spa01.jpg

Orval cosmic-run 2007

Restrictions : Epreuve accessible uniquement aux descendants direct d’Achille,Ulysse et Jason…Ainsi qu’à ceux de Colin Chapman avec dérogation.

La mission :

S’il vous plait : Rejoindre Spa en partant de Reims à 250 km/h de moyenne en survolant 3 contrées et bravant toute adversité sans faillir puis revenir LE premier en possession de la caisse d’Orval sacrée dissimulée à l’entrée des paddocks du célèbre circuit par Godefroy de Bouillon à son retour de la première croisade…S’il vous plait.

Rien de plus rien de moins.

Douceur florentine…d’octobre, les vierges auront donc vécu et trépassé pour quelque chose.

J’évolue avec nonchalance dans les paisibles rues rémoises en compagnie d’ « I am a free man » avec dans ma ligne de mire la cristalline cathédrale comme remplissoir des yeux, la brasserie du « Boulingrin » comme colmateur d’estomac et comme premier point de ralliement des Gangers avides de miles, de houblon et de bonne humeur.

21 h et des brouettes : Je pousse la porte du fameux établissement à la devanture toute fiftis-esque et repère Tom Cruise que je savais initialement de passage en Suisse pour tourisme fiscal mais qui a sauté sur l’occasion ainsi que dans son roadster Z, afin de pouvoir enfin passer un WE en compagnie du prestigieux et inaccessible BG, affublé quand même d’un paparazzi tenace et discret collé au siège passager de son auto et dont il ne remarquera pas un instant la présence durant 3 jours.

Même avec les pièces rapportées,que du beau linge donc…

La Chevalerie entame ripailles :

Progressivement les Gangers se retrouvent et/ou se découvrent charnellement si j’ose dire, avec une émotion empreinte de timidité, qui diminuera proportionnellement à la vitesse où les degrés Celsius de l’accueillante taverne augmenteront, en parfaite synchronisation avec ceux du titrage vinicole en provenance de Gironde. Les multiples godets dudit nectar ingérés en viendront définitivement à bout…

Le visage rougi par ses 461 miles par 8 degrés extérieurs dont une grande partie nocturnes, donc ” éclairé à la bougie”, seul à bord du XK “120″ d’Era, qui comme chacun le sait n’est plus en age de conduire que des TGV, le vaillant Nicks K. from Charentes, qui lui est resté fort jeune, pense en son fort intérieur après son épopée lindberghesque,que ses illustres prédécesseurs de la RAF, roux et bardés de cuir tout comme lui: “C’étaient quand même un peu des danseuses”…

L’atmosphère s’embrume et se réchauffe à moins que se ne soient les esprits, occasionnant à la communauté une mise à nu légère plus aisée.

La Vérité commence à fuser de toutes parts…

Oscar annonce directement la couleur: Son existence n’ayant absolument aucun sens sans la possession d’une Seven S1 (d’ailleurs en aura-t-elle un après..), il envisage avec encore quelques réticences de mettre sa progéniture aux enchères sur Ebay en vue d’acquérir la grenouille à 4 roues de ses rêves. Nous ne pourrons le blâmer,c’est dans ces sublimes dilemmes cornéliens que l’on reconnaît les grands hommes.

Era, à qui l’on a visiblement jamais appris qu’il était malpoli de lire à table, nous brandi régulièrement les photos d’obscènes automobiles plus désirables les unes que les autres, et ne coûtant quasiment rien. Ce qui à pour effet de faire pester encore un peu plus à chaque présentation le vindicatif Verax, qui développe depuis l’enfance une haine tenace envers les automobiles anciennes, particulièrement celles conçues au delà du Channel.

Quant à votre serviteur, son statut de chaman moderne lui impose l’ingestion de plusieurs ossements gorgés de moelle, censés porter bonheur à l’expédition et surtout lui attirer d ‘emblé un fort capital de sympathie et de respect de la part des autres membres du clan.

