
Sans vouloir jouer les rabats-joie, nous tenons tout de même à vous rappeler que l’été touche bientôt à sa fin, et qu’il va falloir se résoudre à retourner à vos basses besognes quotidiennes. Pour agrémenter vos matins difficiles, quoi de mieux que de prendre le volant d’une city-car de qualité ? Nous en avons sélectionné 10 pour vous. Faites votre choix.

Vanden Plas Princess
Si les Austin 1100 et 1300 furent d’une banalité affligeante, elles servirent de base à toute une série d’autos aux badges les plus excitants : MG, Riley, Wolseley et Vanden Plas, derniers vestiges de marques anglaises en sommeil, dans la nébuleuse British Leyland. Avec son aménagement intérieure digne d’une Rolls-Royce, composé de boiseries omniprésentes, d’accastillages chromés et de cuirs épais, la Vanden Plas est notre préférée. On raconte que Pierre Bergé en utilisait une pour ses déplacements dans Paris, conduite par un chauffeur. Il avait tout de même retiré le siège passager, histoire de pouvoir tendre les jambes depuis la banquette arrière…

Mini 1275 GT “Clubman”
On n’a toujours pas bien compris pourquoi la BMW Mini break a repris à son compte le patronyme du vilain petit canard de la gamme Mini originelle – bien entendu, notre favorite. Ce restylage datant de 1969 devait inscrire la Mini dans la modernité des années 70 avec une face avant cunéiforme due à Roy Haynes, qui ne s’est pas trop foulé : c’est quasiment le dessin d’une autre de ses créations, la Ford Cortina Mk.II. On choisira dans la gamme la 1275GT, pas seulement pour sa teinte orange, pas seulement car elle fut la première voiture équipée de pneux “run-flat”, mais surtout pour sa mécanique : c’est une Cooper qui ne dit pas son nom. Trop ancrée dans son époque, cette Mini Clubman sera remplacée en 1980 par l’Austin Metro, alors que la Mini “normale” continuera de se vendre pendant encore près de 20 ans.

Honda Z600
Sans doute la première Kei-Car à avoir marqué les esprits en dehors du Japon. Souvent vue en orange, il ne pouvait en être autrement ! Il y a bien des raisons pour craquer sur sa ligne de Mini à la sauce japonaise, mais le détail que l’on aime le plus est son minuscule hayon arrière, encadré de plastique noir, à la manière d’une télévision contemporaine. Il parait même qu’on puisse y ranger quelques sacs de courses, mais on n’en est pas si sur. Oh, elle détient toujours les record de vitesse dans sa catégorie, dûment homologué sur le lac salé de Bonneville.

Fiat 126
Parce qu’on en a plus qu’assez de voir les rues de nos villes remplies de poseurs en Fiat 500, on a décidé d’opter pour sa descendante, la Fiat 126. Ne croyez pas que sous son air de boîte à chaussure se cache une auto résolument moderne : tout provient – du moins sur les premières versions – des dernières 500L : moteur, trains roulants, éléments intérieurs. Bref, c’est une 500 à la sauce Pop, et c’est pour cela qu’on l’adore. Et croyez le, ou pas, malgré son air triste, son gabarit lilliputien, et son volume sonore improbable (une interminable flatulence baudruchesque accompagnée d’odeur d’huile persistante), elle est un redoutable accessoire de womanizer. Oui, la 126 plaît aux filles. Beaucoup.

Innocenti DeTomaso
Cocktail improbable, au résultat forcément imparable : un projet né de la volonté de la British Leyland (et basé à l’origine sur la Mini), un dessin signé Bertone, un bouillant moteur 3 cylindres turbo et des trains roulants d’origine Daihatsu et un blason prestigieux, celui du propriétaire, De Tomaso. Un véritable kart urbain, au look complètement atypique, dont le récit de la tortueuse genèse occupera vos longs dîners entre amis. Ce qui est bien plus que ce que l’on demande à une voiture.

