Présentée à Earls Court en 1970, la Vauxhall SRV (Styling Research Vehicle) n’est pas qu’un spectaculaire show-car aux lignes cunéiformes, comme il s’en faisait tant à l’époque. Signée du jeune Wayn K Cherry, a qui une riche carrière est promise, il porte en lui quelques prémices du style maison des années 70 et mérite d’être sorti de l’oubli dans lequel il est fort injustement tombé.
Wayne Cherry aura fait toute sa carrière au sein du groupe GM, où il commencera par participer au dessin des Chevrolet Camaro et Oldsmobile Toronado, avant d’être transféré en 1965 dans la division anglaise du groupe : Vauxhall. Après un premier concept en 1966, la XVR, il signe avec la SVR sa véritable profession de foi.
Sa ligne, dans les canons stylistique de l’époque est d’une qualité égale à celle de concept signés des studions Bertons, Pininfarina ou Ital Design. Une forme en coin très prononcées, avec un pavillon le plus bas possible et quelque touches de peinture haute visibilité pour accroître la sécurité : pas de doutes, nous sommes bien en 1970. Si le porte-à-faux long déséquilibre la ligne, il masque la position du moteur, très reculé, et pour cause : l’auto est, contrairement à ce que sa ligne laisse à penser une quatre places, dotée donc de quatre portes – très habillement camouflées. Une configuration qui ne verra le jour en série que plus de 30 ans plus tard avec la Mazda RX-8. Précurseur…
Parmi les gadgets – figure de style obligatoires de ce genre de véhicule – on trouve, pêle-mêle, un aileron ajustable électriquement dans le nez, et un système de pompes à essences permettant de repartit le poids du carburant dans divers réservoirs situés tout autour du véhicule. L’ergonomie de l’habitacle est également conceptuelle, avec des commandes mobiles (volant, pédales, levier de vitesse) dont la position est réglable alors que l’assise est fixe, et des instruments fixés à une platine suspendue à la portière conducteur.
La carrosserie, dont les surfaces sont d’une qualité d’exécution rare, devait être réalisée en fibre, mais le véhicule n’a jamais existé sous une autre forme que celle d’une maquette échelle 1… en bois.
Wayne Cherry devient directeur adjoint du style Vauxhall en 1971, puis directeur en 1975, avant d’occuper la même fonction chez Opel en 1983. Durant la décennies 1970, les Vauxhall qui n’était pourtant que des Opel re-badgées, essayeront toujours de se distinguer de leur cousines allemandes par des faces avant au style très personnel, plus aérodynamique, sans doute inspirées par le concept cunéiforme SRV. Première du genre la Firenza et son masque « Droopsnot » qui n’est pas sans rappeler celui de la Dodge Daytona. Impossible de la confondre avec une Opel !
En 1992, Wayne Cherry retounre aux Etats-Unis où il deviendra, jusqu’à sa retraite 2004, vice-president du style GM. Sous son autorité plus de 100 concepts-cars seront réalisés, marquant un changement radical dans le design des voitures américaines, plus élaboré, plus précis, et aussi, plus européens. Alors, si l’automobile américaine à tellement changée ces 20 dernières années, c’est un peu grace à cette Vauxhall SRV. Merci à elle.
Jon Quirk nous montre l’intérieur de la Vauxhall SRV :

Les commentaires
Merci Yan, je ne la connaissais plus celle-là. En tout cas c’est clair qu’à cette époque les designers « maison » était loin d’être médiatisés comme aujourd’hui, ou le moindre coup de crayon du plus obscur styliste est porté au pinnacle dans tous les media auto et ou les responsable studio sont considérés comme des dieux…
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