Chacun parle de tout, de rien et principalement de belles automobiles.
Soudain, moment de grâce… Ian, appelé aussi communément “Le jeune ancêtre”, entre dans une extase semi mystique et narre à l’assemblée muette la GENESE du Blenheim Gang.
Atmosphère de recueillement absolu de ces moments exceptionnels dont les siècles futurs décrirons à jamais l’intensité. Des yeux se mouillent, des peaux se “chair-de-poulifient”,certains novices vacillent..

En humble dévot, je me contenterai de recueillir les tables de la Loi, dont le premier commandement s’inscrit en lettres de feu sur ma rétine :
« A l’onction d’Orval, chaque Ame pure tu baptisera.
Afin que le trouble spiritueux à 9° clarifie à jamais sa route ».
Bon si c’est que ça OK.

Apres tant d’émotions, l’appel de la couche se fait sentir.
Malgré tout, le baptême devant être effectué “avant” l’odyssée, la petite troupe se soumet aux injonctions des Pères du BG et trouvant une miraculeuse source orvalesque à proximité, s’empresse de suivre le primordial commandement avec ferveur.
Ensuite tout le monde au dodo.
La nuit. J’ai laissé la fenêtre ouverte, j’ai froid.. Pas grave, le Paradis a vraisemblablement un coût.

Ambiance petit-déj. à l’hôtel ou un à un les Gangers se remettent de l’émotion rare de la veille en absorbant des continentaux.( Pas des Français, du manger matinal).
Une jeune femme blonde m’appelle Jean-pierre.
J’oscille entre mépris et courtoisie…
J’opterai pour la seconde solution tout en rappelant que mon véritable nom est 454ci.
La charmante personne ne se formalise point et me demande une petite faveur basée sur mes supposés qualités de photographe. Elle n’en doute pas une seconde,elle a bien aimé mes Vélib…
Le rêve d’enfance de Lady William, car c’est son titre : Posséder une poitrine digne de ce nom et surtout comestible par ce que c’est important, se concrétise enfin grâce aux implants de quelques viennoiseries secondés par le talent de prestidigitateur visuel de 454, qui en plus des moteurs, possède le pouvoir de dilater au delà de toute norme, certaines parties du corps humain.
Joie simple de faire plaisir.

Les équipages enfin requinqués subissent soudainement l’appel de la route, dépassant tout contrôle.
Sous d’autres latitudes cela se nomme “Transe”, vague submergeante et invincible qui déferle sur le centre de Reims, totalement immobilisé en quelques secondes par l’action conjointe des inconscients hilares.
Sir William s’occupant personnellement de la partie « transports en commun » de la ville avec une dextérité hallucinante. Les gueux étant provisoirement neutralisés, le royal convoi peut enfin s’ébrouer.

La quest :

spa02.jpg

Direction : Nulle part.
Visiblement, le docte Era connaît bien l’endroit ainsi que les méandres y menant.
Avec une célérité invraisemblable, le guide nous y conduit en quelques minutes, en profitant quand même pour commencer à sélectionner le grain & l’ivraie de la pieuse compagnie, juste après le gavage des véhicules de bons produits pestilentiels.
Nous nous arrêtons donc nulle part.

Evidement de nulle part surgissent rapidement Ferrari 365 et autre Giulietta “Sprint” rutilantes grâce aux vertus d’un enchanteur invisible, s’accolant au petit groupe par osmose naturelle.
Dans la fournée transalpine, un splendide coupe Bertone 2000 s’est immiscé, avec à son bord un tandem capable de faire pâlir la moitié d’Hollywood, la bien nommée…Pas grave,notre quête dépasse amplement la simple beauté formelle.
La concorde d’ “Europe” étant de nouveau scellée, la bande cohérente peut enfin se permettre de filer vers la contrée qui détient sa capitale.

