– Paris – Lausanne – le Mans – Lyon – le Vigeant
-novembre 2003
Antibes,
30 juillet 2003
L’été bat son plein, alors que la
foule populaire se masse sur les étroites plages
surchauffées de la côte d’azur, c’est
dans la fraîcheur d’une villa déserte
que l’idée m’est venue. Le Blenheim
Gang aura sa newsletter. Les idées fusent, le
projet est lancé, ici comme en Suisse et dans
toute la France nos chroniqueurs habitués à
se terrer dans l’anonymat des salons de discussions
du net vont faire surface, et ils en ont des choses
a dire… Inutile de nous présenter, bientôt
un site Web le fera mieux que quelques mots… Je
retourne au travail… tout est encore à
faire.
Paris, 1er novembre 2003
Après 3 mois de travail acharné, ce premier
numéro est enfin fini…pas le temps de nous
reposer, le deuxième est déjà en
route…
Ian
Alexander
Minute
Ne
vous méprenez pas. Le Blenheim Gang n’est pas
sur le point de changer son Purdey d’épaule.
L’avant-gardiste Bond Bug demeurera pour longtemps notre
véhicule de prédilection pour l’immersion
dans les méandres tortueux de la jungle urbaine.
Les récentes et pathétiques tentatives
des conglomérats automobiles dans la conception
de « produits » (sic) destinés à
se substituer au raffinement sans égal de nos
coupés Bristol sont également destinées
à rester vaines. Vous êtes appelés
à croiser nos Blenheim , 411, Beaufighter, Brigand
et autres Britannia sur les voies transcontinentales
jusqu’à nouvel ordre !
L’acquisition
d’un véhicule d’appoint destiné à
l’accomplissement de diverses tâches ludiques
ne va toutefois pas à l’encontre de notre philosophie.
C’est dans cette perspective que nous vous soumettrons
régulièrement des rapports de Blenheimvaluation
d’automobiles appelées à mouvoir nos illustres
membres avec le panache requis.
Pour
ce premier numéro, j’ai eu l’avantage de me pencher
sur le cas du roadster de sport TVR S3C produit il y
a de cela quelques années dans la cité
balnéaire de Blackpool, Lancashire.
Dévoilée
au Motor Show d’Earls Court de 1987, la TVR série
S évoque au profane le fruit d’un accouplement
coupable et allégorique entre la flamboyance
d’une TVR Griffith moderne et le conservatisme d’une
MG B.
Archétypique de son genre à l’excès,
son esthétique traditionaliste repose sur les
courbes du premier roadster de la marque, siglé
3000S, retravaillées au moyen d’un crayon à
dessin trempé dans une solution d’anabolisants.
Le traitement intérieur du véhicule laisse
très adroitement la part belle aux divers clichés
qui constituent la représentation d’une automobile
anglaise dans l’imagerie populaire. Cuir, bois et moquette
épaisse trouvent refuge parmi les multiples instruments
de bord estampillés TVR et le tunnel de transmission
surdimensionné abritant les tubes du châssis.
Il
serait superfétatoire de vous dissimuler les
origines plébéiennes du groupe propulseur.
Le bloc 2933cc d’origine Ford n’avait pour autre vocation
que de se voir confiner sous le capot d’adipeuses Sierra
et Scorpio haut de gamme de non moins adipeux représentants
en photocopieuses bien notés de leur hiérarchie.
Le V6 manifeste d’ailleurs sa jubilation d’avoir échappé
à la morosité terminale d’un tel sort
en émettant sur demande un feulement carnassier
dont l’exaltation va crescendo au fil des rotations
internes. Cette rage manifestée par le bais de
la double tubulure d’échappement joue un rôle
prépondérant dans le fort sentiment d’implication
que suscite la prise en main de la S3C. Abordée
avec douceur et respect, elle sait se révéler
suave et subtile à l’image d’un Brian Ferry désireux
de s’attirer les faveurs de Jerry Hall, mais elle peut,
dans des mains insolentes, se montrer atrabilaire et
vicieuse comme l’éponyme Sid l’était
parfois avec sa compagne Nancy dans la chambre 410 du
Chelsea Hotel de triste mémoire.
Pour
évoquer l’expérience de conduite en termes
moins métaphoriques, sachez qu’aucune bribe de
sous-virage « de sécurité »
n’a été inoculée par les ingénieurs
en charge du projet. La clarté des messages transmis
par les commandes n’est altérée
en rien par de castrateurs dispositifs d’assistance
et aucun acronyme électronique ne vient perturber
les tendances naturelles de l’ensemble. Très
incisive du museau, la S3C maintient sa poupe en ligne
puis la laisse échapper de manière assez
subite et cavalière. Une certaine habitude des
réactions dynamiques de cette composition est
souhaitable avant de ne laisser s’exprimer pleinement
les velléités d’attaque que la substance
de l’engin ne manquera pas d’éveiller. Il est
en effet assez embarrassant de se retrouver lamentablement
coincé dans la végétation luxuriante
d’un fossé après avoir fait habilement
l’éloge de ses capacités de pilotage à
une Blenheim Girl lovée sur le siège passager?
Symbole
fortuit des aspirations revivalistes qui semblent guider
les leaders de tendance depuis plus de 15 ans, la TVR
S3C est une automobile sans âge et sans prix.
Ses postures de voiture de « collection »
issue des années soixante, son patronyme méconnu,
le bruit évocateur de son échappement,
ses hanches musclées et son habitacle laissant
la part belles aux clichés sont autant d’éléments
qui troublent les badauds dans l’achèvement d’un
consensus sur l’étiquette à lui attribuer.
Tout comme une Bristol somme toute.
