Vous avez adoré notre premier Do’s & Don’ts consacré au turbo, voici une nouvelle leçon : quelles voitures ne sont envisageables qu’avec une transmission automatique, et lesquelles doivent absolument l’éviter.
BVM, BVA, Selespeed, PDK ou DSG, l’homme à toujours su trouver les bons mots pour décrire la poésie qu’évoque les boites de vitesses. Du levier traditionnel et sa pédale d’embrayage au PRND (Park – Reverse – Neutral – Drive) des boites automatiques en passant par les boites séquentielles à commande au volant : le passage de vitesses est philosophique. Il y a les matérialistes : Dieu n’existe pas, mais l’embrayage si. Les sceptiques : refus de passer les vitesses. Les cyniques : ils rejettent les conventions, veulent passer les vitesses, mais sans embrayer. De là à dire qu’Épicure roulerait en BVA et Berkeley en BVM il n’y a qu’un pignon.
En clair : la boite de vitesses se situe généralement accolée au moteur. Il s’agit d’une grosse boite métallique dans laquelle une multitude de pignons engrènent les uns dans les autres afin de moduler la démultiplication suivant le rapport choisi. En clair : démarrer en côte ET rouler sur autoroute avec une seule et même voiture.
Don’t : Honda NSX
Puisque vous souhaitez utiliser votre NSX pour cruiser, pensez à acheter une Lexus LS 400 pour aller sur circuit.
Do : les Volvo diesel
Vous avez perdu un pari et on vous oblige à rouler en Volvo 240 break diesel ? Quitte à vous ennuyer à mourir, autant aller au bout de la démarche : optez pour la boite automatique. Vous aurez au moins l’amusement d’un élastique mobile avec le peu de puissance qui arrive en différé au train arrière pour mouvoir mollement votre rollmops feignant. C’est moins pire que vous battre avec votre levier de vitesse.
Don’t : Porsche 911 tiptronic
En collant des boutons sur le volant, on ne vous a pas donné le contrôle ; seulement l’illusion de l’avoir. Y toucher ne fera que contrarier la (molle) volonté d’une boite plus habituée à officier sous le capot de grosses berlines. Enfin, il y a une malheureuse combinaison de facteurs : le profil type de l’acheteur de 911, combiné à la clientèle habituelle des boites auto, ça vous rapproche dangereusement du dentiste californien. Tant que vous y êtes, achetez-là en cabrio. Mauve.
Do : Mercedes-Benz SL R129
Oui, elle a deux places, une capote et un gros moteur, mais elle n’a rien d’un petit roadster. En conséquence, son rôle n’est pas de vous emmener jouer du double débrayage dans les épingles de l’Alpe d’Huez, mais plutôt de ne pas trop vous décoiffer sur l’autoroute qui mène à la Riviera. Boite automatique et attitude de plaisancier aisé de rigueur, donc.
Don’t : Ferrari 400i
Les critiques parlent d’une Ferrari pour le marché US. Ce n’est pas la boite automatique Général Motors à 3 rapports accolée au V12 qui les contredira. Ne pas choisir la boite mécanique à 5 rapports, c’est sortir avec Emily Ratajkowski et faire chambre à part.
Do : Porsche 928
On ne le dira jamais assez : aborder cette auto comme une sportive, c’est l’assurance de faire fausse route. Son but n’est pas tant de flatter l’ego de son conducteur que celui des ingénieurs qui l’ont conçue. L’implication humaine n’est pas nécessaire et avec vos gesticulations parasites, vous allez compromettre l’expérimentation de ces messieurs en blouse blanche. Admettez simplement qu’il s’agit d’un exocet et que votre rôle se cantonne à lui désigner sa destination, c’est déjà une responsabilité bien suffisante.
Don’t : les Corvette modernes
Un burger, ça s’empoigne avec les mains, une Corvette aussi. Et tant pis si le ketchup pisse sur vos doigts.
Do : les Ferrari post-Manettino
Parce que la voiture a été conçue autour de ce truc. L’acheter en boite mécanique (quand c’était possible), ce n’était pas du purisme mais de l’impudence. Désormais, avec les aides débranchées, même les pilotes de F1 tournent moins vite. L’ordinateur est plus fort que vous ; Kasparov s’en est remis, vous y arriverez aussi.
Don’t : les Mini classiques
Le seul intérêt d’une Mini, c’est d’être capable de gratter n’importe quel engin à 2 ou 4 roues entre deux feux rouges. Avec la boîte automatique elle, n’est rien d’autre qu’un déambulateur déguisé en sachet d’Earl Grey. Parfait si vous êtes une dame permanentée du XVIe arrondissement, ou un cul de jatte en chapeau melon et moignons de cuir.
Don’t know : les Citroën CX et XM
En apparence, c’est facile : ces voitures sont l’incarnation même de la débauche hydraulique au service du confort, dans lesquelles l’onctuosité d’une transmission automatisée aurait tout naturellement sa place. Bien, sauf que cette dernière dérobe au moteur le peu de puissance qu’il produit. Avec l’alternative manuelle, alors ? Non plus, à moins de vouloir perdre en souplesse ce que l’on gagne en efficacité. Il n’y a donc pas de bonnes solutions, mais cela signifie également qu’il n’y a pas de mauvais choix.
