Les Jeux Olympiques de 1972 se déroulèrent à Munich ; l’occasion parfaite pour BMW de présenter un concept car-radical : la Turbo.

À cette époque la gamme BMW se compose des déjà antiques coachs 2002 et berlines Neue Klasse, d’une grande berline « E3 » en plein maturité, et du coupé CS qui en dérive. La première « Série », la 5, est encore dans les cartons, et un nouveau patron du style transfuge de chez Mercedes-Benz, le français Paul Bracq, s’apprête à installer définitivement le constructeur bavarois dans le cercle des grands.

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Acte fondateur de son arrivée chez BMW, le concept-car Turbo fut vanté comme la première voiture de sport pensée en ayant la sécurité de ses occupants en tête. Les systèmes de sécurité active et passive qu’elle embarquait préfiguraient à bien des égards les voitures de sport moderne.

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La Turbo est donc l’œuvre de Paul Bracq, le même designer qui signera par la suite la Série 6 E24 et la Série 3 E21. Sa silhouette cunéiforme était similaire à celle des autres concept-cars de l’époque, avec un long capot et un arrière haut caractérisé par des feux arrière étroits et un double emblème BMW. Sa carrosserie fut réalisée en acier, mais les boucliers avant et arrière sont en matériaux composites de façon à absorber les impacts – une architecture qui deviendra la norme durant la décennie suivante.

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Le cockpit, auquel on accède par une paire de portes papillon, s’inspire visiblement du monde de l’aviation. Le grand bloc compteur affiche la vitesse ainsi que les autres informations vitales concernant la voiture, alors que les huit compteurs additionnels placés sur la console centrale dispensent des informations moins cruciales telles que le régime moteur ou la température et la pression de l’huile ou de l’eau. Deux diagrammes à la gauche de la planche de bord indiquent en temps-réel au conducteur tout éventuel dysfonctionnement mécanique.

La Turbo était équipée de technologies expérimentales telles qu’un système avant-gardiste d’ABS et un radar d’avertissement de distance de sécurité qui déclenche une alarme lorsque la voiture suivie est trop proche. Les ceintures de sécurité fermaient le circuit d’allumage, de telle façon qu’il était impossible de démarrer la voiture si le constructeur n’avait pas bouclé la sienne. Enfin, des zones de déformation aux deux extrémités de la carrosserie, une planche de bord confortablement rembourrée et une colonne de direction télescopique protégeaient les occupants en cas d’accident.

Le coupé expérimental BMW inaugurait également le système Check Control caractéristique des BMW des années à venir, qui permettait au conducteur de vérifier le niveau d’huile, de liquide de freins, celui de refroidissement, et l’usure des plaquettes de frein, en poussant un simple bouton. Une évolution de ce Check Control sera disponible sur les Série 6 E24 lorsqu’elles arrivèrent en concession en janvier 1976.

Ci-dessus : la première version de la Turbo ne possédait pas de carénage de roues arrière et sa peinture était uniformément rouge, contrairement à son évolution qui était rouge foncée avec l’avant et l’arrière peint en « orange de sécurité ».

La motorisation de la Turbo provient de la 2002, un bloc 4 cylindres de 2,0l de cylindrée, monté transversalement en position centrale arrière, auquel fut ajouté un turbo. Il développait jusqu’à 280 ch à 7 100 tr/min, une puissance suffisante pour accélérer de 0 à 100 km/h en environ 6,6 s, et d’atteindre une vitesse maximale de 250 km/h. Une transmission manuelle à 4 rapports entraînait les roues arrière.

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La Turbo fut par la suite montrée au public en octobre 1972, lors du salon de Paris. Les designers procédèrent à quelque modifications mineures et un second prototype fut présenté lors du salon de Francfort 1973. Ces coupés étaient essentiellement des études de style, et leur production en série ne fut jamais considérée avec sérieux, mais leur silhouette générale inspira sans aucun doute celle de la M1 dessinée par Giugiaro et présentée en 1978, et bien plus tard la ligne de la Série 8. Quant à sa motorisation, une version dégonflée se glissera sous le capot de la BMW 2002 Turbo, lancée en 1973.

Adapté d’un article initialement publié en anglais par notre partenaire, Ran When Parked.