Go east !

spa06.jpg

L’astre du jour acquiesce, étant le seul à pouvoir le regarder dans les yeux, je détecte sur sa lumineuse face un sourire d’enchantement. Lui à pour obligation de balayer les dépressions qui à cette époque de l’année, ont souvent tendance à faire valoir leurs droits.
Il s’acquitte de la charge avec une joie à sa dimension, remplissant par rayonnement nos coeur de la même substance.
Belgie/Belgique : Dedans à temps complet, des Belges, de passage, des Hystrions.

La joute :

La bataille des Ardennes a commencé :
La charge enflammée du XK et de l’Elan malmène avec délices la division de Panzers déjà affaiblie sur son aile droite. L’assistance italienne de l’Axe (des Cavallino Rampante et des gros moteurs raffinés..) fait bonne figure avec ses 12 canons de 40 m/m de marque weber mais le combat est perdu d’avance tant ce terrain est dévolu à la légèreté plutôt qu’a la lourdeur.

Era, n’ecoutant que l’appel de la goddefroi, survole le serpent de béton blanc faisant office de route grâce à la collaboration d’un élégant tapis de feuilles automnales servant d’accélérateur d’inertie en plus de posséder la fonction de multiplicateur d’adrénaline,substance bien nécessaire pour tenir ce rythme endiablé :
“Ne point frémir à la douleur, traiter la peur avec mépris.”
Devise ornant le blason “Eraldique” depuis 12 générations.

En plein coeur du pugilat infernal,Une horde de civils jaunes en vélocipèdes essayent de passer à travers la mitraille de gros calibre,les plus désemparés tentant même de se jeter délibérément sous nos roues, afin d’abréger au plus vite leurs souffrances.
Score final 0 = Echec.
Nous étions pourtant sur le point de débarrasser la Belgique de l’un de ses pires fléaux.

spa03.jpg

L’entrée du paradis :

Un tunnel initiatique qui tremble sous le martèlement des pistons gavés de matière inflammable, une odeur d’huile chaude envahie les narines. Après un tel affrontement, une seule pensée dans toutes les têtes :
Mon moteur à fondu…
Que nenni. La guerre, c’est bon pour la santé.
A Bouillon, seul les vases d’expansion conçus à Maranello en contiennent de gros.
A bouillon on brasse et boit : La Goddefroi.
Stupeur et enchantement précèdent la délectation.

Soudain, nos CiBie nous informent qu’une 205 gti transportant Beavis & Butthead tente d’établir un nouveau record du tour du périphérique lillois avec la moitié des forces de l’ordre locale disponible s aux fesses. Logiquement, ils devraient être ici à cet instant précis en train de donner leur avis de connoisseurs des jus de céréales locaux.
Leur sens des vrais priorités est manifeste et à partir de cet nouvelle, tout notre respect leur est définitivement acquis.. Respect voir admiration, qui ne cessera d’augmenter tout au long du week-end grâce à une succession de happening existentiels plus pointus les uns que les autres.
Le don de soi jumelé au sens du sacrifice aigue, ça paye bien en chevalerie.

La Goddefroi roussie nos verres et des Seven passent… Leurs cochers nous regardent avec dédain. Elles s’éloignent…Un nouveau mystère que peu tenterons de percer.
Et si on allait manger ?
Era compulse le road-book crypté dont lui seul possède la clef et nous impose un nouveau cravachage avant la pause hommes/machines tant attendue.
Les équipages se ruent sur leurs bolides façon 24 H du Mans 65, tandis que pendant mon traditionel Burn-out, j’observe un curieux rituel dont la signification me sera donné plus tard:

spa07.jpg

La charte du ferrariste :
“Je dois parler a mes 12 cylindres, un à un avant chaque départ sinon le spectre du vieil Enzo va venir me tourmenter durant mon sommeil.”
C’est vrai que ça peut motiver.

