Vous avez pu lire au cours de ces deux derniers mois les aventures de ceux qui ont participé à la première Blenheim Coupe des Alpes. Nombreux sont ceux qui nous ont contacté pour connaître le tracé de cette épopée. Le voici, dans le détail, et en images. Cette semaine, nous nous consacrons au premier jour, qui nous a emmené de la Méditerranée à Entrevaux…

Afficher Coupe des Alpes 2010 / Jour 1 part.1 sur une carte plus grande

De Géménos à Auriol : 25,5 km

Situé à une vingtaine de kilomètres de Marseille, tout près d’Aubagne, Géménos était le point de départ parfait pour ce rallye qui reprenait, pour mémoire, le plus fidéllement possible l’itinéraire de la Coupe des Alpes 1972, annulée quelques jours seulement avant son départ. Il n’y en aura pas d’autre ensuite.

En effet ce village pittoresque, en plus d’offrir hôtels et parkings (ce qui est important, le jour du départ), est directement placé au pied du Massif de la Sainte-Baume, mise en bouche immédiate de ce qui nous attends pour les 4 jours à venir. La route est étroite et sinueuse a souhait, et on bondit d’épingles en épingles jusqu’au col, avant de dévaler jusqu’à la vallée. Les Alpes, avant l’heure.

Géménos – D2 – Col de l’Espigoulier – D45A – passage à l’est d’Auriol

D’Auriol à Trets : 18,6 km

On contourne la Montagne de Regagnas par une route extrêmement étroite et bosselée qui serpente entre villages, zones résidentielles et pâturages. Ici avec une petite auto il est possible de rouler bien vite, dans une atmosphère qui évoque immédiatement les rallyes d’antan. Attention tout de même, le manque de panneaux indicateurs est traitre et certains intersections sont piégeuses. Puis l’on rejoint la route de Peynier, bien plus roulante.

D45A – Le Pigeonnier – D45E – D908 – Peynier – Trets

De Trets à Rians : 51,6 km

Jusqu’à Pourrières la route est une ligne droite assez ennuyeuse qui coupe la vallée en deux, puis débute la spectaculaire ascension de la Montagne Ste-Victoire. Sur 5 km, la route ne cesse de serpenter au fond d’un mini-canyon, ne laissant guère plus de 50m entre deux virages secs. Une véritable “montée” de bobsleigh.

Au somment on arrive sur un plateau ou le paysage change radicalement, aussi beau qu’aride… et désertique. Longues mais étroites lignes droites, virages rapides (et piégeux), avant le Col des Portes et sa série d’épingle en descente.

On change de nouveau de direction vers les gorges de l’Infernet, où de nouveau la route serpente à fond de canyon, dans un environnement dantesque. Puis, on rejoint la route de Rians, où l’on se repose enfin un peu. L’ensemble est l’un des plus beaux passages de la matinée, et vaut le voyage à lui seul.

Trets – D6E – D23 – Pourrières – D23 – D223 – D10 – Col des Portes – D11 – D561 – Rians

De Rians à Montmeyan : 34,4 km

Nous quittons ces premières petites montagnes pour le paysage plus vallonné qui caractérise l’est du Parc Naturel du Verdon où nous rentrons peu de temps après avoir quitté Rians. Les routes sont plus roulantes, ce qui permet d’avaler rapidement cette étape, plus relax côté pilotage, mais toujours riche pour les yeux.

Rians – D561 – Esparron – D70 – D30 – La Verdière – D30 – Montmeyan

De Montmeyan à Puimoisson : 49,8 km

À mesure que l’on s’enfonce dans le Verdon, les villages se font plus nombreux et plus pittoresques. Après Montmeyan, la route, elle, évoque quelques steppes américaines. Route 66 ?

Puis l’on passe les Gorges du Verdon et leur eau turquoise. La remontée vers Allemagne en Provence redevient plus technique avec de nombreux virolos jusqu’au spectaculaire village perché de Valensol que l’on ne traversera pas. Partout des champs de lavande sont sensés colorer de violet notre périple. Seulement voilà… il semblerait que ce ne soit pas du tout la saison !

Puis, de nouveau le plateau, avec en point de mire les montagnes, enfin. Celles que l’on ne quittera ensuite plus jamais.

Montmeyan – D13 – Quinson – D15 – Albiosc – D15 – Allemagne-en-Provence – D15 – D6 – D56 – Puimoisson

De Puimoisson au Point Sublime : 40,5 km

À Puimoisson regroupement obligatoire pour décider de la route à prendre. Le Roadbook en prévoit deux, l’une pour les aventurier, l’autres pour ceux qui craignent pour leur soubassements.

