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Nombreux sont les passionnés d’automobile et de cinéma qui s’inspirent d’icônes comme Steve McQueen pour remplir leur garde-robe : chinos, desert boots, cols roulés, Persol, Heuer Monaco 1133…D’autres, ne goûtant sans doute pas les délices de la sophistication et du chic du grand blond se tournent vers la simplicité du t-shirt blanc et du jean usé de James Dean. Personnellement je suis plus bouclettes permanentées, pantalon pattes d’eph’ ultra moulant, cols pelle à tarte, rouflaquettes, lunettes fumées et cigare.
Car mon idole n’est ni un blondinet tombeur de ces dames, ni un petit brun dépressif aux mœurs troubles. Non, c’est un homme quasiment inconnu du grand public qui, après avoir fait fortune dans le business des casses automobiles, décida de faire le film de ses rêves. Un film qu’il produira, réalisera, et interprètera lui-même, cascades comprises et qui comportera la plus longue course-poursuite de l’histoire du cinéma.
Les initiés l’auront compris : je vous parle d’H.B. Halicki. Et ce film incroyable est Gone in 60 Seconds (La Grande Casse).
Long Beach P.D. is in pursuit of a 1973 Ford Mustang, yellow in color. California licence six-one-four Henry-Sam-Ocean.
Sorti en 1974, Gone in 60 Seconds est l’un des films les plus improbables de l’histoire d’Hollywood. Financé sur les deniers d’Halicki qui, bien que millionnaire, ne pouvait pas non plus se permettre de tout brûler sur l’autel de sa passion pour le cinéma, il ne put voir le jour qu’au prix de sérieuses économies.
Ainsi il n’y a aucun acteur professionnel, tous les personnages parlants sont soit des amis d’Halicki, soit des membres de sa famille et les figurants sont des badauds présents au moment du tournage. De nombreuses scènes furent improvisées au gré des opportunités. Ici un train déraillé devient le décor de la scène d’introduction, là un convoi de camions de pompier en route vers un véritable accident est intégré à la course poursuite sur le pont Vincent Thomas. Le tournage va même jusqu’à s’incruster dans un authentique mariage Polonais (au Kosciusko Club, ça ne s’invente pas).
Résultat : tout le monde joue mal mais dans une bonne humeur communicative, le monteur est débordé, le film part dans tout les sens et c’est à peine si l’on comprend ce qui se passe à l’écran les 50 premières minutes. Mais à vrai dire l’essentiel se passe après. Car l’histoire de Maindrian Pace (H.B Halicki) et de son équipe n’est qu’un prétexte à un défouloir d’anthologie.
L’équipe a 48 voitures à voler en 5 jours au rang desquelles figurent des Ferrari, Lamborghini, De Tomaso, Cadillac, Rolls Royce, Maserati…mais aussi une Citroën SM et le Bronco de Parnelli Jones. En professionnels expérimentés, nos voleurs mènent l’opération à bien presque sans accroc. Jusqu’à ce qu’il ne reste qu’Eleanor, la Ford Mustang Mach I dont Maindrian veut s’occuper personnellement.
Commence alors la plus épique des courses-poursuites. Longue de 34 minutes, filmée à travers cinq comtés de Los Angeles dans une sécurité toute relative. Les accidents furent nombreux. Certains comiques, comme lorsque Halicki dut racheter tout un stock de Cadillac abîmées par un dérapage mal contrôlé, d’autres moins comme lorsqu’il percuta un pylône à près de 160km/h manquant de peu d’y laisser la vie. Et que dire de la cascade finale au cours de laquelle il se tassa 10 vertèbres, le faisant boiter jusqu’à la fin de ses jours.
Halicki était un passionné. Il s’entrainait tout seul, préparait lui-même ses voitures et prenait tous les risques pour avoir la bonne scène, le plan le plus impressionnant, le passage le plus rapide devant la caméra. Ses premiers mots après avoir repris connaissance après l’accident du pylône furent “Vous avez filmé ça?”.
Son histoire prend fin brutalement en 1989 lorsqu’en plein tournage de Gone in 60 Seconds 2, alors qu’il préparait la grande scène de poursuite, un château d’eau s’effondre sur lui, le tuant sur le coup. Même sa mort fut spectaculaire.
A noter que pour une sombre histoire de droits la version DVD du film n’a pas la bande originale présente lors de sa sortie en salles. À la place vous entendrez une sorte de musique planante mal intégrée aux scènes et très différente de l’ambiance country initialement prévue. Toutefois, en cherchant bien dans les méandres d’internet, vous pourrez en trouver quelques extraits.
Voilà. Je vous laisse, j’ai rendez-vous chez mon coiffeur pour ma permanente.
Texte : Maciej










film culte que j’adore. y a t il une réedition DVD, je le cherche depuis un moment. il pique notamment une SM, génial. ambiance inimitable et époque libre.
Très bon nanard !
La Zone 1 (US) est sortie depuis longtemps, la zone 2(euro) depuis un ou deux ans. Je n’ai jamais vu ni l’une ni l’autre en magasin physique mais il est facile de les trouver dans les magasins en ligne ou ou sur des sites d’enchères. En revanche il s’agit dans les deux cas de la version remasterisée image et son avec la nouvelle bande originale et les bruitages réenregistrés.
Pour ma part je guette l’occasion de mettre la main sur une VHS originale mais c’est rare et cher.