Reynolds wears :
Vintage velvet jacket from a selection at KILOSHOP
“Extreme Boot Cut” jeans by Divided for H&M
Black Chelsea boots from a selection at Shelly’s,
London
T-Shirt from a selection at Camden Market, London
Beanie by DieselBob
Goodwin wears :
Vintage
racing jacket from a selection at Venice Beach street
market, California
Type 501 jeans by Levi’s
T-Shirt from a selection at Camden Market, London
“Mexico 66” trainers by Onitsuka Tiger
S3C 1992 V6 2933cc, 168cv @ 5400 rpm, 191 lb/ft
@ 3575 rpm, 940 kgs, 0-100 en 6.8 secs, max : 225 kmh
A
force d’attendre on n’y croyait plus vraiment.
Quatre ans après leur présentation sous
les spotlights des salons, la Bugatti Veyron et la Mercedes
SLR vont enfin pouvoir fouler de leurs roues les autoroutes
désertes des Emirats du Golfe Persique. Il est
amusant de constater à quel point ces 2 symbole
de la mégalomanie de l’industrie automobile
teutonne sont semblables. Quatre ans ! Dur de parler
de nouveautés tant leurs lignes nous sont connues.
Vues, revues, bientôt démodées ?
D’un
coté nous avons la SLR, voulue à une époque
où les McLaren régnaient sans partage
sur la Formule 1. En hommage la SLR s’affuble
d’un « nez » de monoplace d’une
disgrâce que seul Mercedes est capable de dessiner.
Mais qui sait, ce subtil artifice esthétique
aidera sans doute la SLR à se vendre à
une clientèle réputée pour son
bon goût, à un moment où les flèches
d’argent font plutôt grise mine. Après
tout il faut bien que la F1 serve à autre chose
qu’à engraisser le sympathique Max Mosley…Est-il
raisonnable de s’attarder sur l’esthétique
de la SLR, vibrant hommage insultant aux gloires du
passé ? Que dire de plus sinon qu’il s’agit
d’une Mercedes au superlatif ? A l’heure
des lignes tendues, nous avons à faire à
un charmant mollusque surchargé d’artifices
passéistes telles ces ouies grillagées
et échappement latéraux. Les jantes ressemblent
plus à des presse citrons géants, tandis
que les rétroviseurs sont déjà
un classique du tuning dit « de parking de supermarché
». Quant au moteur, Mercedes n’a pas eu
le choix. Suivant la mode actuelle de l’excès,
on a fait plus puissant, c’est d’ailleurs
le seul point sur lequel la SLR a progressé…mais
les 600 chevaux vont-ils suffire ?
Car en face Herr Doktor Piech, après sans doute
une choucroute un peu trop arrosée, a décidé
de passer la barre des 1000 chevaux. Joli coup marketing,
on n’arrête pas d’en parler, mais
attendons de voir les premiers essais… D’ailleurs,
pour séduire des clients tout aussi mégalomaniaque
que lui (à moins que le brave Ferdinand se soit
lui-même désigné coeur de cible
?) nous avons droit à un joli indicateur de puissance
à l’intérieur. Louable attention.
Nous aurons donc une aiguille qui se déplacera
au même rythme que le compte tours. Mais quelle
désillusion le conducteur va-t-il ressentir alors
que se croyant au volant d’un monstre de puissance,
il va voir la plupart du temps l’aiguille osciller
entre 300 et 500chevaux…et quel excès va-t-il
se sentir obligé de faire pour flatter son ego
et pousser l’aiguille jusqu’au chiffre fatidique
de 1001 ch. ? Question design, Bugatti nous soigne là
aussi… la ligne est d’une fadeur savamment
dosée afin de nous rappeler que ce n’est
qu’une Volkswagen (dieu merci, dans son infinie
sagesse Herr Doktor a écarté Giugiaro
de cette mascarade), rehaussée par les 2 seuls
détails qui la rattachent au passé : une
douteuse peinture bi ton et une vilaine verrue fort
mal intégrée en guise de calandre, tout
cela pour mettre en avant cet appendice nasal qui semble
indispensable aux Supercars actuelles (même Ferrari
y a cédé, c’est dire.. ).
Il y a tout de même une justice. La probabilité
de croiser l’un de ces monstres sur les routes
européennes est fort heureusement proche du néant,
nous laisserons à nos amis du golf persiques,
plus sensibles aux harmonies subtiles des belles carrosseries,
cette joie.
Nous ne sommes que de jaloux.
nasique est un singe de Borneo qui attire sa femelle grace
a son grand nez mou. Quand il est en colère il
devient tout rouge…
a son design de savonette, la Veyron prendra élégament
place dans toute sale de bain moderne…
: Ian Alexander, photos : Daimler Chrysler et Automobiles
Bugatti S.A.S.
de mettre notre grain de sels nous somme venus a cette
journée privée avec notre…Porsche
911 GT3…
Vendredi
11 juillet, 7h du mat’. Je tourne la clé
et la mx5 démarre…J’ai encore les
yeux mi-clos, ma nuit de sommeil a été
courte. Je prends la route direction Tours ou je dois
retrouver un certain Ian Alexander ainsi que deux de
ses amis. Aujourd’hui est en effet une journée
différente des autres…nous avons rendez-vous
avec Vassim au circuit automobile du Val de Vienne pour
un essai passager de la fameuse Porsche 911 GT3 !
Je
« cruise » tranquillement, le sourire aux
lèvres, par un temps magnifique, oubliant les
quelques 250 kilomètres qui me séparent
de Vassim et de sa monture. Ainsi je retrouve comme
prévu Ian a la sortie de Tours, et en tant que
membres du Blenheim Gang, le courant passe très
vite entre nous. Nous voilà partis pour le circuit
du Vigeant.
