Georges Pompidou accède à la présidence de la Républiques Française en 1969. Cet ancien banquier, normalien agrégé de lettre est également un féru d’art et d’automobile : il fit revoir le décor de l’Elysée par Pierre Paulin, quand il ne roulait pas en Porsche pour aller donner le départ des 24 heures du Mans. Autres époques, autres mœurs.
A l’orée des années 70, la France ne dispose pas d’un lieu consacré à la création artistique moderne et contemporaine. Le président va donc décider de doter Paris d’un lieu qui réunit art plastiques, cinéma, musique, design et livres. Le centre Pompidou allait s’installer au plateau Beaubourg, un vaste espace non construit au cœur de Paris, alors confronté à la disparition des Halles concomitantes.
A l’issu d’un concours présidé par Jean Prouvé, le projet porté par les architectes Renzo Piano et Richard Rogers allait l’emporter. Ils choisirent de mettre au premier plan les aménagements techniques du bâtiment pour donner naissance à une gigantesque machine culturelle. Ainsi, l’ossature porteuse domine l’extérieur de la construction. Deux immenses bras en porte à faux, sont suspendus aux piliers verticaux afin de porter les escaliers enserrés dans un tube transparent qui dessert les différents étages.
L’autre face du centre, celle donnant sur la rue, est destinée aux conduits d’alimentations, de différentes couleurs selon leur fonction : les conduites d’air conditionné sont bleues, les tuyaux d’eau verts et les lignes électriques jaunes. Chaque étage est ainsi libéré des contraintes habituelles pour être consacré à l’art.
En bordure du Centre, une vaste place inclinée vers le centre assure la transition avec les rues environnantes, tandis qu’un bassin proche regroupe des fontaines conçu par Jean Tinguely et Niki de Saint-Phalle.
Raffinerie incongrue en plein Paris pour certains, geste architectural génial pour d’autre, le centre Pompidou ne laisse pas indifférent. Pourtant, il a su s’imposer dans la vie culturelle parisienne depuis son ouverture en 1977 : le but initial est atteint.