Étant de la première catégorie, nous montons tout droit au village de St-Jurs après lequel officiellement il n’y a plus de route. Enfin, plus de route goudronné, car ensuite le tracé tout en terre et pierre rappelle l’état des routes de la grande époque de la Coupe des Alpes, et il était indispensable pour nous d’emprunter un de ces rares passages de col “authentiques” encore ouverts à la circulation. Surtout à celle de 4×4, vu l’état de ravinement de certains passages. La moyenne chute forcément puisque la vitesse oscille maintenant entre 10 et 40 km/h, la conduite devenant forcément plus délicate – voir par moment franchement stressante, l’option d’un demi-tour obligatoire planant en permanence sur ces routes non reconnues… S’il fallait le refaire ? Oui, bien sur, tant le passage du Col de St-Jurs est une expérience unique, et inédite… peu s’y sont aventurés en voiture, et encore moins nombreux en roadster ! Et tant pis pour la poussière.

Soudainement, au passage devant la grille d’une villa que l’on imagine somptueuse, le chemin redevient route. Visiblement quelqu’un a été suffisamment fortuné pour goudronner tant bien que mal le passage qui mène à sa demeure reculée

. Après près de 45 minutes passée à se démener dans la caillasse, la spectaculaire – et dangereuse – route devient une véritable spéciale de rallye, débouchant tou droit sur l’Auberge du Point Sublime, lieu tout indiqué pour une excellente pause déjeuner. Et se dégourdir un peu les jambes, pour découvrir pourquoi l’endroit porte ce nom.

Afficher Coupe des Alpes 2010 / Jour 1 part.2 sur une carte plus grande

Du Point Sublime à St-Auban : 47,1 km

On l’aura compris, l’endroit est sublime, et longer les gorges du Verdon est un beau moment… que l’on doit malheureusement partager avec un nombre incalculables de touristes. Alors, on prend son temps.

Castellane est vite traversée que l’on quitte passe pour quelques kilomètres sur la Route Napoléon que l’on quitte bien vite pour longer le lac de Chaudanne et monter vers le Col de St Barnabé par une route aux panoramas sublimes, avec quelques vues sur les étonnantes installations hydro-électriques.

Point Sublime – D952 – Castellane – D4085 – D102 – Demandoix – D102 – Col de St-Barnabé – D102 – Soleilhas – D102 – D305 – St-Auban

De St-Auban aux Quatre Chemins : 28,2 km

Que dire ? Voici un des rares tronçons où les souvenirs se font vagues. La route est belle, rapide, en descente jusqu’à la vallée et le lieu dit Les Quatre Chemins. Ensuite… C’est une autre histoire.

St-Auban – D2211 – La Foux – D2211 – D2 – Valderoune – D2 – Les Quatre Chemins

Des Quatre Chemins à Sigale : 35,6 km

À partir d’ici nous sommes devenus tous très concentrés. Les conducteurs sur la route. Les passagers sur… tout ce qui pouvait leur faire oublier la route. Du coup il nous manque quelques documents utiles pour illustrer la suite, je me suis donc permis de recopier un texte résumant bien la route depuis ce très bon site.

Si il existe bien une spéciale “d’ hommes”, c’ est sans aucun doute celle ci. Le fabuleux ” Col de Bleine “, Le Bleine. Cette ES a pu aussi s’ appeller “Le Mas – Aiglun” ou ” Les quatre chemins – Aiglun ” etc… Si c’est aujourd’hui un de plus gros morceau du rallye d’ Antibes, elle a aussi été emprunté à maintes reprises par le feu rallye Grasse-Alpin, le Nice Jean-Behra, et bien sur le rallye Monte-Carlo. Pour moi, il s’ agit là du plus beau secteur chronométré existant en France. Cette spéciale est tout simplement superbe ! C’est parti pour 25,78 kilomètres de pur bonheur…