Après
3 heures de voiture à travers la campagne, nous
arrivons au circuit, perdu au milieu de nulle part.
Surprise : nous ne sommes pas seuls ce jour la au Val
de Vienne…un « petit » rassemblement
d’une vingtaine de Ferrari a pris d’assaut
la piste, agrémenté de quelques modèles
exotiques tels qu’une Lamborghini Diablo VT roadster,
une Venturi Atlantique Cup et même une Donkervoort
à moteur Cosworth turbo. Bref , du beau monde
s’est donné rendez-vous, pour notre plus
grand plaisir.
Malgré
la présence d’une rarissime Ferrari Enzo,
mon attention est ailleurs…ELLE est là,
tapie au fond de son box, prête à bondir
sur la piste, celle dont on parle tant et qui allait
me téléporter, l’espace de quelques
tours, dans une autre dimension…celle de la sportivité
a l’état pur, et quoi de mieux qu’une
Porsche 911 GT3 pour l’évoquer ? Mais la
canicule de ce vendredi n’arrange pas les pilotes
présents : les pneus s’usent à une
vitesse vertigineuse, les mécaniques souffrent
et la chaleur est accablante.
« Il va falloir attendre que la température
baisse avant de vous emmener sur la piste » nous
prévient prudemment Vassim. Pas d’importance,
le plateau du moment va nous offrir de quoi alimenter
notre attente…
Parmi
les Italiennes présentes, celle sur qui tous
les regards se posent est bien sevidémment la
Ferrari Enzo. Magique, irréelle, tel un mirage
elle apparaît sous nos yeux dans un grondement
sourd, presque discret, cachant bien les quelques 660
étalons de son V12 ; moment vraiment extraordinaire
! Puis les nombreuses Ferrari F40 tournant ce jour la
sur l’asphalte, font le spectacle : échappement
libéré, le bruit est monstrueux, bien
plus impressionnant que sur l’Enzo, et chaque
changement de rapport se solde par une superbe flamme
aux sorties d’échappement, rendant la F40
encore plus intimidante ! Notre chemin croisera également
dans les stands la route d’une F355 Challenge
vraiment radicale, sans parler d’une 360 Modena
Spider ni meme d’innombrables F355 F1…
La
promenade s’arrête net quand Vassim m’
invite, enfin, à prendre place dans son bolide.
Le casque bien arrimé sur la tête, je prend
place dans l’habitacle. Première impression
: les sièges baquets sont impressionnants, tant
par leur aspect que par leur maintien, ce qui présage
du meilleur…Le Flat 6 se met en marche, sonorité
sportive et virile, et c’est à ce moment
que l’on a le cœur qui commence à
s’affoler et que l’on comprend à
quoi cette voiture est destinée ! Vassim démarre
calmement, le temps de prendre le pitlane puis la, c’est
l’avalanche de puissance ! Collé au fond
du siège, je m’attend au pire pour la suite…
Les accélérations sont foudroyantes, les
381 chevaux sont bien là, sans aucun doute possible,
et le rugissement du moteur le confirme ! Je n’avais
encore jamais ressenti une telle puissance dans les
accélérations mais la 911 me cachait encore
une surprise de taille : le freinage est tout simplement
démoniaque et vous plaque contre la ceinture
! Les freins carbones Porsches montrent ici leur inégalable
efficacité. Vraiment impressionnant ! La GT3
saute, telle une gazelle, de virage en virage «
mangeant » au passage une « modeste »
Diablo, sans aucune dérobade du train arrière,
la maîtrise du pilote et les pneus semi-slick
y sont certainement pour quelque chose. Le Val de Vienne
étant un circuit assez technique et relativement
court, nous n’atteindrons « que »
200 km/h en bout de ligne droite mais la force de la
GT3 est ailleurs…
La
Porsche rentre aux stands après quelques tours,
laissant aux pneus un peu de répit, ainsi qu’au
pilote, qui le mérite bien. Les oreilles encore
bourdonnantes, je cède ma place au prochain chanceux.
Ce fut 4 tours de folie mais aussi 4 tours de bonheur
intense mais éphémère, sans comparaison
avec ce que j’avais connu jusqu’alors, bien
loin de mon essai de la Lotus Elise. « C’est
un autre monde »…
Aujourd’hui encore je me souviens du premier mot
sortant de ma bouche quand j’ai retiré
mon casque, tel un gosse ébahi : « FANTASTIQUE
! »
donc présent Vassim, Rom’s et Ian du Blenheim Gang,
ainsi que 2 invités qui eurent l’occasion de faire
quelques tours sur le fabuleux circuit du Val de Vienne
Damien
a essayé une Ferrari F355 challenge
Impressionnant
! ce qui m’a surtout marqué, c’est le premier
freinage en bout de ligne droite : tu es littéralemment
écrasé sur le harnais !
Tu es secoué à chaques virages, le casque
qui tape contre les arceauxavec une température
dans l’habitacle intennable, mais si c’était à
refaire… pas d’hésitation : je fonce !
: Roman Coverhead, photos : Ian Alexander et Roman Coverhead,
un ENORME merci à Vassim
choc des cultures, il n’est point question. La communion
antinomique d’une discipline calibrée pour
flatter les sensibilités teutonnes et d’un
environnement britannique à l’excès
s’avère des plus harmonieuses.Le Deutsche
Tourenwagen Meistershaft s’acclimate avec délectation
dans ce biotope épisodique dédié
corps et âmes à l’essence du sport
mécanique de tradition.
