090730-ginetta-logoS’ils avaient vécus au Far West, les quatre frères Walklett se seraient peut être tournés vers les attaques de diligence. Les trois ainés, Bob, Trevor et Douglas possédaient une société d’ingénierie en agriculture et construction. Lorsque leur cadet Ivor les rejoint, il entreprend d’y transformer une Wolseley Hornet d’avant-guerre pour en faire une Spécial.

Première voiture : la G1

090730-ginetta-g2

Ce premier essai, appelée à posteriori G1, fut un modèle unique qui permit à Ivor de mettre le pied à l’étrier. Détruite lors d’un accident, il ne reste aucune photo de ce prototype. Le premier kit construit à plusieurs exemplaires fut la G2, évoquant l’iconique Lotus MkVI. Ginetta Cars Ltd. est alors créé, l’origine du nom reste cependant mystérieuse.

S’il ne fallait retenir que trois choses :

G4

090730-ginetta-g4-1

090730-ginetta-g4-2

Elle fut le premier succès commercial et sportif de Ginetta. De part sa ligne, son poids réduit, sa simplicité et donc son cout, elle devient rapidement la monture favorite de gentlemen-driver désirant courir le week-end et se rendre au travail avec le lundi.

Pour le numéro de Juillet 1964 de Practical Motorist, Graham Hill prend le volant d’un exemplaire .La petite histoire veut que Graham Hill ait au départ oublié de desserrer le frein à main. Le journaliste à ces cotés ne se voyant pas faire une telle remarque au champion du monde patiente un peu, se retourne et demande à Graham Hill s’il ne sent pas une légère odeur de brulé. Ce dernier retira le frein à main sans rien répondre.

090730-ginetta-g4-3

Au début des années 80, Ginetta tentera de reproduire le succès de la G4 en lançant la G4 Series IV. Malheureusement les besoins de la clientèle avaient changé et ce fut un échec commercial avec une trentaine d’exemplaires produit. Elle restera cependant la base technique des générations futures et notamment de la G27.

G10

090730-ginetta-g10-1

Au début des années soixante, la mode était au V8 américains montés dans des châssis anglais. Ginetta tenta l’aventure avec la G10 en 1965. Le pare brise et les portières proviennent de la MGB, le moteur est un V8 Ford 289. La légende veut que Rod Leach, aujourd’hui spécialiste Cobra et GT 40, ait jugé ses accélérations comme les meilleures en son temps. Malheureusement le prix de revient étant supérieur au prix de vente, l’aventure se termina au bout d’un ou deux exemplaires.

090730-ginetta-g10-2

Afin de rentabiliser l’investissement, Ivor décide alors d’y greffer un 4 cylindres : ce fut la G11. De part sa taille et son positionnement, elle vient en concurrence directe avec la donatrice de ses portières et pare brise. Ginetta aura alors beaucoup de difficultés à s’approvisionner en pièces détachées et devra baisser les bras après 11 exemplaires. Quelques châssis restant furent achetés par des passionnés pour y monter des V8.

G32, the freakshow

090730-ginetta-g32

La fourniture de voitures en kit à monter soi-même permettant d’échapper aux taxes, les kit-cars sont une véritable institution en Angleterre. Cette tendance est une véritable sous-culture : le pire (souvent) côtoie le meilleur (rarement). Les G28, G30 et G31 montées par leurs propriétaires-constructeurs ont ainsi considérablement écornées l’image de Ginetta.
La G32 aura la lourde tache de redéfinir Ginetta comme un constructeur à part entière. Restant dans la logique Meccano, prenez un ensemble moteur, boite et train avant d’Escort XR3, portières et tableau de bord de Fiesta XR2, un châssis fait de tube, une carrosserie en fibres et vous obtiendrez la G32.

Nous en sommes en 1989, et Ginetta en bon artisan anglais qui se respecte ne prend toujours pas le soin de protéger ces châssis de la corrosion. Son délai de mise en production, liée à la mauvaise réputation des premiers exemplaires entachent l’image de ce modèle produit par la suite en version motorisée par le bloc des Peugeot 205 GTI et cabriolet sans plus de succès.

Bonus : G33

090730-ginetta-g33-1

La légende veut que la première ébauche de la G33 ait été dessinée sur une nappe dans une pizzeria par Ivor Walklett et Noel Palmer, ancien de TVR. Au départ ce ne devait être qu’un prototype destiné à promouvoir la G32 mais suite à son essai par Tiff Needel pour Top Gear, l’usine recevra suffisamment de demande pour en lancer la production.

090730-ginetta-g33-2

Son V8 Rover 3,9L de 205 chevaux et son poids de 810kg en font une machine performante mais difficile à maitriser. Elle dépassera, chose rare pour Ginetta, les 100 exemplaires, mais la TVR Griffith plus puissante, plus luxueuse et plus belle aussi lui a certainement fait beaucoup d’ombre.

Actualité : Ginetta G50

090730-ginetta-g50-2

L’histoire récente de Ginetta est assez trouble et complexe. Après avoir vendu Ginetta Cars à un investisseur, Martin Phaff, ce dernier a du revendre les droits exclusifs des G4 et G12 à un
investisseur japonais où ces modèles jouissent d’un véritable culte.
Trois des quatre frères Walkett avaient entre temps créé DARE Engineering afin de produire leurs nouvelles créations mais devant les soucis de l’usine Ginetta Cars à produire les répliques des G4 et G12, ils en ont tout simplement récupéré la production !
De nouveau, la société change de propriétaire, Lawrence Tomlinson rachetant successivement Ginetta puis Zytek. Cette dernière, engagée l’année dernière sous son propre au nom au 24 Heures du Mans à permis pour la première fois l’engagement d’une Ginetta à l’épreuve mancelle cette année.
La G50 est là pour assurer l’avenir de Ginetta. Initialement équipée d’un Ford V6 3.5L, elle rencontre de nombreux succès en championnat britannique GT4.

090730-ginetta-g50-1

Deux nouvelles versions sont prévues : électrique donnée pour 200 km/h ainsi qu’une version compétition doté d’un V8 3,4L de 400cv.

Malgré un passé parfois trouble, Ginetta a su survivre à bon nombre de ses concurrents tels que TVR. Elle est désormais aux mains d’un passionné de compétition qui semble bien décidé à redorer le blason orange sur la piste.

texte : Arnaud B., photos D.R.