avant plus conventionnelle, et des feux certes ronds mais regroupés derrière une vitre rectangulaire. Après l’ère de “déconstruction” chère à Chris Bangle, le nouveau patron du style, Adrian Von Hooydonk est revenu à une discrète – mais indispensable – calandre à angle négatif. Et si les phares prennent maintenant toutes les formes imaginables, un rappel aux optiques rondes est toujours présent, sous la forme de feux de jours circulaires.
Le double haricot
Calandre distinctive de BMW, le double haricot est apparu pour la première fois sur la 303 en 1933. Elle a failli disparaître sur la 1500 : le dessin originel de Michelotti n’en portait pas trace, et il fallu tout l’insistance du directoire de BMW pour qu’elle y retrouve sa place. Simple ornement décoratif pendant des décennies, le double haricot redeviendra l’unique élément de calandre au début des années 90 avec l’E36, marquant la fin de la calandre horizontale qui aura perduré durant 30 ans.
Le Hofmeister kink
Bien qu’il apparut pour la première fois sur le coupé 3200 CS, dû à Bertone et présenté le même jour que la 1500 à Francfort, l’histoire à donné le nom du designer BMW à la forme si caractéristique du montant de custode des BMW. À la base de celui-ci, au niveau de la vitre arrière, il ne rejoint pas la ligne de caisse par un arrondi classique, mais par un brutal coude formant un angle prononcé avec le reste du pilier C (ou D pour le breaks). Ce trait marquant – souvent copié sur les berlines tentant d’imiter le style dynamique BMW – n’est pourtant pas un simple caprice de styliste : il a été rendu nécessaire par la conception monocoque de la carrosserie, nécessitant un renforcement à la base du pilier de custode. Depuis, toutes les BMW ont repris ce détail.
Les feux arrières
C’est sans doute le détail qui n’aura pas fait date sur la Neue Klasse. Il faudra de nombreux tâtonnements avant de trouver une forme distinctive : trapézoïdaux sur la 1500, ronds sur la série 02, il deviendront rectangulaires dans les années 80, s’allongeront dans les années 90, avant de se raccourcir de nouveau par la suite. Aujourd’hui les BMW ont adopté la forme en L allongée, initiée par la Série 5 E34 de 1988. Par contre le masque arrière a très longtemps repris le principe de celui de la Neue Klasse : des surfaces simples, orthogonales, avec une partie centrale en renfoncement.
L’habitacle
Là encore les choses vont bien changer. L’habitacle de la 1500 est encore très ancrée dans les années 50 avec son volant intégrant un cerceau de klaxon, et les larges compteurs plantés dans un bandeau métallique reprenant les couleurs extérieures. Il faudra attendre la 1600-2 pour trouver la sobriété très germanique d’un habitacle entièrement teint en noir, et la Série 5 E12 de 1972 pour voir apparaître la console centrale orientée vers le conducteur, toujours employée dans les BMW. Il fallait bien laisser aux autres modèles quelque détails à inventer !
Texte : Yan Alexandre, photos : BMW










[…] nous vous expliquons pourquoi la BMW Neue Classe a révolutionné le style BMW. Aujourd’hui nous vous montrons comment avoir du style à son […]
Hofmeister Knick, pas kink (et en majuscule). Sinon très bon article, beau et instructif comme d’habitude.
Vous avez raison. Nous avons la mauvaise habitude de tout traduire an anglais, que voulez vous ! (à noter que c’est une erreur que nous partageons avec Adrian Van Hooydonk, si ça peut nous disculper)
Excellent article! Par coincidence, j’ai acheté un Coupé Neue Klasse, plus particulièrement une 2000 CS de 1968, ce weekend. D’ailleurs, si je peux me permettre, la consôle centrale, inclinée vers le conducteur, a été introduite sur la série 3 E21 de 1975. La Série 5 E12, avait bel et bien une consôle centrale, mais elle n’était pas inclinée vers le conducteur.
Bonjour,
Excellent document, moi qui une BMW que depuis un an, je vous remercie de m’avoir informé sur les débuts florissants de la marque et de son ascension brillante.
Si je peux me permettre : vous avez raison d’indiquer que cet habitacle vaut celui des années 50 : mais je constate que mon père qui la même annnée avait acheté une taunus 17m super possédait un intérieur du même genre aini si que l’opel record 1962.
merci pour cet article
cordialement