Les abords de la piste abritent un
chaos savamment agencé dans lequel d’anciennes
gloires mancelles s’entrelacent sans pudeur avec
de frêles Clio Cup et d’arrogantes Ferrari,
qui, leur retraite de posemobile londonienne prise,
achèvent leur carrière dans le circuit
des courses de club locales. Quelques quinquagénaires
ayant délaissé le costume à rayures
tennis pour s’immiscer a grand peine dans d’immaculées
tenues ignifugées supervisent avec attention
la préparation d’ obsolètes sport-prototypes
acquises à grand prix chez Bonhams ou Christies.
Leurs efforts pour singer la solide posture des jeunes
pilotes de promotion déambulant à proximité
sont pathétiquement touchants.
Les limites du paddock qui abritent
le DTM Circus sont gardées d’un œil
distrait par des trio de bénévoles peu
crédible dans leur tentative dépourvue
de conviction d’inspirer le respect. A leur décharge,
l’attitude générale est des plus
détendues et si l’assistance est conséquente,
elle n’atteint de loin pas celle qui se rendit
sur ces mêmes lieux 10 ans plus tôt pour
assister à la victoire d’anthologie d’Ayrton
Senna Da Silva à l’occasion du Grand Prix
d’Europe.
Malgré le moindre prestige de l’affiche,
un dress code très stricte semble être
de rigueur, et rares sont ceux qui ne revendiquent leurs
orientations automobilistiques sur un morceau d’étoffe
quelconque acquis à l’étal d’un
des nombreux marchands présents. Je ne peux que
m’imaginer le fort sentiment d’appartenance
à une élite que doit générer
le fait de se rendre une telle manifestation en total-look
ABT Racing, au volant d’une A3 Tdi polishée
de frais…
Les essais terminés, tout ce
que le DTM compte d’acteurs notoires et obscurs
se rassemble dans les hospitality areas du paddock,
à mesure que le public s’en va congestionner
les routes environnantes. Les figure de proue de la
catégorie déambulent librement, en toute
« normalité ». . Je suis pris d’une
envie machinale de les interpeller comme de vieilles
connaissances mais je reprends heureusement rapidement
conscience que salutations risquent fort de rester lettre
morte. Il est sincèrement fascinant d’avoir
la confirmation de visu que les Jean Alesi, Karl Wendlinger,
Laurent Aiello et autres Joachim Winkelhock sont bel
et bien réels et pas des acteurs qui reprennent
leur vraie identité une fois le spectacle fourni.
J’ai un peu le sentiment de côtoyer une
troupe de saltimbanque en tournée et crois percevoir
un certain esprit communautaire, avec ses règles,
ses affinités et ses tensions, probablement généré
par l’éloignement régulier du cercle
familial dont ces gens font l’objet.
Mon enthousiasme naturel anesthésié
par de trop longues heures perdues devant des grand
prix de formule 1 sans saveurs ni relief , je peine
a ressentir l’excitation qui devrait m’envahir
en de telles circonstances. Je ne parviens qu’
à percevoir la perspective d’assister à
une procession à hautes vitesse de Mercedes CLK,
Opel Astra et Audi TT sous stéroides. Dès
la parade des pilotes achevée, l’intensité
viscérale des passes d’armes, l’impact
visuel des machines bariolées et la férocité
sonore des V8 me font fait ravaler mes préjugés
de manière cinglante. Il est très rassurant
de constater qu’un championnat impliquant l’intérêt
financier de 3 groupes automobiles parmi les plus importants
soit en mesure d’offrir un spectacle d’une
telle authenticité.
Ou
pourrais-je donc me commander ce magnifique parka ABT
si seyant pour les frimas hivernaux…
et photos : Paul Reynolds
3
questions a Emmanuel :
Vous
l’avez sans doute remarqué, les SUV ont
envahi la ville. Où que l’on regarde, on
ne voit que ces gros 4×4 qu’ils se nomment Cayenne,
X5, Classe M, Range Rover ou Touareg.
A vrai dire, ils représentent la quintessence
de l’automobile de luxe : puissants, luxueux,
et surtout imposants. Mettez une énorme série
7 à coté d’un de ces engins et elle
se fera toute petite. Il y a de quoi ce sentir le roi
du monde au volant…jusqu’au moment fatidique
où un petit malin vous fera un sermon sur l’inutilité
totale de ce genre d’engin en ville, qui n’
a d’autant pas sa place qu’il pollue, prend
de la place et inflige de graves lésions aux
piétons innocents (argument massue surexploité
par nos médias amis de l’automobile). Comment
ça, vous écriez vous, le 4×4 servirait
il à autre chose qu’a frimer dans les beaux
quartiers ? Explications.
Rendez-vous
est pris au domaine des Sigalous, dans l’arrière
pays varois, avec mon ami Emmanuel, adepte du tout terrain
pur et dur… Bien, il y a des vignes partout et
c’est plat, ça ne nous change pas beaucoup…Après
lecture du plan, il s’avère que les 2 collines
avoisinantes appartiennent aussi au domaine… Tout
de suite ça devient plus intéressant.
Direction le plateau d’entraînement pour
faire connaissance avec l’engin au biais de quelques
figures imposées. L’engin parlons-en. Un
Patrol GR châssis court. Une bonne brute à
l’ancienne. Pas vraiment la voiture pour frimer
en ville. Un vrai 4×4, pas un banal SUV. Bon il y a
la clim tout de même. A première vue nos
« apetisers » d’entraînement
sont avalés sans grosses difficultés.
Tout cela est évidement compliqué, une
vague histoire de transmissions courtes (50 Km/h à
fond de 5e), de blocage de différentiel, de châssis
séparé et autres bizarreries techniques
que je vais m’abstenir d’expliquer. Force
est de constater que ça marche plutôt bien,
direction donc les collines et leurs dizaines et dizaines
de kilomètres de petits sentiers escarpés
et déserts.