Re-A fond pendant 20 bornes avec soudain devant moi l’élan stoppée dans son élan aux abords d’ Elan, scène d’anthologie, cliché mémorable du panneau éponyme puis STOP :

Le 13 :

Le 13, numéro fétiche du biker de Lucifer et du turfiste parisien devient en Belgie un restaurant “moderne” et joli ou, fait “exceptionnel”,le ramage est à la hauteur du plumage.
Qualité intégrale donc, dont les restaurateurs hexagonaux devraient sérieusement s’inspirer..
Orval pour tout le monde. Ce n’est pas un conseil, c’est un ordre..
Repas parfait dans l’allégresse et la décontraction générale.

Sortie dans la fournaise belge, Lady William, après la frigorisation du matin, conçoit mollement la carbonisation potentielle de l’après-midi assise, plutôt “calée”, dans la bassine chapmanienne. Elle envisage donc sérieusement de trouver une innocente victime pour subir à sa place la torture dite: “De l’omelette norvégienne”.
D’un rapide coup d’oeil, elle fait le tour des carrosses potentiels eut égard à son rang princier.
Evidement,il n’y en un qu’un digne de ce nom, disposant en plus d’un salon en cuir intégral, d’une sérieuse isolation aux turpitudes extérieurs et plébéiennes, d’une suspension qui “suspend” et qui de plus ce week-end propose une option “Eveil à la Philosophie pré-socratique et orientale”.
Bref une croisière de “luxe-en-bourgeoise” jusqu’à Spa au tarif défiant toute concurrence d’un nichon en brioche.
A cette instant, le terme hésitation ne fait plus partie de son vocabulaire…

spa04.jpg

Trois vierges : Une furieuse envie d’immolation me taraude. Heureusement, par respect pour ma délicate passagère, je refrène mes ardeurs. Et c’est tant mieux car 3 vierges de plus eussent été 3 vierges de trop, transformant immédiatement la toscane belge en désert de Mojave avec un thermomètre flirtant avec les 50 ° C.
Du bon usage du control de soi.

Les miles sont avalés encore plus rapidement que les Calices d’Orval.
Métamorphose soudaine et radicale de l’environnement. Je cherche une raison à un tel choc visuel, je trouve un indice sur un panneau routier :
Nous sommes au Luxembourg… Hallucinante contrée qui ferai passer le centre de Zurich pour la banlieue de Naples.

Le policier luxembourgeois doté d’un sens esthétique indéniable en plus de son amour immodéré pour les façades pastels dont il a charge de la javellisation quotidienne, doit promptement déclarer qui sera grand vainqueur du sweepstake parmi les illustres représentants du BG et file toutes sirènes hurlantes vers l’heureux et mystérieux vainqueur.
Une équipe de tournage d’un épisode de Derrick profite de l’événement pour faire des stock-shots réutilisable à l’infini.
Je me rabat plein d’espoir, hélas, le jury ne me jette pas même un regard…Je redoute le pire et il arrive

And the Winer is :
La 205 GTI, immatriculée en France :
Aucune hésitation dans le jugement, prestige éternel et international du bon goût français.

Nous laissons derrière nous les heureux élus subirent les congratulations de la foule en délire et poursuivons nos routes en direction de Spa qui se rapproche inexorablement. La troupe s’est disloquée au fur et à mesure et elle n’est plus à présent constituée que de plusieurs modules de 2 ou 3 véhicules,qui se retrouveront tous avant de quitter le brillant Luxembourg grâce à la bienveillance du fantôme de Godefroy, parrain d’honneur de cette croisade moderne.

Spa :

Prévenu par des indics. Luxembourgeois, le cerbère des paddocks (débonnaire mammifère ne fréquentant que très occasionnellement l’Homme ) a pour délicate mission de guetter le passage de la fameuse 205 GTI multicolore immatriculée en France, déjà en possession de nombreux prix européens, et servant d’embarcation satanique aux héritiers d’Al Capone en vue d’une neutralisation.
Vu l’heure tardive, 90 % de ses réflexes sont déjà anéantis par le jus de houblon, le Gangball tente donc le passage en force sans se poser de questions. C’est d’ailleurs son comportement naturel.
La Jag, l’Alfa et l’Elan transpercent la défense chancelante et le gros personnage laisse passer impuissant 3 des véhicules d’escorte du parrain vosgien, mais dans une ultime fulgurance cérébrale, il parvient à se jeter sous les roue du chariot infernal.

