Le Blenheim Carb Defrost Run, c’était il y a quelques semaines, et pour les plus distraits il est encore temps de visionner la video qu’en a réalisé George Sinclair. Pour les autres, voici le récit en images de quelques-uns des moments clés de cette escapade hivernale.
Les préparatifs commencent : ceux qui ont des pneus cloutés les montent, les autres observent dans le froid. L’équipage de la Celica s’active, tandis que celui de la BX Sport cherche en vain des boulons plus courts. Pendant ce temps, la Fiesta et ses occupants viennent tout juste de passer Beaune. Au bout de 30 minutes à s’engourdir les doigts dans le vent glacial, les tâches restantes sont reportées au lendemain matin, avant le départ.
Le même parking, quelques heures plus tard. Le soleil se lève à peine sur la pré-grille. Chaque équipage y va de sa tournée d’inspection : sa propre voiture d’abord, puis celle des autres, le tout dans l’odeur caractéristique de la carburation riche. Quelques kilomètres plus loin, nous voilà parkés roadbook en main, à attendre notre créneau de départ.
A peine une heure sur la route et voici la première difficulté qui s’annonce. Le roadbook indique une bifurcation à droite, sans doute vers un chemin forestier. Ca c’est pour la théorie, car en pratique on ne distingue qu’une travée entre les arbres recouverte par une épaisse couche de neige. Les traces indiquent que d’autres viennent de s’y engouffrer. En quelques minutes les chaines sont en place comme en atteste le boucan infernal qu’elles propagent dans l’habitacle. Dehors, la neige efface tout sur plusieurs kilomètres : le bruit et parfois le chemin.
Les chaines ont repris leur place dans le coffre, et le second passage sur route enneigé nous a obligés à revoir notre itinéraire. Par ici la mention « route barrée » s’entend au sens littéral, avec pour conséquence un demi-tour et un conciliabule autour de l’atlas.
Un muret de neige formé entre deux routes se transforme en épreuve de franchissement. De l’autre côté de l’obstacle, une nationale qui nous reconduit au pied des plateaux comme un skieur au pied des pistes, panoramas compris.
Notre équipage navigue entre les pistes de ski de fond, sur une route aussi déserte que verglacée. Une situation propice aux dérives, y compris dans le suivi du roadbook.
Stupéfaits d’avoir franchi le poste frontière sans même qu’un douanier nous lance un regard, nous nous perdons de nouveau. A l’heure ou la nuit tombe, nous fermons la marche.
Une pente raide et enneigé, en bas 6 voitures et en haut la victoire, pour celui qui ira le plus loin. Cette montée de l’impossible sera l’occasion de révéler les différences de style : pour certains un singe dans le coffre, pour d’autres l’ascension en crabe, ou plus prosaïquement écraser l’accélérateur avec insistance en espérant que ça passe.
Agaillardis par nos précédents exploits, le final de notre équipée dans le Jura se devait d’être spectaculaire : Gravir le Mont d’Or par ce qui semble être le chemin le plus enneigé qui soit. Et ce sans même avoir eu le temps de passer les chaînes. Une tentative qui si ce n’était pour une perte de vitesse – et fatalement d’adhérence – à mi-parcours était bien partie pour devenir une prouesse.
L’heure est venue pour quelques dernières vérifications avant un long trajet autoroutier. Les clous biens usées reprennent place dans le coffre. C’est ici que nos chemins se séparent, jusqu’à la prochaine manche.