Premier constat : on est secoués, ça n’
avance pas bien vite, ça fait du bruit et de
la poussière…mais…ça passe
! Une autre bizarrerie veut que l’on repère
d’abord l’obstacle voire la totalité
de l’itinéraire avant de le franchir. Autant
dire qu’on passe autant de temps à pied
qu’en voiture (à se demander si tout ça
en vaut bien la peine). A ce propos je voudrais signaler
aux néophytes qu’il vaut mieux rester sagement
assis dans son véhicule lors de ces fastidieuses
randonnées, qui n’ont d’ailleurs
d’intérêt que pour votre chauffeur.
Un accident est vite arrivé, il est facile de
glisser sous un 4×4 incliné, ne rigolez pas,
je reviens de loin. Deuxième constat, il n’en
faut pas beaucoup pour rayer une carrosserie avec une
brindille…Oubliez les photos de « votre
» ML 55 AMG noir laqué fonçant dans
la brousse, ne tentez pas le diable… Quant au
Hummer H2 de votre voisin, star du show-biz, il ferait
plutôt office de débroussailleur dans les
étroits chemin varois… Oubliez le aussi…
Après la pause déjeuner, parfaite pour
goûter aux produits du terroir, voila que mon
hôte me tend les clés de l’engin.
Finis de faire le malin, retour au plateau d’entraînement.
Le premier obstacle surgit devant moi. On a beau être
assis plus haut, ce gros dos d’âne n’en
demeure pas moins inquiétant. La règle
d’or semble être de passer la première
en boite courte et de laisser l’engin passer tout
seul. Effectivement ça passe. Deuxième
bosse un peu plus haute, ça passe aussi, voila
qui met en confiance. Et de la confiance il va en falloir
pour ce nouvel obstacle, plus haut que notre engin…
Voici donc la règle : Passer toujours sans changer
d’allure, ne pas freiner ne pas accélérer,
passer d’un coup. Comprenez bien il ne s’agit
pas de foncer dans le tas d’un coup, en apnée,
en espérant que rien ne casse. Non il faut prendre
le temps de doser la puissance et se lancer après
mure réflexion… Il n’en reste pas
moins que sur la plateau aux obstacles formatés,
cela semble d’une facilité déconcertante…
Ce qui est loin d’être le cas dans la nature
comme nous le verrons plus tard dans la journée…
Après cette initiation, je n’ai plus qu’une
hâte. Rentrer à Paris, trouver un Range
Rover Vogue, et affronter les difficultés de
la circulation urbaine d’un œil nouveau.
Partir à l’assaut des trottoirs, escaliers
et barrières diverses, tout cela est somme toute
facile. Et les interminables files d’embouteillages
du périphériques ne seront que l’occasion
de quelques mémorables croisement de ponts…
Pourquoi
fais tu du 4×4 ?
J’ai découvert ça par hasard,
et ça m’a beaucoup amusé.
Pourquoi
le Patrol GR ?
Je voulais à la fois un 6 cylindres,
un diesel et un chassis court. Il n’y avait donc pas
le choix !
Quel
est ton prochain défi ?
Le sable. Je ne
l’ai jamais encore fait et je me demande comment ça
se passe…Sans doute le fantasme du dakar !
et photos : Ian Alexander, merci a Emmanuel pour cette
journée
fondation Maeght
ce parking ne tourne pas rond
En
me promenant dans es jardins de la fondation Maeght
je me suis retrouvé nez a nez avec une curieuse
automobile. De loin ça ressemble à une
Bugatti Atlantique après un incendie. De plus
près la carrosserie s’avère être
en fait une entre en fait un énorme crâne
de primate. LA taille est assez imposante, quand à
la couleur elle hésite entre le rouge sang et
le noir cramoisis.
L’artiste
est un certain Manuel Barcelo et cela s’appelle
Mobili. Il semblerait d’après certains
visiteurs que ce soit d’ailleurs connu. Je suppose
que cette oeuvre nous parle de l’homme qui se
transforme en animal de mort derrière son volant…,
il retrouve son instinct de sauvage et part vers le
chaos avec sa voiture de sport. Etonnant que nitre bien
aimé ministre de l’intérieur n’ait
pas pensé a exposer cette oeuvre au bord de toutes
nos autoroutes. En tout cas dur de ne pas penser a la
« guenon » de Picasso en voyant cette sculpture.
Picasso a fait un singe a tête automobile, manuel
une auto a tête de singe, dieux merci la boucle
est bouclée.
Plus
amusante fut ma surprise au moment de sortir du parking
du centre ville de Vence. Je me retrouve nez a nez avec
un panneau intitulé « Felice Varini –
Cinq cercles a la queue leu leu – Vence 1995 ».
Un peu dérouté par ce texte dont la poésie
semble incongrue dans un parking souterrain glauque
comme il se doit, je me retourne et me retrouve en effet
avec 5 cercles flottant dans les airs, bien aligné.
Le temps de retrouver mon calme je me rends compte que
les cercles sont peints sur le mur… mais non quelques
chose ne tourne toujours pas rond, cette impression
de relief, de flottement subsiste toujours. J’ai
fini par comprendre. Ces cercles N’EXISTENT PAS.
Il s’agit tout simplement d’une géniale
illusion d’optique, il s’agit de courbes
qui semblent tracées aléatoirement sur
les murs, colonnes et plafonds du parking, et qui, si
ont est placés a un endroit bien précis
s’assemblent pour former 5 cercles parfaits. L’effet
est saisissant. Un trait peu sur une colonne a 3 mètres
de vous peut s’interrompre te reprendre sur quelques
centimètres sur une cloison a plus de 50 mètres…
s’en est tellement génial que l’on
se retrouve a arpenter tout le parking a la recherche
des différents tronçons. Bluffant, tout
simplement.
des plus grande collection d’art moderne de france, dans
un musée privé et autonome. Le batiment
a lui seul vaut la visite ainsi que ces jardins peuplés
de sculptures de Miro et Giacometti…
06570
St Paul
exposition “la Russie et les avant-gardes”
jusqu’au 5 novembre 2003
C’est
la rentrée !
