Il y a 40 ans, Citroën décida de commercialiser un hélicoptère à moteur rotatif. Oui, oui.

Lorsque Citroën réalise que sa joint-venture réalisée avec NSU pour assembler des moteurs rotatifs, Comotor, serait un échec, le mal était déjà fait. Le constructeur français avait dépensé une somme colossale, et un temps inestimable à essayer de développer le Wankel. Si Citroën avait conçu un moteur à simple rotor, installé sur le coupé expérimental M35, et un double rotor qui motorisait la GS Birotor ; la marque n’a jamais réussi à régler les problèmes inhérents à cette mécanique, à commencer par une consommation en carburant intolérable.

citroen-re-2-3

Dans un dernier effort pour tenter de rendre les moteurs Comotor rentables, Citroën décida de se diversifier et alloua un budget à la création d’un aéronef. Au début du projet, l’entreprise considéra deux possibilités : la première, appelée RE-1 en interne, était un autogire, mi-avion léger, mi-hélicoptère ; la seconde, RE-2, un hélicoptère léger.

citroen-re-2-7

Après des mois de recherche, la direction de Citroën décida d’opter pour le RE-2 et recruta Charles Marchetti, un ingénieur reconnu, qui fut responsable de la conception de l’hélicoptère Alouette. D’après le livre publié par Xavier Massé, le fuselage du RE-2 mesurait 7,18 m de long, et l’hélicoptère avait une hauteur de 2,59 m et un poids 700 kg.

citroen-re-2-5

Le moteur du RE-2 était une évolution du Comotor 624 que l’on trouvait sous le capot de la malheureuse GS Birotor, mais équipé de rotors plus larges, et ses carburateurs Solex furent remplacés par une injection d’essence conçue par Citroën. Il propulsait l’hélicoptère à une vitesse de croisière de 173 km/h et lui permettait de monter jusqu’à 3 500 m d’altitude.

citroen-re-2-2

Alors que le projet avançait, Citroën réalisa qu’il avait oublié un point essentiel : la marque ne disposait pas de pilote d’essai qualifié pour ce genre d’appareil. Dominique Gilles fut recruté à la dernière minute, et le premier vol du RE-2 put avoir lieu le 24 décembre 1975. Gilles se souviendra plus tard que ce jour-là, les portes de l’appareil furent retirées au cas où il ait à sauter par-dessus bord…

citroen-re-2-6

Gilles n’a pas eu à en arriver là, et le RE-2 réalisé son baptême de l’air sans aucun problème notable. Citroën avait néanmoins besoin d’obtenir une certification officielle avant de pouvoir légalement commercialiser son hélicoptère au grand public. Durant le rigoureux procédé d’homologation, les inspecteurs réalisèrent que le moteur Comotor avait tendance à surchauffer à hauts régimes, un problème qui contraint Citroën à renvoyer le RE-2 sur la planche à dessin.

citroen-re-2-65

Pendant ce temps, le constructeur changea de main, et se retrouva intégré au nouveau groupe PSA Peugeot-Citroën. Pour Peugeot, il y avait d’autres urgences à traiter que d’essayer d’adapter un hélicoptère à moteur Wankel au marché, et rien ne fut fait pour encourager le projet.

Voir la vidéo originale

Après de nombreuses heures de travail supplémentaires en développement et quelques autres vols d’essai, le RE-2 obtint un permis opérationnel de six mois, le 14 juin 1977. D’autres vols d’essai eurent lieu par la suite, mais il n’obtint jamais la certification tant espérée.

citroen-re-2-4

Le 5 mai 1979, Peugeot finit par ordonner à Citroën d’arrêter immédiatement le projet RE-2. L’hélicoptère fut stocké au musée du constructeur après un total de seulement 58 h de vol. Citroën interrompit toutes ses recherches liées au moteur Wankel la même année. C’était la fin d’une des dernières grandes aventures du constructeur.

CITROEN-RE-2-1

Partagez cette page

0