Non, contrairement aux apparences cette auto n’est pas une Fiat 500C, ni une Fiat Abarth 500C ni encore une Fiat 500C Abarth, mais bien une Abarth 500C. Pas une Fiat. Compris ?
Et sur la route ça donne quoi ? Accrochez vous, c’est l’heure du Blenheim Test !

Quoi que l’on pense de la résurrection de marques enfouies dans les limbes du patrimoine à tiroirs des différents constructeurs, la ré-création d’une entité à part entière est un évènement autrement plus réjouissant que la simple application d’un label sur un produit existant. Pensez Cooper, ou Gordini par exemple.
Abarth n’est donc plus un simple blason autocollant appliqué sur des kits carrosseries pour Fiat pseudos-sportives, mais bel et bien une nouvelle marque souveraine dans la galaxie Fiat, avec son réseau et ses modèles. Enfin pour le moment ses version de modèles Fiat, mais nul doute que d’ici quelques temps ce délicat problème sera résolu. Patience.

Comme au bon vieux temps de l’autrichien (et oui!) Carlo Abarth, la marque propose donc des variantes sportives de Fiat, mais aussi des accessoires tels des échappements (qui firent la fortune de Carlo), des kits performance, et des versions courses. La gamme se compose donc des Abarth 500, 500C, 696 Tributo Ferrari et de la Punto Evo, des kit Esseesse, et des voitures de compétition 500 Asseto Corse et de la Grande Punto S2000.
Donc quand vous voyez dans la rue une 500 « SS » il ne s’agit pas d’un modèle Fiat, mais d’une Abarth, qui a reçu un kit monté en atelier. C’est plus facile une fois que l’on a compris tout cela.

La nouveauté Abarth est donc la 500C, basée sur la Fiat du même nom. Plus joufflue et sérieusement plus méchante que la frêle citadine, elle en impose sévère, notamment avec sa carrosserie bi-ton, une autre nouveauté. Ici nous avons opté pour le Gris Campovolo (le gris clair historique de la marque) / Gris Piste, mais un Blanc / Noir plus osé existe aussi, ainsi que des couleurs unies. On notera qu’en plus de la double couleur, un liseré est présent, noir, blanc, ou rouge, ce qui permet d’augmenter la personnalisation de l’auto. Chargé ? Un peu, mais au moins c’est amusant, et plus authentique qu’un drapeau anglais sur le toit d’une voiture allemande.

À bord on est encore gâté avec une sellerie cuir bi-ton, dont le dessin de l’assise couleur havane rappelle les sièges originaux, tandis que les « ajouts » modernes « disparaissent » en noir : ce sont en fait des semi-baquets -enfin ça y ressemble. De loin.
Autre surprise : plus de levier de vitesse, mais une platine à l’ergonomie étrange. La 500C équipée d’une nouvelle boite de vitesse « Abarth Competition » étrenné sur la 696 Tributo Ferrari qui ne se manie en mode manuel que par des palettes au volant. Ambiance cheval cabré, donc.

Si côté look elle en jette, les premiers kilomètres jettent plutôt…un froid. À trop se la jouer sportive méchante, notre jugement sur cette 500C n’est forcément plus le même que celui que l’on a porté sur la gentille Fiat que nous avions essayé l’année dernière dans la vallée du Douro.
Première déconvenue : la position de conduite surélevée qui donne plus l’impression de conduire une Ducato sur-vitaminée qu’une bombinette rase-motte. D’autant plus gênant que cette position grève sérieusement l’impression de vitesse. Le bon côté des choses, c’est que si vous être très très grand, vous pourrez, avec votre tête, faire une bosse dans la capote, ce qui fera très Abarth de la grande époque.
Ensuite, le volant. Là c’est carrément une blague. À force de trop en faire sur les gimmicks sportifs, on le croirait issu d’un jouet pour enfants en bas-age. Gigantesques repose pouces, méplat inutile dans la partie basse, cerclages de chromes, logo sur-dimensionné…au-secours ! Pire, la jantes extra-large rappelle les volants d’un vieux Discovery. Sport ? Pas du tout ! Comparez le donc avec le volant de la Porsche Boxster S : le grand écart…

Et la conduite dans tout ça ? L’Abarth 500C est un mini-dragster, bien aidé par son 1.4 Turbo de 140 chevaux, qui déboulent parfois tous en même temps sur le train avant, provoquant de sérieuses remontées de couple, comme on aime les retrouver dans toutes les sportives…Ab…euh…Fiat. Gadget amusant, il y a même un manomètre de turbo (pas très bien placé), qui s’agite frénétiquement comme dans les bonnes vieilles années 80.
Problème, comme vu plus haut, la position de conduite, et l’abominable volant, foutent tout cela en l’air. Enfin, il y a la suspension, pour le moins surprenante. Ferme et élastique à la fois. La compression vous permet de faire le décompte précis de vos vertèbres, alors que la détente vous interroge subitement sur le sens de votre vie, ou du moins celui dans lequel vous comptez poursuivre votre route. Attaquer avec cette auto ? Euh. Je passe mon chemin, merci.

Côté positif, il y a d’abord le grand toit ouvrant toilé, qui est tout de même très sympathique, et aussi le bruit distillé par l’échappement. Si au démarrage le moteur claque presque comme un diesel (si on est méchant) et que l’on ne l’entend pas du tout en roulant, la double sortie distille une sonorité particulièrement ronflante, des plus amusantes. En ville, on croirait une baby-Ferrari, ce qui ne manquera pas d’amuser les futurs conducteurs, et de lasser les passants. Et au passage de vitesse supérieure, cela éructe poliment. Avec l’échappement optionnel Monza à 4 sorties (sans accastillées chromé, plus pur donc) c’est encore mieux, et en plus il paraitrait que l’on gagne 5 chevaux…

Cette petite Abarth n’est donc pas a proprement parler une sportive. Mis à part ses accélérations, elle en est assez loin. Par contre c’est un petit jouet très amusant et finalement c’est sans doute tout ce que lui demanderont ses acheteurs. Pour faire vroum-vroum dans le trafic urbain, en entretenant son bronzage on veut bien l’adopter.

Côté look elle en fait des tonnes, et c’est finalement plutôt bien vu. Mention spécial pour l’élégante combinaison de couleurs, qui lui vaut un Twigg supplémentaire. Facile.

Le moteur secondé par une transmission robotisée efficace se montre vif, et est sublimé par l’échappement ronronnant. Petit dragster sur le 0 à 50.

Aïe, la position de conduite catastrophique et le volant-jouet gachent tout. À moins que ce soit la transmission. Ou les deux.

Les citadines décalées, et a fortiori sportives ont toujours eu la côte. Aucune raison que cette Abarth déroge à la règle. Collector en puissance, pas sur, chère, sûrement.

Les filles adorent. C’est d’ailleurs le but de cette 500C : féminiser la clientèle Abarth. Bien joué.

Mignonne et rigolote, l’Abarth 500C est une voiture sympathique. Blenheim ? C’est une autre histoire.

Texte et photos : Yan Alexandre

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