Non
seulement la rentrée officielle du Blenheim Gang,
événement remarquable s’il en est
puisqu’il s’agit en outre de la première
et donc plutôt d’une entrée que d’une
rentrée, mais également (déplorable
conjonction) la rentrée commerciale.
Les
étals des marchands débordent d’appareils
numériques aux fonctions toutes plus perfectionnées
et inutiles les unes que les autres !
Alors
que le numérique soi-disant révolutionne
le monde de la photographie amateur à coups de
mégapixels (alors qu’il ne s’agit en réalité
que de permettre aux firmes spécialisées
d’engranger des profits confortables sur le dos du consommateur
occidental – pléonasme – en s’appuyant sur son
désir d’épater la galerie grâce
au dernier gadget en date), un appareil dont la rusticité
n’a d’égal que la fragilité
construit peu à peu un univers parallèle
résistant!
Faisant
fi de la course sans fin au perfectionnement technique,
le mouvement lomo démontre que la low-tech vaincra.
Et
avant que vous ne le demandiez, ce nom vient de l’usine
qui fabrique les appareils de prédilection des
lomographes, la LenningradskoyeOptiko- Mechanichesckoye-
Obyedinenie.
Lomographie
: les outils
•
Le Lomo Compact Automatique (LC-A pour les intimes)
est le chef d’une tribu d’appareils qui
vous permet en effet d’accéder à ce monde
fait d’esthétisme, de couleurs saturées,
de bougés et de vignettage et de faire enfin
subir à vos appareils numériques le sort
qu’ils méritent : la défenestration.
Les
secrets de cet appareil de fabrication soviétique
: une lentille contenant des terres rares et une mesure
automatique d’exposition.
•
Votre serviteur est quant à lui le possesseur
de l’un des spin-offs de ce mouvement : le Lomo
Colorsplash.
Prototype
récemment commercialisé, le Colorsplash
est l’outil qui permettra à la lomographie
de conquérir le territoire jusqu’ici largement
inexploré de la photo en couleurs (et non celui
de la photographie en couleur, béotiens que vous
êtes !).
Grâce
au flash avec porte-filtres couleurs intégré
et à un mode B astucieux (l’obturateur
reste ouvert tant que vous ne lâchez pas le déclencheur),
repeignez le monde réel en temps réel
!
Laissez
des flots de lumière colorée impressionner
la pellicule, et découvrez que vos amis sont
très bien en orange ou en violet !
•
Je ne saurais clore cet aperçu sans mentionner
la Holga et la Diana, des « toy cameras »
en plastique, de fabrication chinoise, mais dont l’esprit
est tout à fait lomographique de par le rendu
des images qu’ils permettent d’obtenir :
flou, vignetté, souvent agrémenté
de précieuses fuites de lumières (light
leaks).
L’esprit
Le
mouvement lomographique n’est pas lié qu’à
un appareil.
Il
est également né en réaction à
un certain académisme vers lequel la photo se
dirigeait au début des années 1990.
C’est
la recherche d’une grande liberté d’action
qui a incité les fondateurs du mouvement à
utiliser un appareil peu coûteux, simple d’emploi
et doté d’un grand angle.Excepté
cela, la lomographie se vit plus qu’elle ne se
décrit.
La
joie de pouvoir déclencher sans se préoccuper
du cadrage, de la vitesse, de l’ouverture…
et d’obtenir des images radicales et différentes
est tellement inhabituelle qu’elle en est déroutante
au départ, comme toute liberté offerte
pour la première fois.
Je
ne peux donc que vous encourager à visiter les
sites qui lui sont consacrés, à vous imprégner
de la lumière et de la joie de vivre communes
à ces photos… puis à vous saisir
de cette liberté et à la vivre vous-même
!
Pour
vous guider, voici :
The
10 rules
1.
Take your camera everywhere you go
2. Use it any time – day and night
3. Lomography is not an interference in your life, but
part of it
4. Shoot from the hip!
5. Approach the objects of your lomographic desire as
close as possible
6. Don’t think
7. Be fast
8. You don’t have to know beforehand what you
captured on film
9. Afterwards either
10. Don’t worry about any rules
In French for our non-English speaking readers:
1.
Emmenez votre appareil partout
2. Utilisez-le à n’importe quelle heure
– nuit et jour
3. La lomographie n’est pas une interférence
dans votre vie mais une partie de votre vie
4. Visez de la hanche !
5. Approchez les objets de votre désir lomographique
aussi près que possible
6. Ne pensez pas
7. Soyez vifs
8. Vous n’avez pas besoin de savoir ce que vous
avez capturé sur le film auparavant
9. Ni après
10. Ne vous occupez pas des règles
LC-A (Lomo Compact Automatique)
Celui
qui a permis à la lomographie de devenir ce qu’elle
est !
Et
pour commencer
www.lomo.us
www.lomography.com
(de grâce n’achetez pas votre appareil sur
ce site, l’esprit Blenheim commande certes de
ne pas regarder à la dépense mais il interdit
également que nos fournisseurs en tirent un parti
abusif !)
Colorsplash
L’avenir
de la lomographie : le passage à la couleur
Le
concurent chinois du LC-A, en plastique massif
Le
moins cher des appareils moyen format, et des light leaks
à couper le soufle !
et photos : Oliver
Il
y a des jours comme ça, on a soif d’expérimentation.