Fiat Panda 45
Celle que Giorgetto Giugiaro considère comme son chef-d’œuvre, est sans aucune contestation possible, la digne héritière de la Mini. Simplicité de fabrication, habitabilité record, et aménagement astucieux sont au programme. Par exemple, les sièges ont des housses amovibles lavables, la banquette arrière peut adopter 7 positions (dont une couchette pour 2, parfaitement plate), ou encore un cendrier mobile sur la planche de bord… Pour conserver le dessin originel du maître du design industriel, choisissez une première version, reconnaissable à sa calandre pleine. À condition d’en trouver une…

Renault Twingo
Véritable révolution automobile, la Twingo est le fruit de 20 ans de recherche réalisées par Renault pour tenter de réaliser une citadine basique, n’entrant pas en concurrence avec ses modèles iconiques (la 5, puis la Clio), tout en rapportant un maximum d’argent. Poussant encore plus loin le concept de la Panda, elle adopte une inédite carrosserie monospace, gage d’habitabilité record. Avec sa face avant expressive, ses couleurs vives – aussi bien dehors que dedans – et ses aménagements bien pensés, elle est sans doute l’une des plus intelligente city-car modernes. À condition d’assumer son côté jouet Playskool un tantinet grossier, caricature extrême de l’époque “voiture à vivre” de Renault. Comme toujours, on vous conseille les premières versions, bien plus proches de la vision originelle du designer, que les suivantes, embourgeoisées, et donc sans aucun intérêt.

MCC Smart city-Coupé
Oubliez une seconde son image de voiture de working girl fortunée hystérique. Derrière son côté huppé et snob, positionnement sans doute dicté par son coût de reviens élevé, se cache la plus grande révolution automobile des années 90. Une stricte deux places pour être ultra-mobile en ville : c’était simple, encore fallait il en faire une vrai voiture, et non pas une voiturette sans permis. Et tant pis si elle est si éloignée du projet initial de la Swatch-Mobile de Nicolas Hayek : oubliés les moteurs électriques dans les roues, et le radical principe de location. Et tant pis si le principe des panneaux de carrosserie échangeables à fait un flop. Elle existe, et c’est déjà pas mal.

Nissan Cube
Voici l’auto urbaine actuelle la plus réjouissante. Pourquoi ? Parce qu’avec cette carrosserie qui ne ressemble à aucune autre, elle s’adresse à un public qui n’a finalement que faire des codes traditionnels de l’automobile. Ce qu’elle offre, c’est de l’espace pour 5, dans un univers qui ne donne qu’une envie : partager la route entre amis, de la façon la plus décontractée possible. Un produit comme il en existe des centaines au Japon, mais qui ne quittent d’habitude jamais leur île. Dommage, il semblerait que sortie au plus mauvais moment de la crise, sans véritable plan de communication, ses ventes n’aient jamais décollé. Soyez intelligents, ne faites pas comme tout le monde, pensez à elle au moment de signer pour une bête Mini.

Gordon Murray T27
Celle là n’existe pas encore. Et peut-être qu’elle n’existera jamais, ou pas sous cette forme, ni sous cette marque, mais qu’importe : à la manières des Mini, Panda et autres Smart, elle s’apprête à révolutionner l’automobile. Par son gabarit d’abord, encore plus petit qu’une Smart, mais pouvant transporter 3 personnes, et surtout par un processus de fabrication simplifié, plus respectueux, entre autres, de l’environnement. Bon. Soyons francs. Ce que l’on préfère c’est tout de même sa position de conduite centrale et ses curieuses vitres latérales, héritées du chef d’œuvre de Gordon Murray : la Mc Laren F1. On n’est juste pas certain qu’elle roule aussi vite.
Texte : Yan Alexandre

Les commentaires
Je ne suis pas sûr que la Panda soit une héritière de la Mini. C’est plutôt une héritière de la 2CV. Tout a été fait pour qu’elle coûte le moins cher possible, ce qui n’est pas du tout le cas de la Mini.
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