L’idée de la construction du Centre National des Industries et Techniques murit au sein du cerveau d’Emmanuel Pouvreau – le président du Syndicat de constructeurs de machines outils – au cours des années 50. Le site choisi se trouve au rond-point de La Défense, du nom de la statue qui s’y élève. La Défense est alors un quartier peu connu de la banlieue ouest, où s’élève un environnement pavillonnaire difficile à imaginer aujourd’hui au pied duquel vient s’achever la voie royale tracée depuis le Louvre.
L’idée des architectes mandatés, Robert-Edouard Camelot, Jean de Mailly et Bernard Zehrfuss, est simple : le maximum d’espace sur le minimum de support. La solution qu’ils retiennent est celle d’une voute de béton reposant sur trois points, dont les dimensions n’approchent rien de connu dans ce domaine : 220 mètres de portée et 50 mètres de hauteur. Excusez du peu.
La préfabrication fut largement utilisée lors de la construction afin de parvenir à réaliser la double voute en béton coulée. Les ouvertures sur ce qui allait devenir l’esplanade de la défense sont assurées par des surfaces vitrées auxquelles Jean Prouvé n’est pas étranger.
Bon an, mal an, le CNIT accueille son lot de foire et d’exposition jusqu’à ce que la Compagnie Générale des eaux, alors propriétaire, décide de procéder à une rénovation au cours des années 80 et de transformer cette grande voute d’un seul tenant en centre d’affaires. C’est dans cette optique qu’un groupe d’architectes conseillé par Bernard Zehrfuss repensa tout l’aménagement intérieur.
Aujourd’hui le CNIT se sent un peu écrasé au milieu de la forêt de tours du quartier d’affaire qui l’entoure : la dalle construite en 1978 a fait disparaître en sous-sol le tiers de sa hauteur et les trois culées qui rappelaient l’incroyable défi de sa conception.