Pourquoi dans la publicité toutes les filles
se jettent sur ces bellâtres qui n’ont rien
demandé à personne, mais qui utilisent
juste un déodorant ou un gel douche d’une
marque que, pour ne pas la citer, nous appellerons Akse
Pourtant moi aussi je sens bon, je me ruine d’ailleurs
en produits de soin Helmut Lang pour ça, et je
n’ai pas cette chance. Une corrélation
d’événement tout a fait inattendu,
la fin de mon dernier flacon d’eau de Cologne
et l’achat d’une trousse de toilette d’un
volume conséquent (inutile d’espérer
l’enregistrer en bagage cabine), m’ont fait
sauter le pas et acheter la collection quasi complète
Akse. Jugez du peu : 2 déodorants, 2 gels douche,
et un after shave. J’ai le goût du risque.
Premier constat, le gel douche rend propre. C’est
déjà ça. Je dois avouer que le
susnommé « lendemain difficile »
justifie sans doute son nom par une odeur répugnante
de concentré de citron, tandis que celui qu’il
faut, dixit l’étiquette, « shaker
» avant usage, promet quelques bon tennis elbows
matinaux assez délicats à justifier. Deuxième
constat, les déodorants sentent. Ils sentent
fort d’ailleurs. Même constat pour l’after
shave. Ce n’est pas forcement un compliment.
Passons à la phase pratique. Direction le centre
ville, en passant par le bord de mer. Je dois avouer
à mon plus grand regret qu’aucune fille
ne s’est jetée dans mes bras, qu’aucune
fille ne m’a massé suggestivement les abdominaux,
aucune fille n’a laissé sous mon aisselle
de petit papier avec son numéro de téléphone
. Je me demande si je ne vais pas porter plainte pour
publicité mensongère. Ne dramatisons pas,
la marchande de fruits (celle dont le regard me fait
oublier d’acheter mon melon et dont la poitrine
me le rappelle de suite) ma sourit, c’est déjà
ça.
et photo : Ian Alexander
soirées Schooldisco londoniennes se tiennent le
vendredi au “Heaven” et le samedi au “Po
Na Na Hammersmith”. Arrivée avant 22h30 indispensable
pour éviter une trop longue attente.
Si
vous planifiez prochainement une révision de
votre Blenheim dans les ateliers de Bristol ou comptez
séjourner dans la capitale britannique afin écumer
les échoppes des créateurs, ne manquez
pas de vous plongez dans l’atmosphère résolument
festive de la School Disco, institution en devenir de
la vie nocturne londonienne.
Un pantalon foncé qui ne soit pas taillé
dans une toile de Nîmes et une chemise blanche
agrémentée d’une cravate d’écolier
britannique sont les seuls et uniques signes tribaux
qui vous garantiront de passer avec succès le
scrutin du physionomiste en présence. Les demoiselles
quant à elle se devront d’arborer une jupette
plissée d’écolière, attribut
ma foi des plus seyants.
Créée par le DJ londonien Bobby Sanchez,
les soirées School Disco ne constituent point,
contrairement à certaines apparences, l’alternative
londonienne des fêtes parisiennes destinée
à combler la nostalgie parfois maladive des «
adulescents » adeptes du sinistre culte de Chantal
Goya, Dave et autres Rika Zarai. L’ambiance musicale
laisse certes la part belle aux succès des trois
décennies écoulées et l’uniforme
d’écolier a d’indéniables
vertus régressives, mais sa raison d’être
réside principalement dans sa capacité
à refreiner les velléités des clubbers
à l’arrogance primaire et celles des demoiselles
les plus farouches.
Les School Disco nights sont très prisée
par bons nombres de célébrités
locales mais ces dernières, uniforme oblige,
se fondent avec bonheur parmi les nuées de couettes
et de cravates en batailles. Un carré VIP serait
fortement contraire à l’ambiance totalement
dénuée de snobisme de bas étage
et de prise au sérieux qui font l’attrait
de ces soirées qui constituent également
un vivier intarissable de Blenheim Girls.
L’antenne
satellite de ma villa est pointée sur Astra.
Cet oiseau a la désagréable faculté
de ne diffuser exclusivement que des programmes en allemand.
Evidement je n’ai jamais réussi a régler
la télé de façon a capter ne serai-ce
le plus mauvais programme
en français. Me voila donc la nuit en train de
zapper fébrilement parmi mes 50 chaînes
teutonnes à la recherche d’une émission
regardable. Le problème avec la télévision
allemande c’est qu’elle est aussi irregardable
le jour que la nuit. J’ai donc le choix entre
de mauvaises séries pseudo humoristiques (je
suppose ?), des show musicaux qui hésitent entre
disco italiennes des années 80 et chants tyroliens
et des publicités qui vantent, pendant des longues
minutes, des services téléphoniques badgés
Teresa Orlowski… Quelle ne fut donc ma surprise
d’apercevoir tout à coup une apparition
familière. Mais oui c’est bien Roger Dawltry
qui me regarde fixement en grimaçant, cheveux
courts, costume noir impeccable. Et derrière
lui, mais oui, ce laideron génial de Pete Townshend,
affublé d’une cravate rigardissime (pour
l’époque j’entend)…et Keith
Moon est là aussi, comme ce bassiste dont j’oublie
toujours le nom. Me voilà devant la retransmission,
avec un différé d’une quarantaine
d’année, d’un concert allemand des
Who’s dans une salle surchauffée tout en noir
et en blanc. Et tout ça sur la chaîne régionale
du Brandebourg s’il vous plait. Moi qui pestais
contre la télé allemande me voici en train
de sérieusement dénigrer cette maudite
télévision française. Essayer d’imaginer
une chaîne française, (je ne parle même
pas de France 3 Limousin pour avoir une équivalence)
diffuser l’intégralité des vidéos
des Who’s ? Impossible. Mais mon bonheur fut de
courte durée, en plein Tommy, la chaîne
décida à un savant sabotage anti-britannique
en coupant fort inélégamment le son. De
façon définitive de surcroît. Me
laissant condamné a regarder les tristes exploits
des Johnny Knoxville et ses acolytes de Jackass sur
MTV…en allemand. J’aurais encore préféré
The Osbourne’s…
et photo : Ian Alexander
Le
dandysme pénétrant dont font preuve les
membres du Blenheim Gang est parfois outrageusement
complexe pour les références traditionnelles
des chefs de rang des établissements de prestige.
