Au milieu des années 70, probablement motivé par le succès inattendu de la Citroën Méhari, Pininfarina se mit en quête de concevoir un véhicule léger et multi-usages, sur la base d’une mécanique Fiat. Le résultat en fût l’Autobianchi A112 Giovani, révélée lors du salon de Genève de 1973.

Comme son nom le suggère – giovani peut se traduire par “jeune” – l’auto ciblait en premier lieu les attentes d’une clientèle jeune. Il fallait donc un véhicule ludique et économique à l’usage, capable d’assurer les trajets du quotidien tout comme l’escapade en bord de mer le week-end. Pininfarina prît donc pour base le châssis de l’Autobianch A112, une petite traction plutôt bon marché, commercialisée un peu partout en Europe depuis 1969. Il s’agissait aussi de l’une des meilleures ventes du groupe Fiat, gage d’une banque de pièces abondantes et abordables.

Le dessin proposé par les équipes du carrossier turinois est résolument cubique, avec une ceinture de caisse assez haute, des arches de roues prononcées, et un arceau directement intégré au pilier-B. Le tout pour seulement 3,32 mètres de long. Entre autres caractéristiques singulières, on notera les pare-chocs affleurants en plastique (une touche futuriste au début des années 70), la calandre découpée à la forme du logo de la marque et bien sûr le toit amovible. La silhouette de la Giovani est novatrice pour son époque, et elle évoque – à bien des égards – des voitures qui ne sortiront qu’une décennie plus tard.

Afin de limiter les coûts de production, Pininfarina entreprit de fabriquer l’intégralité de la caisse de l’A112 Giovani en fibres de verre. L’auto ne fut pas non plus dotée d’ouvrant pour le coffre, celui-ci n’étant accessible que par l’habitacle.

L’approche minimaliste se poursuit à l’intérieur, où le volant à trois branches et les cinq compteurs ronds proviennent directement d’une A112 classique. Les deux sièges, quant à eux, sont constitués d’une structure métallique recouverte d’un plastique semi-rigide – comme on peut le trouver couramment sur les bateaux. Ce revêtement sera également utilisé sur la partie basse de la planche de bord.

Pininfarina avait la ferme intention de produire la Giovani, et s’attela donc à rendre le prototype présenté parfaitement fonctionnel. Logé en position transversale, le 4 cylindres de 982 cm3 prélevé sur l’A112 Abarth transmet ses 58 ch (et 7,5 mkg de couple) aux roues avant par l’intermédiaire d’une boite de vitesses à 4 rapports. Les performances ne furent jamais annoncées, mais on peut supposer qu’elles étaient relativement vigoureuses en raison du poids réduit (660 kilos).

L’A112 Giovani reçut à Genève, que ce soit de la part du public ou de la presse, un accueil très favorable. Pourtant, et ce pour des raisons qui demeurent inconnues, le projet de Pininfarina restera à l’état de show car. L’unique exemplaire produit a pour sa part survécu, et fait désormais partie d’une collection privée à Milan.

Article initialement publié en anglais par notre partenaire, Ran When Parked.