Produite de 1968 à 1981, l’Isuzu 117 est considéré par beaucoup comme la voiture la plus élégante de la production japonaise. Difficile de leur donner tort.
Les grincheux argueront que – fidèles aux vilaines habitudes d’alors des industriels nippons – l’auto n’est qu’un simple plagiat de la Fiat Dino Coupé. Nous ne partageons pas cet avis, pour la simple et bonne raison que les deux autos sont signés du même crayon : celui de Giorgetto Giugiaro. Pas encore une star du design industriel, mais déjà un designer automobile réputé, qui réalise ici son premier projet pour l’atelier turinois Ghia, après un passage remarqué chez Bertone où il réalisa quelques grand classiques comme l’Alfa Giulia Sprint ou, justement, la Fiat Dino Coupé.
Il faudra s’y faire, Giugiaro aime bien aller jusqu’au bout de ses idées, et n’abandonnera jamais un concept tant qu’il n’y aura pas trouvé la perfection, qu’elle soit formelle ou industrielle – ce qui lui vaudra de révolutionner la production automobile de grande série dans les années 70 et 80. Nous n’en sommes pas encore là, mais visiblement l’homme souhaitait faire évoluer son concept de coupé 4 places. Plus courte que la Dino, la 117 s’en différencie essentiellement par le traitement de la partie arrière, avec un vitrage aux formes inédites, plus angulaires, et une chute de coffre plus géométrique avec de larges et fins feux à la section trapézoïdale – japonisant sérieusement cette chute de reins latine.
Techniquement l’auto n’est pas en reste. Développée sur la base de la berline Isuzu Florian (ex Projet 117) elle est la première auto japonaise équipée d’un moteur double arbre, et d’une injection électronique. Moins bien, en plus de blocs 2.0, 1.8 et 1.6 (ces deux derniers aussi bien en simple que double arbre), elle est disponible également avec un diesel 2.2, ce qui en fait la première sportive a tourner avec ce carburant… au monde.
Les premiers modèles sont réalisés à la main en toute petite série et jouissent d’une finition magnifique, notamment dans l’habitacle avec ses sièges en cuir et sa planche de bord aux plaquages de camphrier taïwanais. Le succès venant il est décidé de l’industrialiser en grande série, au détriment de la qualité de fabrication : le plastique moulé envahira alors l’habitacle, avant qu’un ultime restylage en 1977 abâtardisse la face avant en remplaçant les optiques rondes par quatre blocs rectangulaires.
Après 86 192 exemplaires produits, la 117 laissera sa place à une autre auto signée Giuguaro, cette fois aux commandes de son propre studio, Ital Design : l’Isuzu Piazza. Pour remercier le designer pour le succès du concept-car dont sera issue cette dernières, les dirigeants de la marque – qui décidément adorent l’italien – lancent en 1979 une série ultime « 117 Giugiaro », dont les finitions intérieures sont directement inspirées de celles de l’Ital Design Megagamma.

















Les commentaires
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Une caisse que je ne connaissais pas. J’adhère. Un bémol : le raccord vitre de custode / coffre / lunette arrière, qui semble avoit été étudié hativement un matin entre 2 guronsans.
Impossible de trouver une bonne photo de l’arrière des « phase 1 » handbuild. Elles sont des petits feux bien plus élégants que les suivants qui sentent la grosse berline japonaise 70’s.
Et ces gros rétroviseurs. Aïe.
Les retros japs m’ont toujours intrigués…d’où vient cette habitude dans le positionnement ? Si quelqu’un a une explication, je suis preneur. Possibilité de rémunération à la clef.
Et vous m’enleverez le « s » à « intrigués ».
À mon humble avis, l’auto japonaise qui mérite le titre de la plus élégance précédait la Isuzu 117 de quelques années. Il s’agit pour moi de la Daihatsu Sport. Elle avait été dessinée par Vignale.
Un lien qui en parle :
http://www.2000gt.net/Daihatsu/SportVignale/SportVignale.php
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