Un trou béant dans le sol, quelque part aux abords du périphérique parisien, au fin fond d’un site industriel en demi-sommeil, dont la vocation première a été oubliée depuis bien longtemps. Un tunnel vétuste, dernier vestige de la grandeur passée des lieux, aux murs souillés par des décennies de crasse, et au sol constamment trempé par les infiltrations d’eau. C’est l’entrée, le seul passage. Mais pour accéder au garage souterrain du Blenheim Gang, il faudra ensuite se repérer dans le dédale des galeries enterrées, réseau labyrinthique où plus d’un s’est perdu et ne retrouva jamais la sortie, laissant au hasard d’un boyau borgne le cadavre rouillé de sa monture abandonnée.
En descendant deux rapports, la 300 ZX vous fait oublier tout ce qui vous entourait alors, pendant que l’aiguille du compteur monte vigoureusement vers des vitesses criminelles.
Minuit, la 300 ZX cruise sur le périphérique désert, à l’allure légale. 80 km/h, elle n’a pas été conçue pour cela, mais elle se plie à la vitesse imposée avec la docilité qui la caractérise. Flashback : en 1989 l’automobile japonaise vit son age d’or. Pour la première fois ses productions font plus que rivaliser avec les voitures européennes et américaines : elles les surpassent. Quel fut l’acte fondateur, qui tira en premier ? Peu importe. Le nouvel équilibre des forces apparaît au grand jour en sport automobile : de 1986 à 1991, le moteur Honda – installé dans les monoplaces Williams et McLaren, mais aussi Lotus et Tyrell – domine outrageusement la Formule 1, et s’offre 6 titres constructeurs et 5 pilotes ; Mazda, Nissan et Toyota débarquent aux 24h du Mans avec des résultats plus mitigés, une seule victoire pour Mazda en 1991 ; alors que Toyota, Subaru et Mitsubishi s’apprêtent à régner sans partage sur le championnat du monde des rallyes, chasse gardée des constructeurs japonais de 1993 à 1999.
Ses succès sportifs ne pouvaient que stimuler la production automobile, friante de pendants performants aux bolides de course. Et plutôt qu’opter pour la pure noblesse mécanique des V8 et V12 italiens, les japonais choisissent de faire ce qu’ils savent faire de mieux : des petits moteurs truffés de haute-technologie. La Honda NSX (1990) ridiculise la Ferrari 348 avec son V6 3,0l en alu à distribution variable VTEC, admission variable et bielles en titane qui monte à 8000 tr/min. Le 6-en-ligne 3,0l de la Toyota Supra Mk.IV (1992) fait appel à deux turbos séquentiels, la Mitsubishi GTO (3000GT en Europe, 1990) fait également appel à deux turbos, mais surtout à un châssis à quatre roues motrices et directrices. Sans parler de la Mazda RX-7 FD3S (1991) à moteur rotatif birotor et biturbo…
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Les commentaires
Excellent, j’adore cette ambiance glauque, le choix du sujet, les phares jaune, la musique à la jean michel jarre, tout en faite…
En espérant que cette petite expérience ne soit pas unique.
Je suis un grand fan de la platine de clim’ et de l’antenne télescopique électrique que les antennes sérigraphiées ne remplaceront jamais sur le plan de la coolitude absolue.
Enfin le Blenheim Test de la 300ZX !
Mon coeur balance entre cette merveille et une Z3 Coupe depuis plusieurs mois. Choix extrêmement difficile tant ces deux voitures sont différentes, mais je ne peux en choisir qu’une.
Une fois de plus merci pour ces belles photos, et pour la première fois, la vidéo !
Non, cette expérience ne sera pas unique… Deux autre vidéos, très différentes, sont actuellement en montage… Et d’autres sont prévues !
Ginkei Garage, choix cornélien, car ces voitures sont diamétralement opposées, l’une étant tout ce que l’autre n’est pas. AlasdaiR pourra vous aider, il connait mieux la Z3 que moi et à conduit la ZX. En ce qui me concerne, la Nissan a ma préférences pour plein de raisons qui ne tiennent qu’à moi… Mais je crains que comme toute vrai GT, ce soit un dangereux piège à l’achat.
Le vrai piège c’est que ce 300ZX serait un parfait backup pour les jours ou mon daily est en communication break-down avec sa batterie…
Très sympa votre vidéo, un article au top à tout point de vue.
En commençant par être un piège à permis déjà ?
Mine de rien ce qu’elles font le mieux est devenu criminel de nos jours.
A savoir traverser le pays, via l’autoroute ou les nationales, sans frémir, à très haute vitesse dans un confort réel <3
Sacrée voiture, sacrée époque.
J’aime bien la vidéo qui retranscrit bien l’ambiance sombre et underground par contre je ne sui pas très fan de la bande-son. Je trouve que vous auriez pu mettre un peu plus l’accent sur le bruit du moteur.
Merci pour cette revue de celle qui m’a le plus marquée étant gamin.
A vrai dire la sonorité moteur se caractérise surtout par un souffle grave mais assez diffus. Pas certain qu’il en soit resté grand chose à la prise de son. Et si je conçois que Jean Michel Jarre ne soit pas ce que vous écoutez dans le confort de votre salon, ça colle à merveille avec ce que cette voiture incarne. A mes yeux, ça suffit à en faire un excellent choix.
Ginkei Garage, je ne saurais vous dire grand chose de plus que Yan-Alex : les deux autos n’ont de commun que le « 3 » et le « Z » dans leur dénomination. La Z3 étant la mienne, vous comprendrez où se situe ma préférence. Si vous jetez un oeil à l’essai que nous en avons fait, vous aurez normalement une meilleure idée de ce qui la caractérise. Le meilleur conseil reste celui qu’on donne habituellement par ici: si vous hésitez entre deux, mieux vaut essayer chacune.
Décalé, original, singulier. Un article un peu à l’image de sa prise du jour.
Et puis cette bande-son, digne d’un manga tordu-méconnu des 90’s, ça colle parfaitement avec le décalage fascinant dans lequel la voiture se trouve aujourd’hui.
[…] Une nuit à Paris, un très vieil entrepôt, un tunnel, le dédale de rues souterraines sous le quartier des Olympiades et les étages d’un parking très spécial… Voici donc les décors qui ont servi au tournage de notre toute première vidéo “A Night in the Blenheim Vault” mettant en scène une Nissan 300ZX Z32 Twin Turbo. […]
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