Pour éviter les remarques déplacées
de ces derniers, nous vous suggérons quelques
alternatives à l’austérité
du business suit pour les dîners en ville.
Blenheim
LooK1 :
Knitted cotton jacket by CP Company, “Bullit”
T-Shirt by Shuko
Blenheim LooK2 :
Vintage velvet jacket from a selection at KILOSHOP,
T-Shirt by Fivecrown, glasses by Starck EYES for Alain
Mikli
Blenheim LooK3 :
Corduroy jacket by Divided for H&M, T-Shirt by Aem’Kei,
sunglasses by Stussy
Blenheim LooK4 :
Cotton jacket (from a suit) by PS.Paul Smith, Vintage
T-Shirt from a selection at Camden Market, London
et photos : Paul Reynolds

Radio
Brionvega TS 522
Derrière
sa ligne signée Marc Zanusso et Richard
Sapper, inchangée depuis les sixties, se
cache une radio a la pointe de la technologie
actuelle. A posséder absolument dans toute
maison qui se respecte.
www.brionvega.it
Fossil by Starck Après sa fabuleuse montre-bracelet,
Philippe Starck continue sa collaboration avec Fossil
et nous propose cette bague au look épuré
et futuriste. Elue montre officielle des Blenheim
Girls pour l’automne hiver 2003-04.
www.starck.com
Photo Colette Supersampler Comment rentrer dans le monde de la lomographie
de la façon la plus hype possible? La réponse
avec cet appareil qui prend 4 photos sur un même
tirage, en édition limité pour Colette.
Sans piles il est livré dans un coffret comprenant
livre et pellicule.
www.colette.fr

Tivoli Portable Audio Laboratoire LA radio design de la rentrée. Non
seulment son look est sublime et le son excellent,
mais en plus elle est étanche. Disponible
en 8 couleurs, collectionnez les! Une dans la cuisine,
une dans le salon, une sous la douche…
www.tivoliaudio.com
Bristol Flight Bag by Paul Smith Sir Paul Smith aime les bristols et il
nous le prouve avec cette nouvelle collection d’accessoire,
cette fois ci dédiés a la bristol
400… a quand la ligne Blenheim?
www.paulsmith.co.uk

de Cologne Cuiron par Helmut Lang On vous reconnait a votre parfum, optez
donc pour l’exclusivité. Mais n’oubliez pas
d’être a la mode, ses flagrances de cuir sont
a la pointe de la tendance de cet automne.
www.helmutlang.com
Apple Power Mac G5 Peu importe sa technologie, il est sublime
et il DOIT être sur votre bureau cet automne.
Oubliez le I-Mac, il est déjà ringard.
www.apple.fr
de Jeux Atari Classics 10 in 1 Game Retrouvez les plus grand classiques du
jeux vidéo sur ce joystick a brancher directement
sur votre poste TV. Contient 10 jeux atari dont
Pong, Asteroide, Centipede…
www.urbn.com
le dire tout de suite, quand j’ai reçu une invitation
de fiat pour essayer la nouvelle punto, j’ai cru a une
blague de potache. Vérification faite, je me suis
quand meme rendu chez mon agent Fiat. Je suis un garçon
poli. Evidement à la place de la version Abarth
que j’ai demandé, on me refourgue un 1.3…diesel…
Soyons honnete, ce moteur s’en sort plutot bien. Mais
comment évoquer le reste? Il semblerait que quelqu’un
ait soufflé a Fiat que les années 80 sont
a la mode. Volkswagen a eu sa new Beetle, Fiat à
maintenant sa new Uno.
décéption du mois vient de chez Smart. Dire
qu’il va falloir attendre le printemps prochain pour découvrir
la Forfour. Non que la voiture nous interresse particulierement
(bien que le coupé-roadster a été
une agréable surprise). Il va donc falloir attendre
de longs mois avant d’avoir un pretexte pour gouter aux
excellents petit dejeuners que servent gracieusement les
Smart-Center le matin. Une question demeure, Smart offre
le dinner le soir?
– 370 Kensington High Street, Londres. La devanture
du seule et unique showroom de Bristol Cars me plonge
toujours dans un ravissement total. Quelle bouffée
d’air frais. L’agencement et le mobilier désuet,
les dimensions contenues du lieu comparables à
l’arrière boutique d’une concession
Renault de province. Le souvenir visuel des larges vitrines
d’exposition louées à prix prohibitifs
par les constructeurs sur les Champs Elysées me
survient à l’esprit et cette débauche
de moyens déployés pour séduire le
chaland me semblent soudain d’une vulgarité
rare. Le racolage n’est manifestement pas à
l’ordre du jour chez Bristol si j’en crois
l’état de douce décrépitude
de l’enseigne qui surplombe les lieux. Il est rassurant
de constater qu’une marque automobile parvient aujourd’hui
encore à vendre l’intégralité
de sa production en se reposant uniquement sur la substance
de ses véhicules et sur un infime soupçon
de hype du meilleur aloi.