Pas de bol, je suis derrière..
L’homme n’a pas ordre de tirer mais bien de refouler les intrus loin de la paisible Belgique, mission qu’il accompli avec brio semble-t-il car nos 2 malfrats optempèrent, cherchant immédiatement sur une carte, d’autres endroits en Europe ou semer la terreur et la désolation sans réprimandes stériles.
Une fois sa mission accomplie, le cerbère découvre ma présence grâce à son oeil torve.
Encore sous l’émotion de son succès il tente le coup de zèle et me toise en me jetant au visage : “C’est réservé aux anciennes..”
Je lui annonce benoîtement que mon auto à été conçue en 1933 et qu’il a la chance rare d’avoir devant ses yeux le petit fils de Ferdinand Porsche himself.
L’ogre engloutie un nouveau litre de Leffe (boisson populaire) et me regarde partir vers les stands en agitant son dernier bras disponible en signe d’amitié, le visage radieux d’une madone de Boticelli.

Mentir c’est mal mais c’est pratique.

Le bruit :

spa08.jpg

Une armada de 10.000 chevaux laboure le tarmac…
Tous les sens sont en éveil. Trop de tout.
Les stands, irréels nous accueillent… Enfin.
Les pupilles du BG tournoient frénétiquement dans l’enclos sécurisant qui leur permet de vivre la Polémique mécanique en son coeur.
Aucun commentaire ne peut témoigner de l’instant.
On y était…ou pas.

La saucisse c’est du boudin :

spa09.jpg

La température polaire allié à l’heure tardive nous rappelle que nous possédons des estomacs, et qu’il ne se contente pas bien longtemps des vapeurs d’octane 110 fussent-elles sortie d’orifice semi-divin…
Guidée par l’instinct de survie, la petite troupe s’ébranle avec une déconcertante unité pour une fois vers les lieux dédiés au gueusage verticale.
Devant des yeux ébahis, s’afférent à l’intérieur de petits cabanons qu’adopterait immédiatement un trappeur canadien, des Flamands agitateurs de tambouille qui nous propose derechef les 2 grands axes diététiques régionales :

1 ) 800 gr de boudin ” gris” sur son boulevard d’oignons bouillis
2 ) 70 cm de saucisse “rouge” dont la composition est restée secrète depuis 1268.
(Malheureusement, nous l’apprendrons trop tard..).

Le kilo et demi de frites + mayonnaise se chargeant de l’apport en vitamines.
Ayant, par curiosité, réussi à avalé une petite partie de ma portion incongrue, je constate que ma frêle et charmante voisine, après avoir engloutie les 2/3 de la plâtrée de son conjoint en plus de la sienne, lorgne avec insistance sur les restes massifs de la mienne…
Sur le ton de la plaisanterie, je lui propose de la terminer si tel est son souhait.
Avec un sérieux d’ambassadeur du Japon, elle acquiesce de suite.
Immédiatement, mes neurones chargés du centre du bon sens, cherchent une explication rationnelle au phénomène paradoxale.

Je ne tarde pas à la découvrir, constatant en effet que la créature sylphide arbore une tenue traditionnellement utilisé en Tanzanie vers le mois d’août, tenue lui permettant d’opérer un transfert calorique instantané de l’intérieur vers l’extérieur dans le but probable d’absorber une quantité incommensurable d’aliments inconnus du moins quand la température se situe entre -40 et + 5°, ce qui est le cas.

Les organismes heureux n’aspirent bientôt plus qu’à une seule chose après une journée de cette facture.

