Nouveau rendez-vous hebdomadaire, les Quick Test du Blenheim Gang vous permettront de découvrir le dimanche soir – ou pour ceux qui nous lisent au bureau au lieu de travailler, le lundi matin – des autos modernes, dont nous avons pris le volant suffisamment longtemps pour vous dire en tout subjectivité ce que l’on en pense. Aujourd’hui nous évoquons le cas délicat de l’Audi R8 V10, qui nous a accompagnée pour 4 tours d’un circuit de Magny-Cours détrempé.

À bien des égards, la R8 nous évoque une autre GT exotique : la Honda NSX. Une ligne à couper le souffle, très contemporaine, avec de nombreux détails stylistiques très originaux qui en font une voiture unique. Regardez sa face avant aux phares flottants, le panneau latéral contrasté ou encore l’arrière qui ne ressemble à rien de connu. Mais, comme la NSX, l’ensemble dégage une froideur formelle qui rend notre cœur de passionné pour le moins insensible. Dommage.

Le V10 de la Lamborghini Gallardo, dégonflé à “seulement” 525 ch. n’est pas vraiment ce que l’on pourrait appeler un petit bras. Développé initialement par Audi, il n’a pas non plus à proprement parler la maestria d’une belle mécanique transalpine. Comme on dit, il est bien, mais pas top.

Zéro défauts question comportement : moteur en position centrale arrière, transmission Quattro à quatres roues motrices et béquilles électroniques ultra-pointues. La R8 est une bête de circuit et aucun virage ne lui résiste. Mais si on veut, on peut tout aussi bien débrancher le tout, et bien s’amuser…

À l’image d’une BMW M1, la R8 a cette froide assurance germanique qui fera d’elle un futur grand classique indémodable, et la garantie d’un produit à la fiabilité solide, avec suffisamment de génome italien pour s’attirer les amours des collectionneurs de pur-sangs en tout genre. Elle vaudra un jour son pesant d’or, sans pour autant que tout le monde comprenne pourquoi.

Une chance sur deux. Une GT, cela marche à tous les coups, bien sur… mais à la première vrai diva (de la route) venue, votre auto-stoppeuse passera son chemin. C’est ça d’être peu démonstratif.

Sur le papier, la R8 est une auto parfaite. Malheureusement, le Blenheim Gang ne juge pas que cela, et est un peu interrogatif face à cette auto sans émotion, qui à tout pour séduire les meilleures recrues d’un quelconque club de football de milieu de tableau. Heureusement, le parti-prix stylistique radical sauve cette auto dans notre cœur. Et qui sait, peut-être ouvrira t-elle un chapitre dans ce que l’on appellera un jour l’histoire d’Audi.

Texte et photos : Yan Alexandre

Voir les meilleures photos de cet article, télécharger un fond d’écran ou commander un tirage photo dans la Blenheim Photothèque