Une fois posé sur la ligne de départ juste à la sortie du carrefour des 4 chemins, sétendent devant vous presque 500 mètres de ligne droite. Profitez en, car ce sera quasiment la seule que vous verrez jusqu’ au village d’ Aiglun où se situe l’ arrivée. Petit conseil à l’ attention des copilotes; pensez dès maintenant à allumer votre lecteur de carte…(même s’il fait plein soleil) La montée vers le col est assez rapide; avant un gros freinage sur un gauche avant une épingle droite qui marque la fin de la montée. Le passage du col de Bleine aprés 4Km est trés large et passe à fond en aveugle avant de basculer dans la descente vertigineuse. Là s’ enfilent une multitude d’ épingles entrecoupées de lignes droites au revêtement neuf. L’ asphalte a été refait il y a maintenant 3 ou 4 ans, éliminant toutes les bosses qui rendaient cette descente assez dangereuse. Les freins sont déjà mis à rude épreuve. Arrivé en bas du Bleine, la spéciale s’ engage à droite sur la D10. C’est le seul accés pour le public, il y a donc toujours là un monde fou, et le carrefour est assez spectaculaire, ce qui vaut toujours de nombreuses images de ce passage. A partir de ce moment là, le chrono change de configuration. La route se rétrécit, et devient de plus en plus bosselée, il reste encore plus de 16 kilomètres à parcourir tout en légère descente vers Aiglun. Fini les gros freinages sur les épingles, le ruban de vieux bitume serpente à n’ en plus finir le long de la montagne, attention cordes interdites sous peine de crevaison… Le physique est ici aussi important que d’ avoir de supers notes dans cette ES. Bien souvent, les écarts se font ici. Quant enfin, on arrive dans le petit village du Mas, on souffle un peu. C’est un bon repère, on sait qu’ il ne reste plus que 8 bornes à parcourir. Oui, mais ce sont surement les huit kilomètres les plus durs qu’ il reste. Dès la sortie du village; un gauche “piège” jette de  suite sur un épingle  droite serrée. A peine l’ épingle passée, la route est défoncée sur environ 800 mètres, et on roule sur les cailloux. cette partie se négocie “arreté” sous peine de se retrouver dehors. La route se rétrécit encore un peu plus, et la descente s’ accentue. Les arbres commencent à disparaitre au fur et à mesure que l’ on descend dans les gorges de l’ Esteron. Il n’ y a plus que du rocher… A gauche, on est à flanc de montagne, et à droite, la route est délimitée du précipice grace à un muret de pierres.

On est maintenant dans les gorges, sur mon cahier de notes, j’ ai pris soin de noter un repère pour annoncer à mon pilote d’ allumer ses phares avant de plonger dans un droite sous un tunnel d’ où on sortira 400 mètres plus loin (d’ où le necessité d’ avoir allumé le lecteur). Il n’ est pas rare de voir des sorties de route à l’ intérieur de tunnel, des équipages ayant omis d’ allumer les phares se retrouvent tout à coup plongés dans le noir. Pour y être passé plusieurs fois en course, mais y être allé aussi plusieurs fois en spectateur, cet endroit est magique. Déjà le décor y est somptueux, et le bruit des autos de course dans les gorges et sous le tunnel est décuplé de façon spectaculaire. C’est vraiment une chose à vivre au moins une fois. Tout le monde a déjà vu au moins une fois des images de ces fameuses clues d’ Aiglun… Frissons garantis! A cet endroit, il reste un peu plus d’ un kilomètre de chrono. La route remonte; et les deux dernières épingles sont loin d’ être les plus faciles à négocier. Les panneaux Jaunes d’ abord et rouges ensuite marquent enfin l’ arrivée de cette ES d’ antologie. La ligne franchie sur la bosse de l’ entrée du village d’ Aiglun… il ne reste plus qu’ à laisser couler l’ auto jusqu’ au point stop situé sous l’ arche du village. Enfin, on peut souffler, enlever le casque et boire un coup…

Et puisque le photographe tremblait, voici quelques photos trouvées par-ci par-là.

À noter que depuis son siège, le conducteur n’a aucune idée de ce qui se passe derrière le muret (ce qui n’est pas le cas de tous les occupants du véhicule) et peut se laisser aller à quelques excès de confiance. Cette route est un plaisir absolu à rythme soutenu. À condition de ne pas avoir une trop grande voiture…

Les Quatre Chemins – D5 – Col de Bleine – D5 – D10 – Le Mas – D10 – Aiglun – D10 – D17 – Sigale

De Sigale à Entrevaux : 36,9 km

Sigale fait partie de ces spectaculaires villages perchés, comme Aiglun, que l’on croise en cette fin de journée. Si nous changeons de route pour quelques kilomètres, nous re-basculons de nouveau dans une dimension parallèle, pour dévaller vers Entrevaux. Le final est tout aussi dantesque que ce qui précédait, le paysage étant juste moins spectaculaire. Tout le contraire de l’arrivée sur Entrevaux.

Sigale – D17 – D10 – St Pierre – D10 – La Rochette – D10 – Col du Trébuchet – D10 – D911 – Col des Félines – D911 – Entrevaux

Voici comment s’achève la première journée, il y en eu 3 autres du même accabit. Rendez-vous dans 15 jours pour le second volet de ce roadbook.

Texte : Yan Alexandre. Photos : Yan Alexandre & Giovanni pour toutes les photos marquées “Blenheim Gang”