Le repos :

La chose leur est offerte sous la forme d’un “chateau-collectiviste” du meilleur goût située à quelques encablures de la piste. Après une réunion mouvementé du troupeau, (le furieux équipage de la 205 Overlord avait plutôt opté de tourner en rond seul, tout feux éteint dans le parking du circuit, histoire “de pas faire comme tout le monde..”) la joyeuse horde rejoint le logis dont la herse s’abat comme par magie des l’arrivée des premiers destriers.
Notre hôtesse (d’un certain age malheureusement) nous indiquant les différents salons de sommeil, des conglomérats humains se placent avec plus ou moins de vaillance aux bons endroits jusqu’au dernier.

Lady Era a oublié sa serviette de toilette à Paris !
Le gang au grand complet doit rentrer dans l’urgence sur la capitale.
Finalement non, dans l’hostellerie Belge, on est rarement à cours de ressources et on pense aux étourdis. On l’a échappé belle.

Era, songeant déjà à l’acquisition future de cette bucolique demeure, propose plein d’entrain à la cantonade d’aller s’en jeter “un petit dernier pour la route..”.
Drôle d’idée, mais bon, on est un peu aux ordres quand même. Contre sa volonté mais simulant l’inverse, la troupe se rue vers le réfectoire.
Nous y découvrons une assemblée collégiale de notables locaux discutant du bien fondé de l’existence de la Belgique. Je me renseigne, il parait que le sujet est à la mode. Bon…

La triple de Wannes “spécial château” rend aussi “spécialement” intelligent. Elle me permet de synchroniser mon cerveau avec celui des autochtones. Je communique donc télépathiquement en flamand avec les occupants octogénaires de la table d’a coté à propos de l’opportunité de la sécession de la Flandre durant encore 10 minutes, puis revêtant mon costume d’homme invisible afin d’échapper à la colonie de vacances dans la plus grande discrétion, je rejoins les multiples endroits de perdition nocturne que nous offre cette belle contrée dépravée faisant mine auparavant “d’aller au lit”.

Dimanche :

spa05.jpg

Quartiers libres : Errances, béatitudes & ablutions…
J’apprends par les voies téléphoniques que la partie”vintage” du BG doit prendre la route afin d’arriver à une heure décente sur la capitale.
Pour ma part, le “Time-shifting” incorporé à l’U.C du vaisseau amiral me permet de partir bien plus tard, pour arriver bien avant… J’en profite donc encore un peu.

Vision de l’apôtre Oscar :

Cuisant mollement comme à l’accoutumé sur la ligne droite des Hunaudières d’une “Belgian Highway”, je remarque une armoire normande grossissant immodérément dans mon rétroviseur…
Une fois le choc de l’air passé, et afin de me sortir d’une légère torpeur, j’appuie sur le champignon pour savoir en réalité quelles sont les limites de ce type de bétaillère à inertie.
J’accroche le rorqual commun sous amphétamines et lorgne vers mon compteur…250 km/h…
La vision de l’apôtre Oscar n’était donc pas fumeuse.

La vie, la vraie, à 250 km/h de moyenne…Vitesse dont les particules élémentaires se servent afin de se libérer de la puissante attraction terrestre, pour prendre leur essor stellaire.
Le tandem dépasse les limites du monde connu, et par respect pour l’ancêtre, la devancière met son clignotant de droite en action tel un gant de duelliste pour signifier son obédience au guide mythique du Saint empire romain germanique à 4 roues.

Le temps de lever le pied, je me retrouve chez moi en train de déguster un Talisker à la santé des Héros intemporels, qui me permet de me remettre rapidement de mon sérieux “Jet-lag”.

Aux novices futurs, je pourrai dorénavant dire : “J’y étais”.

Il ne suffit donc pas d’écouter les Mythes avec émotion pour apprendre de quoi l’on est fait.
Il convient surtout de les créer afin de les vivre…

Big Block. (for ever)

spa10.jpg

article: 454Ci, photos: blenheimgang