Le début de la seconde moitié des années 90 marque, dans l’automobile, le grand retour du style. Enterrées, les voitures indigentes aux lignes carrées des rationnelles années 80, et les auto-bulles du biodesign. Le réveil des designers a été particulièrement spectaculaire au sein du groupe Ford, qui présenta au salon de Detroit 1996 la Lincoln Sentinel.

Un an après la GT90, le groupe Ford donne une suite à son style New Edge, qu’il considère encore comme expérimental. Pour rappel, celui-ci n’a jamais été un langage de style figé dans le marbre, mais plus un terrain de jeu basé sur l’utilisation de courbes à grand rayon, d’angles vifs et de surfaces lisses.

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Comme tous les constructeurs d’Outre-Atlantique, Lincoln peine à cette époque à sortir de l’imagerie baroque des années 70-80, avec des voitures devenues d’insipides ersatz d’un âge d’or après lequel les Américains ne cessent de courir. Et puisque la tentation d’européaniser et de japoniser les productions locales n’a abouti qu’à des échecs, le Groupe Ford va revenir aux sources en ressuscitant ses modèles mythiques dans une longue série des véhicules néo-rétro, qu’ils soient de salon ou de route.

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La Sentinel fait partie de ce mouvement. Oublié, l’infâme cabriolet L2K concept de Détroit 1995, plus proche d’une otarie gélatineuse mauve que d’une vraie voiture. En rendant un hommage appuyé à la Continental ’61, réinterprétée avec des lignes ultra-contemporaines, Lincoln sait qu’il va créer l’événement, réanimer les passions pour les voitures américaines, et rappeler aux constructeurs européens et asiatiques que Détroit reste une place-forte de l’industrie automobile.

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