« C’est vendredi et vous en avez assez – assez de la ville, assez du travail, assez des gens. Vous avez besoin de vous mettre au vert, mais êtes coincés depuis une demi-heure dans les embouteillages. Votre décision est prise : vous mettez les voiles. Direction la première sortie pour passer un coup de fil et se renseigner sur la météo.
Une heure plus tard, vous voici en route avec votre copine à vos côtés. Tout ce dont vous avez besoin pour un week-end de rêve est déjà embarqué dans la voiture que vous conduisez. Un rêve ? Une réalité que les designers de Toyota ont exploré ».
Penthouse, 1973.
Ci-dessus : le fameux article de Penthouse.
Cela n’arrive pas souvent qu’un constructeur comme Toyota assure la promotion d’un de ses concept-cars dans le magazine Penthouse. Les années 1970 étaient une époque bien éloignée de la notre, où l’on nous fait la morale sur l’importance de l’amour dans une relation pour nous promouvoir une Auris hybride.
Les voitures de loisir (recreational vehicle, ou RV, en anglais) représentaient alors une catégorie de véhicules qui focalisaient toute la créativité, l’innovation, comme le sens du marketing – en témoigne l’Heuliez Renault Le Car Van, qui était le fruit de la collaboration entre un constructeur et un magazine masculin – Lui, en l’occurrence.
Ci-dessus : le concept Toyota RV-1 de 1971, sa remorque, sa tente, et le mode de vie qui va avec.
Présentée au salon de Tokyo 1972, la RV-2 apparaît comme la suite logique de la RV-1 de 1971, un concept de voiture de loisir équipée d’une remorque coordonnée, transportant elle-même une tente gonflable assortie. Intelligemment, Toyota décida de simplifier les choses, et d’embarquer tout cela dans un seul véhicule.
Ci-dessus : le concept Toyota RV-2. Sans doute au salon de Tokyo 1972.
D’après différentes sources, la RV-2 était soit basée sur une plate-forme de Toyota Mark II, soit de Crown, ce qui n’a que peu d’importance puisque ce concept-car n’avait pas pour vocation de passer en production. Penthouse indique qu’il était propulsé par un V6 2563 cm³ à simple arbre à came en tête, associé à une transmission manuelle à 5 rapports. On ne peut que supposer qu’il s’agisse du moteur 4M de 110 ch qui, avec des spécificités similaires, équipait les Supra, Cressida et Crown jusqu’en 1980.
Quoi qu’il en soit, le principal est de constater l’importance qu’avait pour Toyota le marché en plein extension des véhicules de loisir. Pour le constructeur japonais la meilleure option était donc de créer un break de chasse transformable. Ainsi, ses sièges avant peuvent s’incliner à l’horizontale, et surtout la partie arrière se déploie et reçoit une toile de tente pour faire de son habitacle – équipé de moquette à poils longs pour la séance photo de Penthouse ! – un espace confortable, idéal pour se reposer ou dormir. Ou passer un peu de bon temps, au vu de la tenue plutôt décontractée de la jeune fille que l’on voit sur les clichés. Quant aux banquettes arrière latérales et à la tablette, elles sont démontables pour être soit utilisées en extérieur, soit pour fournir deux couchettes supplémentaires.
Un tel véhicule aurait t-il eu un succès commercial ? On peut se le demander, comme on peut se demander comment le système aurait vieilli après quelques années d’utilisation. Seriez vous client aujourd’hui pour un break GT86 dont l’arrière pourrait se transformer en camping-car ? Curieuse idée, n’est-ce pas ?
Ci-dessus, à gauche : le concept Toyota RV-5 qui annonce la Tercel 4WD, à droite quelques Toyota « Mini Motorhome » des années 1970 et 80.
Si Toyota ne donnera pas de suite à ce RV-2, il finira par entrer sur le marché des voitures de loisir, avec des modèles comme la Tercel 4WD, ou une flopée de camping-cars basés sur ses pick-ups HiLux, mais ce n’est plus tout à fait la même histoire.
Adapté d’un article originalement publié en anglais par notre partenaire, Banovsky Car Of The Day.
