
Tout le monde en a parlé. Maybach s’est associé à David LaChapelle pour réaliser ces deux clichés, présentés lors de la foire Art Basel de Miami le 5 décembre dernier. Bravo Maybach, quelle audace a t-on pu lire à gauche à droite. D’ailleurs le constructeur est très fier, affirmant que ces clichés dévoile une nouvelle vision de Maybach, et que le fondateur Herr Willhelm en saurait sans doute très fier.
Au Blenheim Gang on pense surtout que Maybach est la marque automobile la plus vulgaire qu’il soit et que cette nouvelle vision nous fait rendre notre breakfast. Explications.

L’action du premier cliché se déroule lors du réveillon 1932, qui a visiblement fini en joyeuse orgie, débauche de sexe, d’argent et d’alcool. Un peu plus d’ailleurs, car un conducteur éméché a traversé la porte vitrée, écrasant un malheureux au passage, dont les viscères sont étalées dans le salon.
En Alemagne, 1932 est une belle année, celle ou le taux de chômage est le plus élevé – secousse de la crise de 29 – et celle ou le parti nazi va remporter ses premières victoires électorales. D’ailleurs, on ne le voit pas très bien sur ces images, mais derrières les fenêtres, la foule ouvrière sale est massée a observer horrifier le spectacle. Certains tentent même d’entrer pour tout dégueulasser avec leur crasse, mais heureusement un ange noir les en empêche. Ouf, merci Maybach !

Deuxième image, époque actuelle, le monde a visiblement subi une catastrophe apocalyptique telle celle décrite dans le film La Route de John Hillcoat. À moins que ce soit juste la crise qui ait fait ces ravages ? Heureusement la Maybach a survécu, comme toutes vos richesses, bien au chaud dans leur coffre. Ah, ouf, dis donc, on a eu peur.
Si on a bien compris, donc, la nouvelle vision à avoir de la marque est : ne vous en faites pas des pauvres, Maybach vous protège en temps de crise, vous et votre richesse.
Sinon, les images sont très belles, on se demande presque si LaChapelle n’a pas un peu voulu se foutre de la gueule de nos amis allemands. D’ailleurs une scène a visiblement été coupée au montage en témoigne le cliché suivant.

Non, la petite fille n’est plus sur les genoux du vilain pervers, une paire de faux-seins à ses pieds. Non, maintenant elle est à côté et se lamente. Parce que oui, à Maybach on veut bien être un peu facho mais surement pas pédophile, car ça, c’est mal.
texte : Victor Prat

Ouai…je pense aussi que LaChapelle dit des choses avec ces images que les communicants de la marque n’ont pas vraiment dû comprendre.
Cela ressemble plus à une critique de l’indécence passée et présente qu’à une mise en valeur de la marque quand même…
La marque de la rédemption ?
Et si, tout simplement le message était que la marque traverse les temps: de la genèse au jugement dernier, et rien d’autre.
L’image de débauche dépeint l’esprit du moment, celui des origines.
L’Allemagne de Weimar se noyait dans une débauche nihiliste. Lorsque l’on n’est plus maître de son destin on le reste au moins de son corps, en principe. Beaucoup de jeunes Allemandes se prostituaient pour manger… Après avoir vendues leurs sœurs, les jeunes hommes revêtaient des chemises brunes pour reconquérir l’honneur de leurs fiancées et de leurs aïeux.
Parce qu’il n’y avait pas grand chose d’autre à faire, aussi.
Cette composition rappelle que le rêve National Socialiste n’est pas sorti des limbes.
La seconde, plus simple, fait écho de l’apocalypse environnementale que les Pythies vertes nous augurent.
Chez Maybach, comme chez les autres, on rêve qu’un jour tous les pauvres puissent se payer une de leurs autos, neuve de préférence.